‹ Souveniers sur la vie privée du général LafayetteChapitre 23 sur 58 · A SES VERTUS PRIVÉES ET PUBLIQUES · texte numérisé non relu

A SES VERTUS PRIVÉES ET PUBLIQUES

Près de ce vase se trouve une boîte qui renferme les épaulettes d'argent, brodées de trais étoiles, que Lafayette portait en qualité de commandant en chef de la garde nationale.

A côté de la cheminée est posée la canne dont Lafayette se servait habituellement , et qui lui avait été donnée par le Commodore Taylor. La pomme de cette canne est une simple corne de cerf, avec une plaque dor, sur laquelle on lit : Commodore Taylor to General Lafayette.

Dans les armoires de la chambre à coucher sont conservés les habits du général, et beaucoup d'autres objets précieux. Parmi les vêtements nous pouvons remarquer : i ° un uniforme complet de simple grenadier de la garde nationale de Warsovie, offert par les Polonais, et que Lafayette a porté plusieurs fois; 2* un habillement complet de drap bleu que lui ont donné les Américains de la Caroline : le drap de Tbabit

et les boutons d or massif qui le parent sont de la Caroline. Cçs derniers portent Feffigie de Washington.

Bibliothèque. Placée dans lune des tours du château , sa forme est circulaire; deux grandes croisées 1 éclairent parfaitement. Elle est composée de trois corps , dont les rayons sont soutenus par d'élégantes colonnes blanches. Le bas est occupé par des armoires que masquent de faux titres d'infolio , et par des tiroirs remplis d une foule d'objets intéressants. Les colonnes sont surmontées d'un nombre égal de grands camées peints à l'huile , qui représentent

Diétrich.

Franklin.

Larochefoucauld

Van-Ryssel.

Washington.

Lavoisier.

Desrousseaux.

Bailly,

Malesherbes.

Ces camées sont séparés et surmontés par six petites urnes , sur lesquelles sont inscrits les noms de

Daverhout.

Mandat.

Laurens.

Kalb.

Desaix.

Gouvion,

Des reliures parfaitement soignées couvrent les meilleurs ouvrages d'histoire, de sciences politiques et morales, de littérature, de beaux- arts, et sur -tout d'agriculture. La plupart de ces livres ont été donnés en présent au général. Il y en a beaucoup d'écrits en langues étrangères , et sur-tout en allemand et en anglais. Une place particulière est réservée aux livres américains.

A loccasion de ces derniers , je ne dois pas oublier de vous mentionner un superbe manuscrit in-folio, qui a été commandé par la ville de Nevi^-York pour Lafayette, et auquel il attachait le plus grand prix. Ce livre lui fut remis à W^ashington, le jour anniversaire de sa naissance, par une députation de New- York. Il renferme les actes et délibérations de la ville, et la relation des événements relatifs à son séjour dans cette grande cité. Il est orné de vignettes et de jolis dessins à la plume. L'écriture est de M. Bragg , et les dessins et vignettes de MM. Burton , Inman et Cumming. Le papier est de fabrique américaine. La reliure en est très riche , et faite par M. Forster de New-York, Pour le préserver de toute atteinte, il est placé dans une boîte d acajou , fermée à clef.

Quatre chaises et deux fauteuils d'acajou, garnis en maroquin, et une table à pupitre, forment Tameublement de la bibliothèque : on trouve dans la même pièce deux chaises dont les coussins ont été brodés par madanie Lafayette.

Dans les tiroirs de la table, il y a deux cachets. L'un, en cornaline, est celui que Lafayette portait lors de son premier voyage en Amérique. Son chiffre y est entouré de la devise qu'il avait adoptée : Cur non.

L'autre cachet est celui dont il se scindait habituellement^ et qui lui avait été donné par M. Barnett , consul des États-

Unis à Paris. Il représente la tête de Washington entourée de rayons.

Près de Tune des fenêtres de la bibliothèque est placé un porte-voix; plus tard je vous dirai quel en était Fusage.

Les objets renfermés dans les armoires et les tiroirs de la bibliothèque pourraient à eux seuls former un musée. Je vais vous en fah'e connaître quelques uns.

I** Une enseigne romaine, trophée qui fut offert par la ville de Lyon au général Lafayettè, lorsqu'il quitta le commandement de la garde nationale, après l'Assemblée Constituante.

Lafayette aimait beaucoup et conservait avec reconnaissance ce témoignage d'estime que les citoyens de la seconde cité de France lui avaient donné à une époque mémorable de notre première révolution : aussi, lorsqu'on 182g, le général eut été harangué par M. Prunelle, au nom des habitants de Lyon , dans sa réponse il lui rappela qu'à la solennité de la Fédération, il avait applaudi avec transport la nouvelle bannière du département du Rhône. « C'est à ce « grand anniversaire, ajoutait-il, que je reçus, de la ville de «Lyon, le présent symbolique dont vous avez bien voulu

« parler , et que j'ai toujours conserva comme un précieux u talisman, comme un indissoluble lien avec elle. »

Voici en quelques mots la description de ce trophée dont J€^ vous présente la figure :

Une couronne civique en feuilles de chêne, surmontée du coq gaulois, enchâsse un grand écusson. D'un côté est

représenté le dévouement de Curtius, qui se précipite dans le gouffre dont les flammes entourent déjà le poitrail de sou cheval ;

De l'autre côté de 1 ecusson est le lion , que la ville a pris pour ses armes.

Au-dessous de la couronne, sur la première traverse , sont inscrites ces lettres initiales G. L. O. G. {Cives Lugdunenses optimo civi).

2** Une couronne civique en argent, qui fut donnée à Lafayette, en 1829, par les habitants de la ville de Grenoble. Les feuilles de chêne dont cette couronne est tressée , et les glands qui en sortent de distance en distance , sont d un travail délicat et de fort bon goût.

3° Une médaille en or, offerte à Lafayette par les enfants des écoles publiques d'Hartford, et sur laquelle est écrit :

LES ENFANTS d'hARTFORD,

A LAFAYE'TTE,

LE 4 SEPTEMBRE l824-

4** Une belle médaille, que les électeurs de Meaux firent

frapper en Thonneur de Lafayette. Gravée par notre habile artiste M. Gatteaux, elle porte d'un côté l'effigie très ressemblante de Lafayette , avec deux dates qui rappellent de grandes époques de sa carrière politique de 1 789 — i83ov De lautre côté, une couronne civique encadre ces mots frappés en relief:

A LAFAYETTE

l'arrondissement DE MEAUX,

JUILLET l83o.

Plusieurs objets sont des souvenirs du général W^ashington , que Lafayette consei'vait avec un respect religieux. Voici les principaux :

5*" Un binocle à châsse d'ivoire, et monté en argent, dont Washington se servait dans les dernières années de sa vie.

L un des côtés de la chasse porte un écusson d'argent sur

lequel on lit : Washington. Cette espèce de lunette est renfermée dans un étui de maroquin.

6"* Un parasol à pomme d'ivoire, monté sur un grand jonc , que l'illustre président des États-Unis fixait à la selle de son cheval pour se garantir, dans ses voyages, des rayons ardents du soleil des Garolines. La couleur de Fétoffe qui le recouvre est presque entièrement détruite.

7** La dernière tapisserie que broda madame Washington à lage de soixante-dix ans. Elle représente des coquilles du

genre peigne^ régulièrement disposées, et recouvre un joli coussin qui fut offert à Lafayette , comme l'indique rinserip* tion qui est derrière , le 3 1 août 1 82 1 , par madame Lawrence Lewis, petite-fille de M"' Washington.

8"* Une bague qui renferme des cheveux deW^ashington et de sa femme. Lafayette étant allé visiter, en 1 824 , le tombeau de son illustre ami à Mount-Vemon, M. Gostis, petit-fils de madame Washington , lui remit cette bague au nom de la famille, en le priant de la léguer après sa mort, à Faîne de ses petits-fils, M. Oscar Lafayette.

Les cheveux châtains qu on voit sur le milieu du chaton de la bague sont ceux de Washington ; les cheveux blancs de chaque côté sont ceux de sa femme. Autour du chaton sont écrits ces mots: Pater PATRiiE ; sur les côtés, Mount- Vernon, et derrière est gravée cette inscription :

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