‹ Souveniers sur la vie privée du général LafayetteChapitre 31 sur 58 · LETTRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

LETTRE DOUZIEME

Paris, 7 novembre i834-

Lafayette passait les hivers à Paris. Il y séjournail, quelle que fût la saison , pendant les sessions des Chambres ou lorsque des affaires importantes le forçaient à renoncer à la vie des champs. Depuis une quinzaine d années environ, il habitait une partie d'un grand hôtel, n** 6, rue d'Anjou-Saiot-Honoré. Son appartement, situé au premier étage, se composait de vastes pièces, placées à la suite les unes des autres, correspondant à la façade de l'hôtel, et ayant chacune leurs dépendances et communications : ainsi l'antichambi^e, le salon, le cabinet de travail et la chambre à coucher, qui se trouvait à l'extrémité de l'appartement, pouvaient, par l'ouverture de leurs portes à deux battants, se convertir en une sorte de longue galerie : ce qui avait lieu les jours de réception. L'ordre, la simplicité, la propreté qui régnaient au château de Lagrange, distinguaient aussi la maison de Lafayette à Paris. Je pense, monsieur, que vous aimerez à conserver la mémoire de la chambre dans laquelle, entouré de ses enfants et de ses amis, cet excellent homme a rendu le dernier soupir, et je Tais vous la décrire succinctement. Jai copié le trait que je vous envoie, d'après un dessin qu'en a fait prendre madame de Maubourg, après la mort de son père. Vous vous apercevrez facilement que les régies de la perspective

ont cédé à la nécessité dans laquelle se trouvait le peintre, de représenter à-la-fois tout ce qui se trouvait dans cette pièce. L'exactitude était la chose essentielle à conserver, et c est ce qu'a fait Fartiste. L'explication suivante vous servira de description :

1 . La chambre à coucher, dont la porte est à demi ouverte , et laisse voir ,

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