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petits canots qu'on loue à l'heure, des bains froids :
enfin, tous les plaisirs réunis.
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Un chemin de fer et un bateau à vapeur desservent ce fashionable hôtel.
Je restai quinze jours dans cet hôtel, au milieu du désert, et ce fut là que je commençai à me mettre un peu au courant de la langue anglaise. Ure vingtaine de jeunes filles se chargèrent de me l'apprendre ; tous les jours, il me fallait accompagner l'une d'elles soit à cheval, en voiture ou en bateau ; j'avais toujours avec moi un gros dictionnaire, à l'aide duquel je me mélais à la conversation ; bien souvent j'avais une p ononciation défectueuse qui les faisait rire aux éclats. Aussi ce mauvais usage de la langue anglaise me rendait-1il fort intéressant, et il ne se passait pas de jours qu'elles ne vinssent me chercher pour faire une partie de bateau et pour avoir Îa plaisir d'entendre mon mauvais langage.
Très-souvent nous allions faire des péenies, à quatre ou cinq lieues. Nous emportions tout ee qu'il fallait pour déjeuner ; puis elles montaient
huit dans un bateau, que je faisais mouvoir dans les
se Dies fl th commencements ; mais à la fin avant trouvé que Î ‘4 v u 4 :
c'était un peu fatigant, je m'asseyais au milieu de 4 mes charmantes compagnes, qui à leur tour con- Li ‘ duisaient le bateau. Toutes ces promenades étaient i Ÿ “accompagnées de chansonnettes ; ces chants étaient y +: Fi loin de jeter la mélancolie dans nos cœurs. Î Le soir, à l'hôtel, nous organisions toujours des jh) DT « LE bals qui étaient très en faveur. Er ul Fil Je coulai donc quinze jours d'une vie calme et : N : 2. ; : à 1 paisible dans cet agréable désert, où des Indiens $ DE venaient souvent nous visiter et nous vendre Il ( F 1 { des bibelots fabriqués par eux; puis je retour- {à nai à Toronto, où une agréable surprise m'atten- 15 dait. 1 #1 4 k (a.
En Amérique, le jour anniversaire de la naissance | est un grand jour de fête. En arrivant au Canada, : L HE tout le monde m'avait demandé quel était mon jour 4 | Lt ] de naissance; je répondissans y penser que j'aurais Lil ' | , 4 a LU LL. JE , H | vingt-deux ans le 15 septembre 1876. Quel ne fut 1h [l À 14 ! pas mon étonnement, quand le 45 septembre, vers deux heures de l'après-midi, je vis trois ou quatre ‘1 voitures s'arrèter sous mes fenêtres et un essaim M? j 1 ki # | ” Me | F
de jeunes filles en descendre chargées de fleurs et de bouquets.
On les fit entrer dans le salon de la petite maison que j'habitais, et quand j'apparus sur le seuil, ce fut une avalanche de félicitations et de compliments. J'allai immédiatement chercher une de ces vieilles bouteilles de Marsala que je venais de recevoir de France, et nous bûmes à ma santé d'abord, puis à celle de mes visiteuses, enfin à celle de tous les peuples de la terre, les Allemands exceptés.
Le dimanche suivant, je fis quatre repas dans quatre maisons différentes. Je déjeunai d'abord dans ma chambre, en compagnie d’une bonne bouteille de Joué. Ma propriétaire était pleine d'attentions pour moi et très-bonne cuisinière. Après mon déjeuner, j'allai à l’église catholique avec une jeune protestante, à qui j'avais promis de faire voir les offices religieux. La musique fut très-belle et le sermon magnifique, quoique je n'y comprisse absolument rien.
Les églises, au Canada, ne peuvent être compa-
rées à nos belles cathédrales; elles sont, pour la plu-
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as 00" 1] \f part, construites en briques, et n'ont de remar- D, : quable que la solennité avec laquelle sont célébrés | les offices religieux. l ; ke ‘ Vers une heure, j'allai diner chez un professeur | \k français, qui m'avait invité. Il me fit très-bon f h É accueil, et me présenta à sa femme, une pianiste | | des plus distinguées. 4 À quatre heures et demie, je quittai mes hôtes, et HN Je m'acheminais vers mon habitation abrité par à | mon parapluie, car le temps était affreux, lorsque, 1 | en passant devant une élégante maison, je m'enten- il ji dis appeler par une voix délicieuse, Elle m'invitait à ( ! | entrer, Je me retournai, et j'aperçus une jeune fille ‘ de ma connaissance qui rêvait à la fenêtre de son 4 dl salon, Elle paraissait 'ennuyer fort, la pluie prétait { |
sans doute à la mélancolie. J'entrai done tout
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mouillé ; il était cinq heures, je fus obligé de 1 { prendre le thé avec elle, puis du poulet froid et une | | k foule d'autres mets. À sept heures je me retirai, et | ï J'allai selon mon habitude conduire M'° Beardmore I | au temple protestant ; à neuf heures et demie, j'étais | |
pour la quatrième fois autour d'une table chargée
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k de mets. C'était le souper que ne manquent pas de faire toutes les familles canadiennes le dimanche. Enfin, vers onze heures et demie, je rentrai dans ; :
‘ + ma chambre, bien décidé à ne plus accepter aucun L ja | autre repas de la journée qui allait finir dans | | quelques instants.
| Au mois d'octobre, je partis pour New-York, où des intérêts commerciaux me rappelaient ; je voulais aussi revoir l'exposition de Philadelphie, que les (| | ! chaleurs de juillet m'avaient empèché d'admirer à [4 le mon aise. Je reslai un mois absent de Toronto, visitant New-York et Philadelphie de fond en HER comble, observant toutes choses et mélant le plus possible l’utile à l’agréable.
4 Dans les premiers jours de novembre, jé vis
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passer dans les rues de New-York des processions
interminables : cinquante mille hommes armés de
1 ‘ torches, hurlant, vociférant, passaient devant une f | estrade sur laquelle était Tilden; le candidat démo- { crate à la présidence des États-Unis, Ges démonsjt trations tapageuses me rappelèrent le 4 juillet à
Philadelphie.
Le 7 novembre, un jour sur semaine, fut le jour des élections ; à cette occasion, toutes les affaires furent suspendues, afin de permettre à tout le monde de voter. Les Américains considéreraient comme un sacrilége si le jour du vote était fixé au dimanche. Et on parle de cléricalisme en France!
Deux ou trois jours après, je retournais à Toronto : en route, je m'arrêtai à un petit endroit appelé Little Falls, où je connaissais un industriel qui avait établi dans cet endroit une usine des plus florissantes.
Gette petite ville est située dans un pays charmant, entourée de collines verdoyantes et traversée par une petite rivière descendant en cascades très-accidentées.
Je visitai la manufacture de fusils Reminghton, installée à quelques kilomètres de là. Une activité extraordinaire Y régnait, une forte commande de fusils pour les Russes occupait tous les ouvriers.
Le 15 novembre, j'étais de retour à Toronto.