SAINT-LOUIS
À cinq heures du soir, le samedi 31 mars, je m'embarquai sur le magnifique steamer Grand Republic, faisant route pour Saint-Louis, le plus beau bateau peut-être qui existe dans le monde, Je ne chercherai point à en faire la description, il faut voir ces merveilles-là pour les comprendre.
On dirait un immense hôtel voyageant sur l’eau : à l'intérieur, il y a un salon d’une longueur inouïe, de chaque côté duquel sont installées 250 cabines ; ces cabines sont très-confortables, elles sont larges, toutes munies de commodes-cuvettes, de placards, ete. Les lits sont très-bons. Deux portes donnent accès dans les cabines, l’une sur le salon, l’autre sur la rivière, etc. |
La nourriture était excellente et les repas fort
nombreux. Une multitude de nègres étaient aux
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petits soins pour nous. Le salon se transformait en
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salle à manger aux heures des repas et en salle de danse après le souper.
Je partis donc de la Nouvelle-Orléans, m'installai dans ma cabine où j'avais fait transporter ma malle,
ainsi qu’une petite caisse de vin que j'avais achetée
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pour me soutenir pendant la route. Au souper, la salle était comble, beaucoup de dames et de jeunes filles qui, venues de Saint-Louis en excursion, avaient visité la Nouvelle-Orléans et s’en retournaient par le même bateau. Elles avaient organisé un Zÿaenic de mille lieues, comme nous Français nous faisons une promenade ou une partie de campagne de dix lieues.
Lesouper fini, le capitaine me prit par la main et
me présenta à toutes les dames et jeunes filles qui
se trouvaient sur le bateau. J'entrai immédiatement
en connaissance avec tout le monde et je n’eus plus
à redouter ni la longueur ni les ennuis du chemin.
Vers neuf heures, six nègres arrivèrent, les uns
avec des pistons, les autres avec des clarinettes,
ceux-ci jouant du violon, ceux-là du piano, enfin