‹ Souvenir de mon voyage aux Etats-Unis et au Canada [microforme]Chapitre 4 sur 49 · M NES · texte numérisé non relu

M NES

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LATE choses et sur soi-même, enfin une répugnance presque invincible pour la nourriture et, notamment, pour les mets et boissons qui, dans l'état normal, nous sont les plus agréables.

Comme, à de très-rares exceptions près, le mal de mer disparait au bout de quelques jours de traversée, et que, pour ceux-là même qui en souffrent le plus et le plus longtemps, il ne présente pas de dangers sérieux, on plaint médiocrement les malheureux que le roulis éprouve. Généralement, au contraire, on se sent très-disposé à les plaisanter.

Il est certaines affections, et ce ne sont pas toujours les moins douloureuses, que personne ne prend au sérieux, excepté le malade qui en est atteint. On pourrait appeler ces sortes de maladies, des maladies comiques de l'humanité, s’il était permis d’assembler des mots aussi disparates. Rien n'est plus curieux, et parfois rien n'est plus drôlatique, que les scènes de mal de mer dans les premiers jours de l’embarquement. Il s'en faut de beaucoup que le mouvement

du navire agisse de la même manière sur toutes les

organisations. Chaque malade est malade à sa façon,

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du AS

et les façons de mal de mer sont parfois aussi variées que les individus.

Jetons un coup d'œil sur ce théâtre mobile qu'on appelle un navire, et passons rapidement en revue les acteurs mélancoliques qui forcément y jouent un rôle.

Au moment du départ, équipage et passagers, tout le monde est sur le pont. Les physionomies sont animées, souriantes, pleines d’ardeur. Chacun semble défier les éléments, et si l'on vient à parler du mal de mer, ce n’est que pour en rire. Les personnes qui naviguent pour la première fois sont les plus disposées à se moquer d’un mal qu'elles ne connaissent pas. Beaucoup d’entre elles se flattent d'en être exemptes, par la vaine raison qu'elles ont pu, sans être incommodées, aller à reculons en voiture, ou bien faire des parties de canot sur la rivière.

A côté de ces sceptiques railleurs, qui dans quelques heures seront anéantis, les yeux morts, le visage jaune et penché comme un gigantesque

citron incliné sur sa tige, il faut placer le navigateur

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