‹ Souvenir de mon voyage aux Etats-Unis et au Canada [microforme]Chapitre 3 sur 49 · PE EE TN QC D SU ESC ES · texte numérisé non relu

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D PE et quand, de mon côté, je vis s'évanouir les côtes de ma belle France, je compris alors toute la peine qu'il avait dû ressentir par l'émotion que j'éprouvais moi-même,

Le temps était magnifique et la mer très-belle, et quand nous-eûmes perdu de vue les côtes de France, nous rentrâmes au salon où, malgré notre émotion, nous passämes agréablement la soirée, car, pour presque tous les passagers, un si long voyage était une chose nouvelle et curieuse. Vers minuit nous descendimes dans nos cabines, mais ce fùt en vain que nous essayàmes de dormir, tant les lits étaient étroits et tant le bruit de la machine était fort. Le lendemain dimanche, nous suivimes les côtes d’Angleterre pendant quatre ou cinq heures, et à midi nous arrivions à Plymouth, où nous ne restâmes qu’une heure. Le port et la ville m'ont semblé grands, bien que je ne les aie vus que de loin. Nous primes quelques passagers, et nous nous lançàmes à toute vapeur vers l'Amérique.

La mer commençait à devenir agitée, le vent

sifflait fortement, et beaucoup de personnes étaient

a Re RE EU RCE RS.

accoudées sur les parapets du pont, faisant parti-

ciper les poissons à un repas qu'elles n'avaient pu

PRE ME dr ESS à

achever.

Pour moi, je restai à table jusqu'au bout, bien LE | que je ne me sentisse pas grand appétit. Je remontai ensuite sur le pont où je cherchai à dissiper mon malaise ; mais hélas ! j'avais beau lutter, la vue des À autres passagers m'excitait encore. De plus, je ne pouvais mettre le pied dans ma cabine sous peine de voir mon indisposition s'aggraver, et je redoutais beaucoup ie dénouement. Enfin, vers neuf heures,

| je descendis rapidement ; mais, à peine rendu dans

mon petit appartement, il se passa des événements

dont je vous épargne la description.

En un mot, j'avais le mal de mer.

Si jamais vous avez fait un voyage au long cours

et que vous ayez eu le mal de mer, vous convien-

drez avec moi que c'est la plus cruelle des indispo-

sitions.

Rien ne saurait donner l'idée de ce mal, dont les

: symptômes caractéristiques sont un abattement tout

particulier, l'indifférence la plus complète sur toutes

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