‹ Souvenir de mon voyage aux Etats-Unis et au Canada [microforme]Chapitre 48 sur 49 · LE RETOUR D'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

LE RETOUR D'AMÉRIQUE

A GAÉTAN DESACHÉ.

Elle a sonné cette heure, ardemment attendue, | Qui nous a signalé ton heureuse venue; Pour parents et amis, erois-moi, c'est un beau jour,

Avec bonheur, ami, nous saluons ton retour.

Touriste fatigué de tes lointains voyages, Tu viens revoir, enfin, de bien chères images.

Ainsi, l'on voit souvent le fugitif oiseau,

Revenir à son nid, à son premier berceau,

Car on aime toujours, après un temps d'absence,

A contempler les lieux, témoins de notre enfance ;

A refouler ce sol, où chacun de nos pas

| Laisse l'empreinte encor de nos premiers ébats ;

A serrer dans ses bras des sœurs, un tendre père ;

A se jeter au cou d'une vieille grand’mère ;

Embrasser un ami, qui tous, matin et soir, | Faisaient un vœu au Ciel, celui de te revoir; j A respirer, enfin, ce parfum de la vie, à

Qu'on ne trouve qu'au sein de la mère-patrie,

Confiant en ta jeunesse, en ton long avenir,

Ton œil n'a point sondé tout l'espace à franchir;

jour,

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hir ;

Tu n'as pas craint des mers d'affronter la furie, \' Pour d'autres horizons, pour une autre patrie; Connaître un peuple, ami des arts et du progrès,

Près duquel ton mérite obtint tous les succès,

Tu fus heureux ! Combien, sur la terre étrangère,

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Recueillent déception et parfois la misère!

Mais il en fut pour toi, ami, bien autrement, On t'accueillit partout avec empressement, Autour de toi, tout n'était que plaisirs et fêtes, Et les Grâces de fleurs enguirlandaient ta tête. Trop fortuné mortel! tu H'oublieras jamais,

Du beau sexe yankee le charme et les attraits,

Un jour, tu décriras ces mœurs d'un nouveau monde, Qui savent captiver sons ta plume féconde ;

Plein de tact, de finesse, habile observateur,

Tu sais sur ta palette allier la couleur ;

On admirera dans cette fraiche peinture

La vérité des faits puisés dans la nature,

Ton âme, en évoquant de pieux souvenirs, Reverra, dans un songe, un monde de plaisirs : Quand soupire une harpe au souffle mélodieux, Elle inonde le cœur et remplit notre oreille, Ainsi, parfois, l'âme sort d'un rêve et s'éveille

Sous le charme attrayant de quelques jours heureux.

Voyageur au repos, souvent tu reverras

De splendides salons, des fêtes, des galas :

Tu reverras aussi la lointaine contrée,

Dont un écho discret garde ta renommée.

lei des lacs, des monts ou d'arides déserts,

Qui déroulent aux yeux un nouvel univers;

De nombreuses cités, tous ces palais magiques Dont l'or et le marbre décorent les portiques;

Du commerce et des arts riche et vaste chantier, Et qui sert d'entrepôt à tout le monde entier; Merveilles sur merveilles et spectacles grandioses,

Qui d'un peuple géant promet de grandes choses.

Au milieu des sentiers pour toi jonchés de fleurs, Apparaissent soudain de sublimes horreurs;

Tu vois encor d'émouvantes péripéties,

Des meurtres et du sang, d'immenses incendies; Des forêts s'embrasant, des villages brûlés,

Nombre d'êtres humains, de douleur affolés :

Plus loin, c'est un hôtel qui n'offre plus que flamme A l'œil épouvanté, et pour comb'er le drame,

C'est le cri des blessés, le râle des mourants

Se mêlant au tocsin, à la rage des vents.

Quand ton penser s'arrêle à ce sombre tabiean, D'horreur tu jettes loin ton fidèle pinceau,

Ton âme se soulève à cet affreux spectacle... Reconnais cette main qui veut par un miracle,

Eu préservant tes jours, L'arracher au danger;

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Ton esprit la devine et tou cœur doit l'aimer.

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