RE | PE
son front comme pour en chasser de funestes pensées. Bientôt on l'entend pousser un profond soupir et, d'une voix de tonnerre, crier au ste- Ward :
— Garçon ! une cuvette !
— Monsieur, il n'y en a plus.
— C'est bien ! c'est bien ! on s’en passera.
Hélas ! comment pourra-t-il s'en passer ?
Loin de se calmer, la mer devint plus forte, les vagues prennent la proportion de petites montagnes qui jouent avec le navire et Je font rouler en lui imprimant le mouvement de langage, si fatal aux estomacs sensibles. Le petit homme crie de nouveau, et avec désespoir cette fois :
— Garçon ! je vous ai demandé une cuvette.
— Dans un instant, Monsieur, on en prépare de nouvelles,
— Dans un instant, il sera trop tard, répond d'une voix étouffée et en passant du Jaune au vert, l'homme au coffre solide,
Vient ensuite le malade que les effets du mal de
mer n'empèchent ni de parler ni de manger. Vous le
se URLS
voyez se promener gravement sur le pont, discuter sur la politique, sur la philosophie, sur le commerce, sur la religion, sur les esprits frappeurs. Seulement, de temps à autre, il vous prie de l’excuser un instant, passe sous le vent et revient à la conversalion. Il a le mal de mer comme d'autres sont enrhumés du cerveau.
Il y a le malade rempli de regrets qui donnerait sa fortune pour aborder une terre quelconque, füt-ce l’île de Robinson Crusoë, Au moins, Robinson n'avait pas le mal de mer. Ce malade supplie ses amis, le capitaine, le mousse, le cuisinier, la femme de chambre, l'équipage entier, de le jeter par-dessus bord, au nom de l'humanité souffrante. On écoute ses plaintes et ses propositions en sifflant un air de polka, et on lui propose un morceau de jambon ou une sardine à l'huile, qu’il repousse avec horreur.
Le malade qui, par amour-propre, dissimule son mal, n'est pas le moins curieux à observer. Tout en lui indique la souffrance ; il est pâle, ses traits sont profondément altérés, ses yeux semblent plus grands
et plus enfoncés dans leur orbite, sa langue est char-
HA $ n !
» il D fi ne
À ä [El } 1,4
D re D je HS
D on tifs et,
mes 10 re
gée, ses gencives sont blanches; mais il se dit on ne peut mieux portant et assure que le mal de mer est un mal de pure imagination. Il mange très-peu, mais il affecte un appétit vorace, et se plaint qu'on ne fasse à bord que quatre repas.
Les femmes sont plus généralement sujettes au mal de mer que les hommes, les enfants en sont arement atteints. Toutefois, j'ai vu des hommes jeunes et robustes malades au point de ne pouvoir prendre aucune nourriture durant plusieurs semaines et souffrir tout le temps de la traversée, pendant que de jeunes femmes, délicates n'ais insensibles au roulis, lisaient, brodaient, chantaient, dansaient et ne manquaient pas un repas. J'ai aussi vu des enfants pris du mal de mer, et jusqu’à des enfants à la mamelle, particulièrement quand la nourrice subissait elle-même l'influence de la mer.
On a beaucoup cherché et on cherche encore un remède contre le mal de mer. Mais jusqu'à ce jour, on ne connait contre le mal de mer que des pallia-
üifs. En attendant mieux, le plus puissant peut-être,
et, dans tous les cas, le plus agréable à employer,
À À et tt
Er PGA er pr moe 2
est le vin de Champagne. Quel remède précieux! On en prend pour se rétablir quand on est malade; on en prend pour se maintenir la santé quand on se porte bien; à bord comme à terre, il opère des merveilles, et ce serait en vérité presque dommage qu'un spécifique vint remplacer un aussi agréable palliatif.
On a dit avec raison que les navires d’un fort tonnages étaient plus favorables que les petits navires aux personnes sujettes au mal de mer. De plus, on est moins malade sur les navires à voile que sur les bateaux à vapeur.
Les bateaux à vapeur ont l'inconvénient particulier du tremblement de la machine, qui n'empêche nullement le roulis et le tangage, et occasionne des maux de tête. En outre, l'odeur de l'huile chaude, quand le vent la porte vers vous, suffirait à donner le mal de mer à un marsouin même.
Et pourtant je vous engage, si vous avez une longue traversée à faire, à prendre un steamer de préférence à un navire à voile; car de tous les ennuis
de la mer, le plus grand, à coup sùr, est de rester
longtemps en mer.
Shan
ils K
ax! On de; on on 8e >s mere qu'un alliatif.
rt tonnavires lus, on
» sur les
Darticumpêche nne des haude,
donner
ez une imer de s ennuis
le rester
Mess rm Let
Le lendemain, le pont du navire fut à peu près désert; quelques rares passagers se promenaient mélancoliquement, attendant avec effroi une répétition de leur désagréable indisposition. La journée fut donc peu attrayante. Deux navires nous croisèrent, et nous les saluärnes, c'est-à-dire que l’on pavoisa notre steamer d'une multitude de petits drapeaux, hommage auquel les deux navires répondirent de la même manière. On est heureux de rencontrer quelques bâtiments quand on est au milieu de l'Océan et que la mer est agité : le danger étant partagé, il paraît moindre.
Le lendemain, la tempête fut encore plus forte; la mer était affreuse, le brouillard intense, le vent violent au point de faire craquer les mâts. La nuit fut encore plus terrible, et, enseveli dans les profondeurs de ma cabine, j'entendais le bruit lugubre des vagues qui venaient se précipiter sur les flancs du bâtiment.
Le roulis était tel que je tombai plusieurs fois par terre. Il y eut une fois où j'étais à peine recouché,
que ma malle, qui était fort lourde, tomba sur moi,
et jusqu’au jour je fus obligé de la maintenir avec
mu jai,
la main. Ce qu'il y avait de plus terrible, c'était le sifflet de la machine, qui retentissait à chaque instant afin de prévenir les navires qui se trouvaient dans ces parages de se tenir sur leurs gardes.
Enfin, après trois jours de mauvais temps, la mer redevint calme, et aussitôt on vit apparaitre sur le pont une foule de têtes qui en avaient disparu depuis notre départ. Le temps, du reste, était très-beau et la santé parfaite. Quand arrivaient les heures des repas (et ils élaient nombreux), on tàchait de rattraper le temps perdu. On organisa des jeux de tonneau, de cartes, ete. J'aperçus un piano dans le salon, et je me mis à taper dessus, au grand plaisir des passagers. On fit connaissance, on s'était cru mort un instant, et maintenant on était rendu à la vie.
Il y avait huit Jours que nous étions partis, huit jours que nous ne voyions que le ciel et l’eau, huit jours que nous étions sans nouvelles. Le temps pafaissait un peu long, mais la santé était revenue. Aussi ne pouvant faire d'excursions dans la cam-
pagne, nous les fimes dans le bateau, En compagnie
à æ * A ds
#à RE
tait le 16 ins-
vaient
la mer sur le depuis Jeau et res des de ratde tone salon, isir des ‘u mort
1 à la
is, huit au, huit nps paevenue.
a Cam-
npagnie