‹ Souvenir de retraite ou Conférences sur le catholicisme prechées à l'église Saint-Joseph de Cahoes, N.Y., dans l'Avent de 1893 [microforme]Chapitre 1 sur 26 · POSER LE · texte numérisé non relu

POSER LE

PRT Te:

Ecce voñiscum sum,omnibus diebus, usqu? ad consummalionem sæculi,

Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles.

(Marra, XXVIII, 20),

MEs FRÈRES,

I] fallait une révélation au monde ; Dieu dans sa bonté infinie pour l’homme a répondu à ce besoin de notre humanité, et le Verbe Divin s’est manifesté dans la réalité de notre nature, en prenant un corps et une âme semblables au nôtre. Cependant la a mission de Jésus-Christ devait s’étendre à tout l’univers et dans tous les siècles, et Notre-Seigneur n’apparaît que dans une seule contrée et À une seule époque. Il

fallait donc que ies hommes achevassent l’œuvre commencée de Dieu, et en son nom et par son aide, c’est-à-dire qu’il fallait une Eglise pour continuer l’œuvre rédemptrice et l’étendre à toutes les parties de notre globe ; de l'Orient à l'Occident, du Nord au Sud, toutes les parties de l'univers et tous les peuples de la terre devaient connaître cette œuvre rédemptrice, pour laquelle un Dieu s’était fait homme par amour pour l’homme. Inutile de vous prouver ici la naissance et la mort de Jésus-Christ. Je m'adresse à des chrétiens qui croient que le Fils unique de Dieu, la seconde personne de la sainte Trinité, Dieu comme son père, éternel comme lui, s’est fait homme, tout en restant Dieu, pour nous sauver de la damnation éternelle, pour nous arracher à l’enfer auquel tous les hommes étaient condamnés par le péché originel, depuis la désobéissance de notre premier père Adam.

Notre divin Sauveur est done venu sur la terre pour nous sauver et nous ouvrir les portes éternelles du ciel ; pour cela il a été traité comme un grand malfaiteur, comme un grand criminel. Il a eu la tête couronnée d’épines, les mains et les pieds percés, le côté ouvert, il a été cloué sur unecroix entre deux voleurs, versant jusqu’à la dernière goutte de son sang pour accomplir le grarïd mystère de la rédemp-

ETS

MAT" RSA

tion, expirant d’une mort des plus cruelles pour le salut du genre humain.

Notre Seigneur ne devait passer que quelques années sur la terre, et, ayant accompli sa mission, il devait retourner vers son père céleste ; maïs avant de laisser cette terre il choisit douze hommes à qui il adresse ces grandes paroles : Tout pouvoir,” leur ‘6 dit-il, m’a été donné dans le ciel et sur la terre. « Allez donc, enseignez toutes les nations,baptisez-les ‘ au nom du Père, et du Fiis, et du Saint-Esprit,” (Marrn, XX VIII, 18, 19). ‘ Comme mon Père m'a envoyé, voici que je vous envoie, et je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles.”

Voilà donc une mission divine confiéeaux Apôtres, ct cette mission doit s'étendre jusqu'a la fin des temps.

Examinons, Mes Frères, si cette Eglise fondée par Jésus-Christ a toujours existé depuis son origine, si elle existe encore, et où se trouve-t-elle aujourd’hui ?

Cette Eglise fondée par notre divin Sauveur se trouve-t elle dans l’Eglise catholique ou dans le protestantisme ?

Comme vous le savez, les catholiques et les protestants appellent Æglise, non pas une maison où un édifice en bois ou en pierre dans lequel les fidèles se réunissent tous les dimanches pour rendre à Dieu

Lu tt

leurs devoirs et leurs hommages, maïs ils nomment Eglise une société de fidèles, c’est-à-dire d'hommes baptisés, n’ayant que la même croyance et ne participant qu'aux mêmes sacrements.

Cette société où cette Eglise fondée par Jésus- Christ se trouve dans l'Eglise Catholique, Apostolique ct Romaine, et c’est À cette seule et unique Eglise que Notre-Seigneur a dit : “ Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles.” —Or c’est à cette Eglise que vous avez: le bonheur d’appartenir,

Je vais vous prouver par les Saintes Ecritures et par lPhistoire que la vraie Eglise Ge Jésus-Christ se trouve dans l’Eglise Catholique Abpostolique et Romaine et pas ailleurs.

Que veulent dire d’abord ces trois mots Catholique, Apostolique et Romain.

Catholique veut dire universel, parce que la vraie religion de Jésus-Christ est répandue dans toutes les parties de l’univers, puisque aujourd’hui, elle compte dans son sein plus de deux cent vingt millions d'hommes qui ont tous la même foi, qui admettent tous le même credo, et qui participent tous aux mêmes sacrements. Pas une seule société sur la terre ne compte ce nombre de deux cent vingt millions d'hommes unis dans une même foi, soumis au même

«RER E Sr -é

net gs» à

ss 7

chef invisible qui est Jésus-Christ et au même chef visible qui est le Pape.

Apostolique signifie que cette Eglise nous vient directement des Apôtres choisis par Notre-Seigneur lui-même.

Romain, que le chef visible de cette Eglise demeure à Rome,

L'Eglise de Jésus-Christ fondée par lui-même ct par ses Apôtres, continuée par leurs légitimes successeurs se trouve-t-elle dans l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine ?

Je réponds affirmativement.

Notre-Seigneur s'adressant à St Pierre lui dit : Tu es Pierre, et sur cette pierreje bâtiraimon Eglise, ‘ et les portes de l’enfer ne prévaudront jamais ‘ contre elle.” (Marru. XVI, 18.).

Notre-Seigneur ne dit pas, je bâtirai mes églises,

non, mais il dit, je bâtirai mon Eglise ; donc Notre

Seigneur ne voulait qu’une seule Eglise et non plusieurs ; puis notre divin Sauveur ajoute : “ voici ‘“ que je suis avec vous, tous les jours jusqu’à la ‘ consommation des siècles.” Jésus-Christ assure ici à ses Apôtres qu’il sera avec eux, tous les jours, jusqu’à la fin des temps. Mais comment Notre-Seigneur peut-il être avec ses Apôtres jusqu’à la fin des temps, lui qui leur dit

que sa mission est finie, qu’il doit retourner vers son père céleste ? Il est évident que par ces paroles, il 7 leur promet une assistance spéciale, une protection toute particulière.

. Notre-Seigneur dit à Saint Pierre ; ‘ Tu es Pierre, “ et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les | “ portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle.” ÿ

Que signifient ces paroles ‘ les portes de l'enfer ne st prévaudront jamais contre elle ??” Ces paroles veulent dire que l'erreur ne détruira point, ne renversera | jamais son Eglise. | Si l'Eglise pouvait enseigner l’erreur même une | seule fois, cette promesse de Notre-Seigueur ne serait plus vraie. En lui disant qu’il sera toujours avec elle, il l’assure donc par là même qu’elle ne pourra

jamais tomber dans l'erreur.

L'Eglise catholique a donc la promesse formelle de son divin fondateur, ‘ à qui toute puissance a été donnée dans le ciel et sur la terre,” d’être divinement assistée jusqu’à la fin des siècles. Elle ne peut donc être détruite, et elle ne peut enseigner autre chose |

que ce que Jésus Christ lui inspire.

Nosfrères séparés dans la foi — qui s'appellent euxmêmes protestants — prétendent que cette promesse ne doit regarder que les Apôtres et non leurs SUCCCSSCUTS,

atnngamns- ape eo

son 8, il tion

2rre, les Ile,” r ne lent sera

une rait avec

ira

elle été ent

ms À

Nous leur répondrons qu’ils doivent prouver que les Apôtres sont encore vivants, parce que Jésus- Christ leur dit : “je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.” S'ils ne peuvent prouver que les Apôtres sont encore sur cette terre au nombre des vivants, il faut bien admettre, qu'après leur mort, cette promesse devait passer à leurs successeurs légitimes,

Voyons maintenant ce que nous lisons dans lEvangile de StJean (XIV, 16-17-26) où cette assistance divine est plus clairement promise encore :

“Je prierai mon Père et il vous donnera un autre

“ consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec ‘ vous.” ‘ L'esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit pas et qu’il ne le connaît pas : * mais vous, vous le connaîtrez, parce qu’il demeurera “ avec vous, et qu’il sera en vous.”

Lai LS

La

Ici Jésus-Christ promet à ses Apôtres un autre consolateur, et cet autre consolateur doit demeurer éternellement avec eux.

Quel est donc cet autre consolateur ?

C’est l’Esprit Saint que les Apôtres recevront le jour de la Pentecôte. ‘“ Mais lEsprit Saint, que ‘“ mon Père enverra en mon nom, vous enseignera

‘“ toutes choses, et vous fera ressouvenir de tout ce ‘ que je vous ai dit.”

Il cest évident par ces paroles que l'Esprit Saint est promis aux Apôtres et à leurs successeurs légitimes, puisque les Apôtres comme leur divin maître ne devaient passer, sur la terre, qu’un certain temps, pour retourner ensuite dans la patrie céleste. L’Eglise catholique est donc divinement assistée par l’Esprit Saint, eile n’enseignera donc jamais l’erreur, puisque d’après la promèsse de son divin fondateur, elle aura l'assistance divine pour la guider et la conduire dans cette vallée de larmes.

Voilà pourquoi Notre-Seigneur commande à tous d'écouter l'Eglise, comme lui-même, par ces paroles : ‘ Celui qui vous écoute, m’écoute. Celui qui vous méprise, me méprise ; et celui qui me méprise, méprise cclui qui m’a envoyé. (Luc, X. 16.)

Saint Paul nous dit (1 Tim. Chap. IIT. 15.) : Que l'Eglise du Dieu vivant ‘ est la colonne et la base de la vérité.”

L'Eglise, étant la colonne et la buse de la vérité ne peut donc ni faillir ni enseiguer l’erreur.

Pourquoi le Fils de Dieu se serait-il fait homme? Pourquoi serait-il venu sur la terre enseigner la vérité aux hommes ? Pourquoi aurait-il chargé ses Apôtres et leurs véritables successeurs d'enseigner ces mêmes

LA

een LT dus

vérités, en leur promettant d’être avec eux jusqu’à la fin des temps, si cette Eglise pouvait enseigner l'erreur et tromper ainsi plus de deux cent vingt millions de catholiques ?

D’après ces paroles que nous venons de citer des Saintes Ecritures, il est évident quel Eglise de Jésus- Christ, la seule vraie Eglise fondée par notre divin Sauveur et les Apôtres, continuée par leurs successeurs légitimes, se trouve dans l’Eglise Catholique, Apostolique, et Romaine. :

Un jour Notre Seigneur se trouvant au milieu des Juifs leur dit ces paroles : “ J’ai encore d’autres # brebis qui ne sont pas dans ce bercail, il faut que “je les y amène, et alors il n’y aura plus qu’un seul “ troupeau sous un même pasteur.” Par ces paroles notre divin Sauveur ne voulait qu'une Eglise, sous un seul chef, et ce chef fut Saint Pierre et aujourd’hui Léon XIII glorieusement régnant.

Nous prouvons par l’histoire que le pape actuel est le véritable successeur de Saint Pierre, car nous remontons au chef des Apôtres par une succession non interrompue ; ainsi depuis Saint Pierre jusqu’à Sa Sainteté Léon XIIT, on compte 261 papes dont 80 sont canonisés, 8 déclarés bienheureux et 1 vénérable.

St Pierre gouverna lEglise de Dieu pendant 35 ans, et sur ce nombre d'années, il en passa 25 à Rome,

Tous ces papes, depuis St Pierre, se sont succcdés, sans interruption, jusqu’à nos jours.

La véritable Eglise de Jésus-Christ doit toujours durer tant que le monde existera, puisque son divin Fondateur a promis d’être avec elle jusqu’à la fin des siècles. Or, je vous le demande, quelle est — à part l'Eglise catholique — la société religieuse qui a toujours existé depuis les Apôtres, et qui dure encore de nos jours, malgré la rage de l'enfer et les suppôts de satan ?.…

Le fait seul de l’existence de l'Eglise catholique depuis plus de 1800 ans est une preuve évidente de sa divinité, car elle a été persécutée dans tous les siècles de son existence.

Notre-Seigneur pour fonder son Église ne choisira point les grands de la terre par leur naissance, leurs richesses ou leur renommée ; il s’associera ni prince, ni roi, ni monarque, mais douze hommes obseurs, pauvres, ignorants même. Il se chargera de les instruire et de les éclairer des lumières de l'Esprit Saint.

Cette Eglise fondée par Jésus-Christ et les Apôtres commencera le jour de la Pentecôte, pour traverser les siècles et se continuer jusqu’à la sin des temps.

A peine cette Eglise de Jésus-Christ apparaît-elle sur la terre que des persécutions sanglantes, de toutes parts, s’élèvent contre elle. Pendant plus de

:cedés,

ujours 1 divin \ la fin

est — ise qui i dure - et les

iolique nte de ous les

hoisira , leurs drince, )SCUTS, le les Esprit

JÔtres ‘erser ps.

t-elle

s, de 18 de

OA TRS

trois siècles, les premiers chrétiens étaient obligés, pour. échapper à la mort, de se cacher dans ces immenses souterrains de Rome qu’on appelle catacombes, ou dans la profondeur des forêts ou des déserts. C’était un crime d’être chrétien, et quiconque se déclarait comme tel, était envoyé à la mort.

Les premiers chrétiens étaient tellement détestés qu’on les accusait publiquement de tous les malheurs qui arrivaicat dans l’empire romain. Aïnsi à Rome, si les pluies manquaïent aux biens de la terre, si le Tibre débordait et causait quelques dégâts, si les barbares sortaient de leurs retraites et ravageaient, immédiatement les chrétiens étaient accusés de tous ces maux. Non-seulement, on ne se contentait pas de les accuser, mais encore on les condamnait par centaines et por milliers à la mort, à une mort des plus cruelles ; à des souffrances que la rage et le désespoir seuls pauvaient inventer.

Le peuple romain était alors à la tête de l’univers, il avait porté ses armes triomphantes dans presque toutes les parties du monde alors connu. Ses empereurs étaient pour ainsi parler comme des dieux, on sacrifiait tout, on immolait tout à leurs moindres désirs. Rome était plongée dans une idolâtrie des plus dégradantes ; la vertu était méprisée et le vice honoré. Il n’y avait pas de vices quelque honteux

Page 1