‹ Souvenir de retraite ou Conférences sur le catholicisme prechées à l'église Saint-Joseph de Cahoes, N.Y., dans l'Avent de 1893 [microforme]Chapitre 17 sur 26 · AMEN · texte numérisé non relu

AMEN

Allez donc. enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit: Leur enseignant à garder toutes et chacune des choses que je veus ai confiées.

(Sr-Marru. xxvirr, 19 Er 20).

Mrs FRÈRES,

Je vous ai prouvé dans ma dernière conférence que les ministres protestants n’avaient reçu aucune mission divine d’instruire, c’est-à-dire de prêcher la parole de Dieu ; car pour enseigner les nations, pour les baptiser et leur ordonner de garder chacune des choses que notre divin Sauveur à commandées, il fautune mission spéciale des Apôtres et de leurs légitimes successeurs, mission procédant de la même autorité divine.

Les ministres protestants ne tiennent leur mission que des fondateurs du protestantisme qui sont Luther, Calvin et Henri VIIL Ce n’est pas À ces pères du protestantisme, ni à leurs successeurs, que

Notre-$eigneur a dit: ‘“ Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit: leur enscignant à garder toutes et chacune des choses que je vous ai confices.”” “At voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles.”

: Notre-Seigneur ordonne donc par ces paroles à ses Apôtres de conserver ses dogmes, d'observer ses préceptes, de recevoir ses sacrements et de maintenir sa hiéarchie.

Il leur donne l’ordre de garder toutes et chacune des choses qu’il leur a enseignées sans exception, ui diminution ; l’œuvre est parfaite, la main de l’homme n’a pas le droit de la dénaturer. (C’est la condamnation de quiconque prétend s’attribuer la liberté de faire un choix dans la doctrine, dans les commandements ou les institutions de notre divin Sauveur.

Yest à ses Apôtres seuls et à lenrs légitimes succsseurs que Notre-Seigneur donn: l’ordre de prècher sa doctrine, de la répandre, d’en établir la croyance et la pratique par toute la terre. IL leur confie le riche patrimoine qu’il est venu apporter au monde.

Je vous parlerai aujourd’hui, Mes Frères, de certains dogmes de notre foi catholique et de quelques

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pratiques religieuses, que nos frères séparés dans la foi nient et ridiculisent :

Nos frères séparés dans la foi nient la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l’Eucharistie.

Je vais vous prouver qu’ils sont dans l'erreur,

La veille de sa mort, dans le cénacle, entouré de ses Apôtres, après le repas du soir, Notre-Seigneur Jésus-Christ prit du pain dans ses mains saintes et vénérables et, levant les yeux vers le ciel, rendit grâce à Dieu son Père Tout-Puissant, bénit ce pain, le partagea et le donna à ses apôtres, en leur disant : ‘ Prenez et mangez, ceci est mon corps.” Puis, prenant le calice, il rendit grâce, et il le leur donna, en disant : “ Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle Alliance, qui sera répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés.” (St Matth., XX VI, 26, 27 et 28).

‘Toutes les fois que vous ferez ceci, faites-le en mémoire de moi.” (St Luc, XXII, 19.)

Voilà l'institution divine du plus grand des sacrements, du sacrement d'amour, du sacrement de l Eucharistie.

Nous catholiques, nous croyons fermement que ce sacrement contient réellement et en vérité le corps,

le sang, l’âme et la divinité de Notre-Seigneur

Jésus-Christ sous les apparences du pain et du vin; c’est-à-dire qu'après les paroles de la consécration qui se disent à la sainte messe, le pain et le vin sont changés réellement au corps, au sang, à l’âme et à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ct qu'après ces paroles, il ne reste plus que les apparences du pain du vin.

Nous catholiques, nous croyons cette vérité plus fermement que si nous voyions de nos yeux ce grand mystère, parce que les yeux du corps peuvent nous tromper, mais la parole d’un Dieu ne peut nous tromper.

Notre foi est-elle raisonnable ? Oui, certainement,

L'opinion de nos frères séparés touchant ce sacrement est-elle admissible? Non.

Voyons plutôt.

Dans la dernière cène, Jésus-Christ prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses apôtres, en disant : ‘Prenez et mangez; ceci est mon corps.” T1 prit ensuite une coupe remplie de vin, la bénit et dit À ses mêmes apôtres: “Prenez et buvez; ceci est mon sang.” Notre-Seigneur pouvait-il s’ exprimer plus clairement, je vous le demande ? ï

Les protestants, en niant la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l’Eucharistie, prétendent que ces paroles de Notre-Scigneur veulent

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dire : Ceci est la figure onu l’image de mon corps, ceci est la figure ou l’image de mon sang. ;

J’en appelle à votre raison, au simple bon sens. Je prends ün livre ét je le donne à un ami. Je dis à cet ami : Prenez-le, ceci est mon livre. Viendra-t-il à l’idée de cet ami de me dire : non; ceci west pas votre livre, mais la figure ou l’image de votre livre ? Evidemment non, à moins qu’il wait perdu complètement l’usage de la raison.

Je passe dans la rue avec un autre ami et je lui dis : Voilà une belle maison. Mais cet ami de me répondre : non ; ce n’est que l’image ou la figure d’une belle maison. Celui qui tiendrait un tel langage serait certainement accusé d’un dérangement complet du cerveau ; cependant c’est à peu près le langage de beaucoup de nos frères séparés dans la foi.

Notre-Seigneur dit clairement : Ceci est mon corps, ceci est mon sang. Voilà des paroles précises et bien claires. Les protestants disent, eux : Ceci est la figure ou l’image de mon corps, ceci est la figure ou l’image de mon sang !

A-t-on jamais vu une pareille audace ? — Il n’y a certainement pas de vérité plus clairement exprimée dans les Saintes Ecritures que celle-ci, cet cependant on compte parmi les protestants plus de deux cents interprétations différentes sur ce seul texte de nos Livres Saints.

Pourquoi ces deux cents interprétations différentes sur ce même texte de nos Livres inspirés ?

C’est parce que chaque protestant a droit d’interpréter la Bible comme il le veut, ou plutôt comme il le peut.—

L'Eucharistie est un vrai sacrement, parce qu’elle réunit toutes les qualités nécessaires à un sacrement : le signe sensible, qui consiste dans les apparences du pain et du vin ; l’institution de Jésus- Christ, dans la dernière cène ; la promesse de la grâce, renfermée dans plusieurs textes de Ecriture ct spécialement dans ces paroles de saint Jean, chap. VI, vers, 52 : “ Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement.”

Voici en quels termes cette grande promesse est rapportée au sixième chapitre de l’évangile selon saint Jean : ‘ Je suis le pain de vie. Vos pères ‘“ ont mangé la manne dans le désert, et ïls sont ‘ morts. Mais voici le pain qui cest descendu du ‘ ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. ‘ Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, “ Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternelle- ‘ ment, et le pain que je donnerai, c’est ma chair, ‘“ que je dois donner pour la vie du monde.”

Plusieurs de ceux qui entendirent ce discours du Sauveur en furent scandalisés, absolument comme

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le sont nos frères séparés dans la foi; ils sont scandalisés et nous traitent d’idolâtres, parce que nous adorons Notre-Scigneur Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie.

‘ Les Juifs disputaient donc entre eux, et disaient : “ Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à ‘ manger ?”

‘ Sur quoi, Jésus ajouta : En vérité, en vérité, “je vous le dis: Si vous ne mangez la chair du Fils ‘ de l’homme et ne buvez son sang, vous n'aurez “ point la vie en vous. Celui qui mange ma chair ‘et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je “ le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est ‘“ vraiment nourriture, et mon sang est vraiment ‘“ breuvage, Celui qui mange ma chair et boit mon ‘“ sang, demeure en moi et moi en lui. Comme le ‘ Père, qui m'a envoyé, est vivant, et comme moi je “vis par le Père ; de même, celui qui me mange vivra aussi par moi.” II dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capharnaïm, Plusieurs de ses disciples, les ayant entendues, dirent : ‘ Cette ‘“ parole est dure, et qui la peut écouter ? Mais ‘ Jésus, sachant en soi-même que ses disciples mur- ‘ muraïent, leur dit : Cela vous scandalise ? Et si ‘ vous voyez le Fils de l’hscmme montant où il était # auparavant ? C’est l'esprit qui vivifie, la chair ne

‘ sert de rien : les paroles que je vous ai dites sont ‘esprit ct vie. Mais il y en a quelques-uns parmi ‘ vous qui ne croient point. Car Jésus savait, dès ‘ Je commencement, quels étaient les non croyants. ‘ De ce moment-là, plusieurs de ses disciples s’éloi-

‘ gnèrent et ils n’allèrent plus avec lui.”

Par ces paroles de Notre-Seigneur, les Juifs comprirent donc que le Sauveur parlait de sa chair véritable et non de sa chair en figure ; non d’une manducation par la foi, mais d’une manducation réelle. Notre-Seigneur, loin de les détromper, insiste en employant des expressions claires ct énergiques, afin qu'aucun doute ne pufsse demeurer sur le vrai sens de ses paroles. Est-il rien de plus clair que ces expressions? Rien de plus éloigné de toute ambiguïté? Tout ne doit-il pas nous porter à les entendre dans la plus exacte simplicité ? C'est un père qui parle à ses enfants, un Dieu dont la puissance est infinie et qui ne peut être arrêté par aucun obstacle.

Ceci est mon corps, dit-il, ceci est le calice de mon sang. C’est le Verbe éternel qui, par un aete de sa volonté, a tiré l'univers du néant ; c’est la vérité même dans laquelle il ne peut se trouver aucun mélange de fausseté et de mensonge ; c’est un père mourant qui, sur le point d’être immolé sur la croix pour ses propres enfants, épanche son cœur par les expressions de lamour le plus tendre,

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On nous dira : Mais la raison de l’homme n’est pas capable de comprendre ce mystère,

Parce que l’homme n’est pas capable de comp'endre une vérité, s’en suit-il qu’il doit la rejeter ? N'y-a-t-1l pas dans la nature mille et mille mystères que homme ne comprend pas, et cependant il est forcé, malgré lui, de les admettre ? Aïnsi comment expliqner la lumière du soleil qui nous éclaire ?

Comment expliquer cette multitude d’astres qui roulent au-dessus de nos têtes avec tant d'harmonie ?

Comment expliquer que cette planète qui nous porte, qu’on appelle terre, se tient dans l’espace, tournant autour du soleil qui nous éclaire, et en même temps, tournant sur elle-même ?

Comment comprendre que le grain de blé confié à la terre servira de nourriture à l’homme; que cette nourriture se changera en son sang ct lui donnera les forces nécessaires pour vaquer à ses occupations ?

Ce sont autant de vérités que l’homme ne comprend pas, et que, cependant, il est obligé d'admettre.

Nos frères séparés dans !la foi nous disent que cette vérité de la présence réelle est trop difficile à croire. Mais quoi! ils croient bien, n’est-ce pas, qu'il y a en Dieu trois personnes, que ces trois per: sonnes sont égales entre elles, que le Fils a été engendri du Père de toute éternité, que le Saint-Esprit

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procède du Père et du Fils, de toute éternité aussi ?

Voilà une vérité qui est plus difficile à comprendre que la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie. Cependant, la plupart de nos frères séparés croient à cette vérité-Ià.

Vous dites que la présence réelle est trop diflicile à croire. |

Maïs vous croyez bien qu’un Dieu s’est fait homme, que ce Dieu homme est mort sur la croix pour le salut du genre humain.

Est-il donc plus difficile à un Dieu de demeurer caché sous les espèces sacramentelles, et cela par amour pour l’homme, que de se faire homme et de mourir par amour pour lui sur une croix ?

Ces deux vérités ne sont pas plus difficiles à croire, l’une que l’autre.

Nos frères séparés dans la foi s'appuient souvent sur ies Epîtres de saint Paul. Eh bien ! voyons ce que dit V'Apôtre des nations à ce sujet, dans sa première Epître aux Corinthiens, chapitre XI, v. 27, 28 et 29 : “ Or, quiconque mangera ce pain et boira la ‘ coupe lu Seigneur indignement, sera coupable du ‘ corps et du sang du Seigneur. Que l’homme donc ‘# s‘éprouve soi-même, et qu'après cela il mange de ‘ ce pain et boive de cette coupe. Car celui qui en ‘ mange et en boit indignement, mange et boit sa

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‘ propre condamnation, ne faisant pas le discerne- ‘ ment du corps du Seigneur.”

Saint Paul ne dit point : Quiconque mange ou boit indignement le pain et le vin consacrés, mange ct boit indignement l’image ou la figure du corps de Jésus-Christ ; mais il dit clairement qu’il se rend coupuble du corps et du sang de Notre-Seigneur*

Pour nous catholiques, nous croyons avec toute l'Eglise universelle, avec plus de deux cent vingt millions d'hommes, à la présence réelle de Jésus- Christ dans lEucharistie. Cette vérité nous est assez clairement démontrée dansles Saintes Ecritures pour que notre foi soit inébranlable.

On voit des prédicants protestants faire publiquement une hideuse peinture des païens qui étaient assez stupides pour adorer du bois, dé la pierre et des animaux. Puis, avec un air de grande compassion, ils ajoutent: Vous savez tous qu'il est bien démontré dans la Bible que dans la sainte Cène on ne reçoit que du pain. Eh bien! le croiriez-vous ? Non, c’est incroyable, nous avons encore de ces païens stupides et aveugles, insensés et idolâtres qui adorent du pain : ce sont les catholiques romains.

Voilà le langage que quelques-uns de nos frères séparés tiennent sur notre compte.

Il y avait quinze cents ans que l’Eglise catholique

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