‹ Souvenir de retraite ou Conférences sur le catholicisme prechées à l'église Saint-Joseph de Cahoes, N.Y., dans l'Avent de 1893 [microforme]Chapitre 26 sur 26 · PRET CES · texte numérisé non relu

PRET CES

Sauveur suflisait, comme nous n’en pouvons douter, pour guérir les malades, quelle vertu bien plus grande ne tirent pas de ses divines paroles les élé- F ments, pour guérir le corps et l'âme de la pauvre humanité !”?

Par conséquent,au second siècle de Père chrétienne, à une époque où, de l’aveu même des protestants, l'Eglise romaine était pure de toute superstition et de toute erreur, on voit un vicaire de Jésus-Christ faire de Peau bénite et rappeler l’ordre à tous les prêtres du monde catholique de faire la même chose.

Saint Clément,disciple et successeur de saint Pierre, attribueà lapôtre saint Matthieu lui-même la formule de l’eau bénite.

“ A l'égard de Peau et de l'huile, j’établis, moi Matthieu, que l’évêque bénisse l’eau et l'huile. il est absent, que ce soit le prêtre en présence d’un diacre. Quand c’est l’évêque, qu'il soit assisté d’un prêtre et d’un diacre.et qu'il fasse cette prière :

“ Seigneur, Dieu des armées, Dieu des vertus, Créateur des eaux et donateur de FPhuile, plein de miséricorde pour les hommes, qui avez donné Peau pour boire et pour purifier, et l’huile pour répandre la joie sur le visage et cœur, vous-même, en ce moment, sanotifl i8-Christ cette eau et cette huile, au \ ou de celle qui les

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offre et donnez-leur la vertu de rendre la santé, d’éloigner les maladies, d’expulser les démons et de. déjouer toutes leurs ruses : par Jésus-Christ notre espérance, avec laquelle à vous gloire et honneur et au Saint-Esprit dans tous les siècles, Amen.” (Liv. VIII, C. XI, Const. Apost.)

Bien que l’eau bénite, dont il est question ici, n: soit pas composée des mêmes éléments que notre eau bénite ordinaire, il n’en cst pas moins vrai que, dès le temps des Apôtres, on bénissait de l'eau à laquelle on attribuait une vertu surnatureïic.

L'eau bénite a toujours été employée dans l’Eglise catholique depuis son origine jusqu’à nos jours.

Quels sont les effets de l’eau bénite?

Les principaux effets de l’eau bénite sont de remettre les péchés véniels, de remettre les peines emporelles dues au péché, de procurer la santé, de chasser le démon et de déjouer ses ruses, déloigner les épidémies ct les fléaux, de quelque nature qu'ils soient.

Ecoutez le trait suivant :

Saint Jean Chrysostome, au quatrième siècle, nous raconte qu’à Antioche une illustre dame nommée Evélia avait une jeune fille qu’elle aimait tendrement et qui était depuis longtemps tourmentée d’une fièvre ardente. Cette dame vint

toute en larmes auprès de saint Chrysostome, avec des prières pressantes de guérir son enfant, car elle en avait déjà perdu quatre. Le Saint l’écouta avec une grande bonté, et, voulant guérir l’âme de eette femme avant le corps de son enfant, il lui dit que les péchés des parents sont souvent la cause de la mort et des maladies des enfants.

‘Cela n’est que trop vrai, répondit-elle en sanglotant ; je reconnais dans la mort de mes quatre premiers fils une punition de Dieu.” Le Saint reprit : ‘Si vous ne faites pénitence, le cinquième aura bientôt le même sort.” A ces mots, le père et la mère promirent de mener à l’avenir une conduite plus chrétienne. Le Saint se fit alors apporter de l’eau bénite ; il en aspergea trois fois l'enfant malade en invoquant la Très Sainte Trinité et il la rendit pleine de santé à sa Mère. —

Pour que l’eau bénite produise ses effets, il faut en faire usage avec piété et avec foi.

Il faut donc croire. sans hésiter, à l'efficacité de l’eau bénite, soit pour effacer les péchés véniels et remettre les peines temporelles dues au péché, soit pour chasser les démons, déjouer ses ruses et dissiper les tentations, soit pour guérir les maladies, éloigner les fléaux et nous placer sous la protection du Saint-Esprit. Si nous voulons être les fidèles enfants

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de l'Eglise et imiter nos pères dans la foi, nous devons prendre de l’eau bénite au moins toutes les fois que nous entrons dans l’église, avec la main nue et non gantée, et faire pieusement sur s01 Île signe de la croix.

Nous devons aussi assister ponctuellement à l’aspersion de l’eau bénite qui se fait le dimanche, au commencement de la messe paroissiale.

Chaeëun doit avoir chez soi de l’eau bénite et lui donner une place convenable.

La place naturelle du bénitier dans la maison est dans la chambre à coucher, près du lit. C’est 1à que le chrétien s'endort, là qu’il s’éveille, là, peut-être, qu’il doit mourir. Il faut prendre de l’eau bénite le matin, en se levant, le soir en se couchant. Le matin en offrant toutes ses actions de la journée à Dieu ; le soir, en le rmerciant des grâces obtenues. Tâchons d’expier ainsi les fautes de la journée et de nous prémunir contre les dangers de la nuit.

Il y a bien d’autres circonstances dans lesquelles le bou chrétien a recours à l’eau bénite ; par exemple, en temps d’orage, de tempêtes, et d’épidémies ou maladies contagieuses,—d’où qu’elles viennent.

Si on fait de l’eau bénite l’usage qu’en veut l’Eglise, soyons certains qu’elle nous obtiendra des grâces abondantes pour le temps et pour léternité bienheureuse.

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