Souvenir du baptême [microforme]
naître dans cet heureux état, destinés à servir Disu sur la terre pendant un certain nombre d’années ; après quoi, sans passer par les sombres portes de la mort, ils seraient entrés dans lagloire céleste (a).
Ces dons étaient purement gratuits; et Dieu, qui auYäit pu ne jamais les accorder, voulut, dang son ineffable sagesse, les faire dépendsi d’une condition facile à remplir, sav@if+, que notre premier père s’abstînt de anger du fruit défendu (8). Cependæif,"la persévérance du chef du genre hümäin n'aurait pas suffi pour assurer le salué de ses enfants; et chacun d'eux, quoique né dans la justice originelle, auraït, conservé, pendant les jours de son épreuve, la triste liberté de pécher mortellement, comme Adam
(a) Eccli. XV, 14; XVII, 5; ue IL, 23.— (d) Gen. 11, 16. <
lui-même et de se perdre pour l’éternité(a). Ce plan divin, auquel l'ignorance et l'impiété ont prétendu trouver à redire,
est suffisamment justifié en lui-même (b),
puisque c’est le Dreu trois fois saint qui l'a choisi. Mais d’ailleurs ne voyonsnous pas chaque jour quelque chose de semblable ? Si an père de famille dissipe ses richesses, ruine sa santé, perd son honneur, ses enfants naîtront pauvres,
. maladifs et méprisés ; et ceux-ci, même
après avoir reçu de leurs parents ces
‘biens en abondance, peuvent toujours
détruire leur fortune, leur santé, leur honneur; et tout cela nous paraît très- juste et tout naturel.
Adam désobéit (c), et ruipa toute 84
@ S. Thom. 1. quæst, 100; Suarez, De opere sex dierum, lib. 5, cap. 9 et 10, elc.— (b)Ps. 50, v. 6.—(c) Gen. 115, 6.
faille. Ea pénitence qu'il fit de son péché fut suffisante pour lui faire recouvrer l'amitié de Drau, et procurer son.
salut, en vertu des mérites du Sauveur à | venir; mais n'eut point d'autre résultat, … + Tous ses enfants, à l’excéption de In
très-sainte et immaculée Vierge Marie, | Mèrs de Jésus, sont, dès le premier instant de leur vie, privés de la grâce sanc-.
tifiante et de tout droit à la gloire éternelle, sujets. aux attaques de la concupiscence, à Ja souffrance, et à la mort (a).
Mais Drev, qui est riche en miséri- corde (b}, eut compassion de l’onvrage de ses mains. De même que tous les hommes étaient morts per la désobéissance, l’orgueil et la sensualité d'Adam, de même ils ont été rendus à la vie par l’obéis-
(a) Rom, V, 12.—(b) Eph. LI, 4.
SOUVENIR DU BAPTÊME. 1i
sance, l'humilité et les souffrances du Fils de Dreu (a), qui, par un excès d'amour, s’est fait homme, afin de pouvoir mourir pour nous, pauvres exilés du ciel (b). Sa rédemption a été copieuse et surabondante (c). Cependant son amoureuse sagesse, afin de concilier la justice avec la miséricorde, et de nous mener au ciel par une voie plus rude mais plus as- . surée, a résolu de ne pas nous rendre tous à la fois les glorieux priviléges qu'il a reconquis pour nous: la grâce sanctifiante nous est conférée par le baptême; mais nous ne serons délivrés entièrement delaconcupiscence qu’à l'instant de notre mort; il nous faudra souffrir jusqu’à ce que notre âme entre au ciel ; et le privilége de l’immortalité ne nous sera point
(a) Rom. V, 18 et 19.—(b) 1 Petr. IL, 18.— (c) Ps, 129, v. 7; Rom. P, 15, 20,
‘12 BSOUVENIR DU BAPTÊME.
rendu parfaitement avant le jour de la résurrection glorieuse.
La foi catholique nous oblige de croire, que ceux qui sont frappés par la mort en état de péché mortel, sont condamnés aux flammes de l'enfer, Mais, concernant les enfantsqui meurent sans bap-.
tême, elie nous enseigne seulement:
qu’ils ne seront jamais admis dans co beau paradis, où Dreu se montre dans ses amabilités infinies à ceux qui ont eu le bonheur de mourir en état de grâce (a), Notre curiosité désirerait peut-être con.
näître précisément, ce que deviendront ceux qui meurent avec le seul péché originel ; qu'il nous suffise de savoir, que, le sort de ces enfants étant entre les mains d'un Dreu juste, bon et saint
(a) Joan. Il, 5.
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dans toutes ses œuvres (a), Ce serait un blasphème de craindre pour eux un traitement plus rigoureux qu'ils ne méritent. |
sie O mon Dreu et mon père ! cette grâce : inestimable du baptême, que vous ne devez à personne et que personne ne peut mériter (b), vous vous êtee hâté de me 11 me l’accorder dès mon entrée dans ce monde (c), tandis que tant de pauvres
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enfants étaient moissonnés par la mort, 6 sans être régénérés par l’eau et par le | Saint-Esprit! Grâûces vous soient ren- # dues éternellement pour ce don ineffable :
. (d) ! En attendant que j'aille célébrer vos : miséricordes dans la bienheureuse éter- # D nité(e, je vous témoignerai ma reconnt | (a)Ps. 144, vw: 9, 13, 17.—(b) Tit, IIL 5, —
, (c) Ps. 21, v. 11.—(d) II Cor. IX, 15 te Ps. R 88, v. 1.
naissance, en menantici-bas une vie conforme aux glorieuses prérogatives et aux saintes obligations, qu'il vous a plu attacher à cet auguste sacrement |
OK Le.