CHAPITRE IL
Noblesse et bonheur d'un enfant baptisé. “2
La sanctification d’une âme est une
œuvre de Drev, plus admirable et plus
excellente sans comparaison, qte ne serait la création d’un monde mille fois plus beau que celui qui existe (a). Non, jamais nous ne pourrons comprendre tous les trésors de pureté, de noblesse et de grandeur, cachés dans l’âme d’un enfant qui vient d’être baptisé. (b).
(a).S. Thom. 1= 2x, quæsl. 113, art. 9.—(b) 1 Joan. IL, 1, 2. RE
Le Père éternel lui. communique sa propre vie (a), de la manière la plus sublime qu’une personne créée soit capable de la recevoir ; il le contemple avec tendresse comme son enfant bien-aimé, comme le miroir de ses divines beautés.
Jésus-Carisr le chérit comme son frère, ou plutôt comme un membre vivant de son Corps. mystique (b), destiné à vivre dans ane union intime avec son cœur adorable, source intarissable de lumière, d’amour et de joie. Le Saint-Esprit se repuse en lui, comme dans un sanctuaire (c), qu'il a consacré lui-mêine par son onction céleste, et'orné de l'or pur de {a charité, et de toutes les fleurs des vertus chrétiennes, | | as
Du haut du ciel, la très-sainte Vierge
(a)1 Pelr. 1, 4.—{b) I Cor. XI, 12. et 27.
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et saint Joseph s'occupent de son bon-
heur, avec une tendresse qui surpasse
incomparablement celle de son père et de sa mère; le royaume des cieux est son héritage (a) ; le paradis est sa vraie maison paternelle ; les anges et les saints
l'attendent pour le recevoir au milieu de
leurs rangs, et lui préparent une couronne de pierres prétieuses, et un trône étincelant de gloire.
L'éducation de ce royal héritier est confiée au Souverain Pontife (b)), père nourricier de tous les enfants de Dreu,
et à la sainte Eglise catholique (c), véri.
table et unique épouse de Jésus-Carisr,
lesquels, per le moyen de pasteurs vigilants, guideront avec un amour infhtiga-
(a) 1 Cor. VI, 19.—4b) Rom. VIII, 17; Tit.
L1, T.—(c) Joan: XXI,15.— (d) Eph. V, ta.
ble son pénible et dangereux voyage à travers le désert de ce monde, le fortifieront du pain de la parole de Drev (a), le feront boire abondamment aux sources d’eau vive qui jaillissent des fontaines du Sauveur, c'est à-dire des sacrements (b}, l’assisteront dans ses dernières luttes contre Satan, et ne cesseront de prier pour lui, jusqu’à ce Qu'il soit entré dans son repos éternel.
En vertu de la communion des saints, il sera en société de mérites, de prières et de bonnes œuvres, aves toutes les âmes justes du ciel, du purgatoire et de la terre (c); ces trésors spirituels sont un bien de famille, où il pourra sans cesse puiser aussi largement qu'il lui plaira.
Ah ! si nos yeux étaient ouverts aux
(a) Matth. 1V, 4.—(0) Is. XII, 3.—(c) 1 Cor.
Ill, 22. |
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1 Cor.
SOUVENIR DU BAPTÊME. 19 lumières de la foi, quelle serait notre vénération pour un enfant baptisé, pour cet être si petit, si faible en apparence, et cependant si nobleet si grand! Il appartient à Dreu bien plus qu'à ses parents, au ciel plutôt qu'à la terre ;.et si la mort brisait le fil de sa fragile existonce, son âme, comme une colombe échappée de ses liens (a), s’envolerait tout droit au paradis, et prendrait sa place parmi les chœurs des anges !
Faut-il après cela s'étonner, de ce qu'un illustre roi de France, saint Louis, avait tant d'estime pour la grâce du
baptême, qu'il la préférait à son sceptre
ot à 8a couronne, et signait parfois Louis de Poissy, en souvenir de la ville où il avait été baptisé ?
(a) Ps. 128, 7.
Mère chrétienne, si les soins que vous devez à votre enfant ne vous permettent pas d’allerà l'église prier devant le tabernacle eucharistique, consolez-vous de cette privation; l’âme et le corps de cet enfant ne sont-ils pas un temple vénérable, où la très-sainte Trinité réside nuit et jour avec d’ineffables délices {a) ? ;: Baisez donc avec un respect mélé d'’a- | mour ce sanctuaire vivant. et priez à. se genoux auprès du berceau, qui contient :
Br le trésor de Dreu et le vôtre |
(a) Joan. XIV, 23,