DE ST ROCH DE QUEBEC
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O couvent !
‘Tu fais vibrer à leur oreille “ Le chers et lointains souvenirs :
‘# Bonheuis de l'enfance véermeille, “Jeunes ébats, naifs plaisirs !” * X %
Test sous le beau ciel de la Nouvelle-France
De paisibles séjours, embaumés d'innocence,
Où règnent l'amitié, la joie et le bouheur ;
Là, sous les tendres soins des sœurs de Notre-Dame, Se façonne l'esprit de celles qu'on proclame
De nos chastes foyers l'ornement ct l'honneur.
Marguerite Bourgeovs fut le divin génie
Qui jeta dans les cœurs la semence bénie
Dont nous eueillons partout les fruits délicieux. Des bords du Saint-Laurent aux rives de la Loire, Sa science, son nom, ses vertus et sa gloire
Sont chantés sur la lyre et redits dans les cieux. *
O couvent de Saint-Roch ! école où l'œuvre sainte De la mère Bourgeoys a gravé son empreinte !
Tu chômes, en ce jour tes belles noces d'or!
, . 2 Au pied de ton autel « ue couronne Marie
Se pressent, à genoux, l'âme toute attendrie
2 l'en] ; 2 Tes enfants dont le cœur t'aime plus qu'un trésor...
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Pourquoi ce grand amour ? et pourquoi cette joie
Qui pare leurs fronts purs mieux qu’un voile de soie ? Ah! la nature, en ses secrets mystérieux,
Veut que chacun de nous, — âme vile ou loyale, — Ait un culte sacré pour la terre natale,
Le doux foyer, l’école et les maîtres pieux.
Les touristes qui vont à travers l’ancien monde, Où, presqu’à chaque pas, le merveilleux albonde, Coulent d’aloid des jours d'enchantements remplis ; Mais bientôt, au milieu des cités opulentes,
Les heures à passer leur paraissent plus lentes:
Ils ont soif de revoir le ciel de leur pays!
Comme ces voyageurs, du merveilleux avides,
Vous avez contemplé des spectacles splendides
Qui vous jetaient souvent dans le ravissement. Oh! mais, avec transport, vous revenez, mesdames, Au sein de la patrie où naguère vos âmes S'ouvrirent à Ja grâce, au plus pur dévoüment!
Ici, vous retrouvez, après bien des années,
Des compagnes d'étude, hélas! disséminées,
Qui surent partager vos jeux et vos travaux.
Vous les fixez d'abord avec intelligence,
Afin de découvrir les traits de leur enfance,
Que le temps a rendus plus calmes et plus beaux.
Mais en vain cherchez-vous parmi ces doux visages Plusieurs dont la gaîté chassait tous les nuages... Le trépas est venu les glacer tour à tour...
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Qu'elles dorment en paix ! Si Dieu, dans sa tendresse, | Leur permettait d'ouir vos hymnes d’allégresse, | Elles tressailliraient de bonheur en ce jour... # # * Oh! que de souvenirs évoqués à cette heure | Eveillent les échos de la sainte demeure Î Et remplissent parfois les cœurs d'émotion ! | Puis les joyeux propos, volant de bouche en botche, Î
Pétillent sous le toit ainsi qu'une escarmouche, Rappelant d'autrefois la récréation...
Dans la foule on distingue, à leurs sombres toilettes, 1 À leur tendre sourire, à leurs blanches cornettes,
Les mères du couvent, l'oeil brillant de gaîté.
Elles parlent du temps où, fillettes légères, { Elles manquaient, en classe, aux règlements sévères Prescrivant le silence... et la tranquillité...
Mais soudain une voix dans la salle s'élève Et domine le bruit. C’est une ancienne élève Qui porte la parole avec grâce et chaleur. 1 De votre alma-mater elle peint l'humble enfance,
Rend un tribut d'hommage et de reconnaissance
Au saint abbé Charest, son noble fondateur.
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Elle montre le bien que ce modeste asile A fait dans la paroisse et dans toute la ville | Durant le demi siècle aujourd’hui révolu ;
A la science il a donné des héro'nes.
Qui vont — le cœur rempli de lumières divines — Enseigner aux enfants le chemin du salut!
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De nos logis il a détrôné l'ignorance
Et les sots préjugés qu'à l'égard de la France, | Autrefois, y sema la perfide Albion;
| 11 a formé l'esprit de ces mères chrétiennes Ç Qui sont de notre foi les vaillantes gardiennes ] Îl Et l'espoir consolant de notre nation! € | v"« Oh! il a bien changé votre temple classique q Depuis que, désertant sa chapelle rustique, a f Vous alliez dans le monde au gré du Créateur... n | Ces embellissements que notre peuple admire, ke | Et que ne peut ici chanter ma faible lyre, v |: Sont les fruits du travail de notre aimé pasteur. (1) te fl e f IL préside avec joie à la fête admirable b k Où vous avez uni l’utile à agréable, :
kÈ En offrant votre obole à Villa-Mariu. (2) j | C'est votre maïson-mère, et vos âmes si tendres ds ÿ Voudraient la voir renaître au plus tôt de ses cendres... d £h bien, donnez, donnez! le ciel vous le rendra... a] La fête va finir. La cloche vous convie ce | A la chapelle, au pied du Maitre de la vie 2
Qui veut, dans son amour de père, vous bénir!
| Et puis, le cœur ému, vous repreuez la route j De vos joyeux foyers, en vous jurant sans doute | JO! À k : m De garder de ce jour l'éternel souvenir!
4 au 4 2 rs ds ‘ LA CE ŒE CC), « aastelle.
V4 co | (1) Révérend M, F. H. Bélanger, insigne bienfaiteur du couvent de ft Roch.
; (25 Villa Mariu a été détruite par les flammes le 8 juin, 1893. | } Jun,