APPRÉCIATION D'UNE ANCIENNE ÉLÈVE
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Nous avons été heureuses de constater que l'élan généreux et tout spontané de nos amies de Quél ec en faveur de nos bonnes mères de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, a été couronné de succès dans la fête du 28 Septembre dernier.
Grâce à l’intelligente initiative des Dunes organisatrices qui out déployé pour cette œuvre du cœur, un zèle des Jlus actifs, grâce encore au généreux concours de Monsieur le Curé de St Roch, le Rév. F. IH. Bélanger qui a suggéré l’excellente idée de célébrer en niême temps les Noces d'Or du couvent. Nous avons vu en cette circonstance solennelle, la fristesse et la joie S'embrasser, ..,. Disons cependant que cette fois encore, la joie Pemporta, car cette fête dont le but était doublement cher au cœur de toutes, a été,plus gaie que triste.
Ce fut un véritable congé du vieux temps. Rien de plus Joyeux et de plus attendrissant à la fois, que cette aombreuse assistance dispersée dans les salons et autres appartements de la maison, On se reconnaissait les yeux humides; chacun apportait sa part de Joyeusetés et de douces ressouvenarces, ,
C'était une belle fête, rendue plus aimable encore par la gracicuseté de la Rév. S. S. Régis, Sup. actuelle du couvent, et de sa digne Assistante S. S. Domitille.
Il y avait pour contribuer au bonheur de ce jour, un grand nombre de religieuses, parmi lesquelles quelques anciennes maîtresses, et des anciennes élèves du couvent de St Roch, aujourd’hui religieuses de la Congrégation et de la Charité.
J'ai eu le plaisir de saluer la Rév. S. S. Ombéline, Sup. du couvent de Ste Croix, et la Rév. S. S. Fortunate, Sup. du
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| couvent de Bellevue, toutes deux de Rimonskilet qui lui font honneur, Notre chère Mère St Jean de la Croix était là, elle | aussi, le triste état de sa santé n'avait pu la retenir dans sa solitude. ,....Forte des grands souvenirs de ce cher cou-
| vent qu'elle a dirigé avec zèle et dévoûment pendant de lon- , gues années, elle n'a pas craint de braver les fatigues du VOyage pour se rendre à nos désirs. .....st présence nous à fait honneur, ainsi que celle de su digne compagne, la Révé- | rende Mère Assistante Ste Alphonsine, toutes deux donnèrent un grand charme à notre fête. Mais ce qui la rehaussa davan-
| tage, ce fut la présence de la Vénérée Mère St Jean-Baptiste, | autrefois élève distinguée du pensionnat de St Roch, aujour- | d'hui la digue Supérieure Générale de la Congrégation de | Notre-Dame de Montréal. | | f Quel bonheur de constater que cette bonne Mère a bien L voulu laisser ses nombreuses occupations, les soucis de sa à | charge devenue bien lourde par le malheur qui vient de la J frapper si fortement dans sa chère Congrégation, pour venir î | nous honorer de sa présence dans cette grande réunion et réjouir le cœur de ses enfants, dont elle est deux fois la mère d k par aflinité et par droit, ; nie semble superflu d'ajouter que la présence de Messire 5 | F. H. Bélanger donua à la fête un cachet tout particulier, — d Comme autielois, nous nous sentions à l'aise et vraiment en | funiile, car, dans son digne curé, notre bien ajiné couvent ; | possède encore aujourd'hui un pasteur et un père. — te | En face de tout cela, on a eu raison de croire qu'un résumé k is de cette belle iête serait pour nous toutes un beau souvenir 8! qu'il nous plairait de conserver, et de légner à nos filles, Pa | Il y a de nos jours, une si grande tendance à amoindrir
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nos institutions religieuses, à déprécier leur enseignement, à jaralyser leur action en substituant à leur système d’édu- “ation un cours d’études trop chargé, qui ne fera jamais des femmes fortes, selon le portrait qu'en donne la sainte Écriture, que nous nous croyons autorisées, nous anciennes élèves de la Congrégation de N.-D., et femmes du monde, à prendre la parole, après vingt, trente, quarante ans d'expérience, pour défendre nos couvents. —
Il était près de trois heures de cette grande relerée, Île temps avait passé trop vite, comme il arrive toujours quand Ou Se Car Héuielisesesssss Les bonnes Mères religieuses avaient apporté la lus délicate attention à nous bien rece- Voir. sesaprès nous avoir préparé ce que je crois pouvoir appeler une belle, une magnifique illustration de nos beaux jours passés auprès d'elles, dans ce cher vieux couvent que nous ne saurions jamais oublier. se...
La Vénérée et digne Mère Supérieure Générale avait aussi daigné nous adresser Ja paiole, En termes émus, elle nous expiima la joie qu'elle éprouvait de nous voir réunies en si grand nombre, et nous dit le bien qu’elle attendait de nous due le présent et dans l'avenir. |
Tout à coup, une ancienne maitresse bien connue des élèves de 1869 à 1868, s'avarce et nous lit une adresse, souhaltant à toutes, lu bienvenue, et félicitant ses élèves de la part active qu’elles avaient prise dans les préparatifs de cette grande tête. Quelle surprise agréable! Qui n’a senti son cœur palpiter d'émotion pendant cette lecture ?
C'était la même voix éloquente et persuasive qui nous
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avait si souvent exhortées à la vertu pendant le temp: de votre éducation, celle de notre bonne Tante Ste Hedwidge, conime on disait de notre temps. Nous l'avons écoutée rutigicusement, ccnime dans le passé, et'nos cœurs ont \ibré cutmuime autrefois, du désir de plaire à nos Mtres chéries, de travailler à leur faire honneur dans le sens qu'elles l’enterdent.
Nous regrettons vivement que la trop grande modestie des Dunes religieuses ous prive du plaisir de remettre sous les yeux de nos lectrices, cette page si bien sentie qui a rémué tous les cœurs.
Il est juste qu'au moins nous en donnions un aperçu qui en justifie l'opportunité et le mérite.
Dans un espace de cinquante ans, bien des maïitresses s8’étaient succédé, dans notre vieux pensionnat, et toutes, au beau jour de ses Noces d'Or, imposaient leur souvenir... Cette pensée intimide quelque peu notre Zonne Tunte, elle hésite à prendre la parole, ne voyant en sa faveur qu'une disposition de la Providence qui Pavait ramenée sur le terruiu de son jeune apostolat, avec tout le loisir d’y glaner. ... Après un hommage de reconnaissance des plus délicats, rendu à sa Vénérée et bonne Mère Supérieure Générale, elle S'adresse à ses élèves et leur dit: Si ensemble, nous voulions paicourir ce vaste champ de nos souvenirs, nous y ferions une intéressante et précieuse cueillette... ,. Mais, comme cette excursion pourrait n'étre pas du goût de toutes ici, chacune ayant son jardin de prédilection et ses fleurs préférées, il sera mieux de nous tenir sur un terrain commun. Et alors, elle nous ‘amène aux beaux jours d'autrefois, “alors que nos cœurs ‘“Souvraicnt tout naturellement à la vertu, comme le calice
“des fleurs aux rayons bienfaisants du soleil.” Nous nous retrouvons comme par enchantement dans cet intéressant parterre de notre Pensionnat, où nous étions nous-mêmes les plantes cultivées avec tant de soin. ‘IT y avait bien sans dou- “te quelques mauvaises herbes, il fallait sareler, émonder, ‘arroser de temps en temps; mais tout sert à celui qui aime ‘* Dieu, et cherche sa gloire.” aient flèche de tout bois. ‘* Une malice, une espièglerie, un “trait suillant de mauvaise humeur, tout servait à nous mo- “ difier, à nous plier aux exigences de la vertu.”
Les babiles jurdinières fui-
C'est ainsi que dans les Couvents la science du bien s'intiltre goutte à
goutte dans les cœurs neuls, si bien disposés à recevoir cette liqueur divine dont on ne perd jamais ln saveur quand une fois on l’a goûtée.
Le propre de l'éducation dans les Couvents, c’est de donner au caractère cette solidité de principes qui ne s'efface jamais. Au Heu de nourir lorgueil des enfants, on leur fuit connaitre leurs défauts, pt mille moyens plus ou inoins ingénieux qui les amusent ou les font réfléchir suivant le cas. Aussi la moisson promet-elle généralement d’être abondante. Et, comme dit notre indulgente nautresse, avec une grosse louange à notre intention : “ Je ne sache pas qu'il y eût dans notre gen- “til parterre du vieux temps une seule plante qui ne donnât “des espéruices que le temps ne se soit cliargé de réaliser. “Je ne voudrais pas insinuer de là que toutes aient produi à alors, ni depuis, li même quantité de fruits; non, 1l en est “de la physionomie de l'âme conne de lu figure, toutes difit- “ rent en quelque chose, Toutes n'ont pas reçu non plus le “iucne degré d'intelligence, les mêmes dispositions naturei- “lus, ”
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Mais les religieuses qui forment avec tant de soin le cœur de la jeune fille, ne lui donnent pas l'impeccabilité, et dans le grand nombre de leurs élèves, il s'en trouve toujours, malheureusement, qui se laissent refroidir par le souflle délétère d'un monde corrupteur. Cœurs ardents, natures de feu, leurs aspirations toutes pour la terre ne sauraient être étouffées. “Quand l'homme, dit St Thomas, ne se réjouit pas dans Île “ bien, il cherche les plaisirs inférieurs. ”
Celles-ci discréditent leurs convents, et sont la cause.des attaques que l’on dirige contre eux.
Notre bonne maitresse semble pourtant vouloir les excuser dans la page suivante que je laisse à vos réflexions. (1)
“Dans ces temps mauvais, Pesprit du mal s'attaque trop “ directement aux Communautés enseignantes pour que cela ‘ne refroïdisse pas bien des cœurs, même parmi les nôtres. ‘# On place des épouvantails duns les campagnes verdoyanutes “ de la religion, et les oiseaux du ciel, c’est-à-dire les âmes “s'en vont effrayés. Et, elles oublient, ces pauvres enfants, ‘que parler contre la maison où on a fait son éducation, c'est “se déprécier soi-même; puisque, on faconne les plantes par
‘la culture, et les hommes par l'éducation, Mais vous, me: ‘amies, qui Connaissez mieux, vous aimez véritablement la
‘ Congrégation de Notre-Dame, vous vous y attachez de plu:
(1) feul l'espoir &u Lien qui peut en résulter m'a obtenu de faire une auss: longue citation.
Rassurez-vous, ma chêre Tante, il est certain que chaque fois que nous relirans cette page, à votre souvenir, s'ajoutera le désir de devenir meilleures, par la pensée des bons enseignements que nous avons reçus pendant le temps de notre éducation à laquelle vous avez pris une si large part; ne perdant jamais de vus ces paroles de lu Sainte Ecr.cure .** au où la scienc: d: j'âme n'est pas, il n’y à
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‘en plus, comme au vaisseau qui doit vous conduire au port ‘ du Salut! Vous avez raison d'y tenir, vous y êtes en sûreté, “la Vénéruble Mère Bourgeovs ayant demandé à Dieu, que “toutes celles qui sy embarqueraient fussent du nombre des “élus, Cette prière qu'elle a dû renouveler une fois rendue ‘au ciel, ne vous paraît-elle pas un excellent passe-port ? Ce ‘ qui doit encore rantiner votre confiance puur cette Arche “ Sainte, c'est qu'elle x été construite sur le modèle de l'Egli- ‘se; Dieu lui-même, ce grand Architecte! en ayant dunné le “ plan; en sorte que ni les vents, ni les tempêtes, ne l’ébran- ‘“leront, aussi longtemps qu'elle sera fidèle à ses glorieuses “ destinées! Comme le Christianisme, dit Bossuet, à pris “ haissance de la Croix, ce sont aussi les malheurs qui le ior- “tifient. De même, notre Congré sation, formée sur ie College “ Apostolique, doit suivre sa mache, gaidunt touteiois les “ proportions établies par notie Vénéruble Mère, quand elle “le compare à une étoile qui brille au firmament, et sa petite “ Congrégation à un brin de neige qui tombe eu iurme d'étoile. “Si, comme dit le grand Bossuet, l'Eglise se fortifie par “]e malheur, espérons qu'il en sera ainsi de la Congrégation “de Notre-Dame, Il est certain que le malheur ouvre l'âme “à des lumières que la prospérité ne discerne pas; et qu'il “n’y a rien que de divin dans les fléaux qui viennent de “ Dieu. Les grandes catastrophes conduites par sa main sont “les remèdes les plus utiles contre les maux qui désolent la “société. Quant à vous, Mesdames et Me:demoiselles, qui fai- “tes le charme de la société par vos vertus chrétiennes, il “n’y a qu'à vous louer. Entretenez toujouts brillant dans vo- “tre cœur, le rayon de la grâce, par la iéception fréquente “de la Ste Eucharistie: ne craignez pas de vous approcher
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“de ce bon Jésus du Tulernacle ! n'alléguez pas la difficulté de “vous préparer à ce grand acte; son divin regard ne dédaigne “pas vos courses, Vos fatiiues, Vos travaux, tout peut servir de “préparation à le recevoir, C'est ainsi que l'on se soutient ‘par les joies ineflables du bien,”
À l'appui de ces grandes lecons, on nous rappelle la dévotou à lu Ste Famille, les ercouragements de Sa Sainteté Léon XII, et de la Vénérable Mère Bourgeoys, à cette dévetion par excellence de l'äge-mûr, et l'on nous propose comme fruit pratique cette convention: la récitation quotidienne de trois Ave Maria, en l'honneur destrois personnes de la Ste Fanille, Jésus, Marie, Joseph.
Cette dévotion est surtout applicuble à l'âge où nous some les parvenues,
À mi-chemin dans le voyage de la vie, nous voguons à pleines voiles sur la mer orageuse de ce monde; les havres de refuge sont rares &t loin de autre atteinte. il est difficile de jeter lase,e à euuse de la profondeur de Pabime, Gare à nous, la moindre temseis peut fure chavirer notre barque et nous perdre àinte,
Journons nos regards veis Marie, la dotee étoile des mers, ..N0Vous bien fidèles à Fi convention ci-dessus mentionnée; attachons-nous dé pins en plus, à ln dévotion du Saint Rosaire, Sachons mettre le bon 5t Joseph dus nos in térêts, — enfin approchons-uous le plus souvent possible de Jésus-Hostie! ei nois arriverons sûrement at port, où nous serons réuuies pour ne plus nous séparer !..,,
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sé 0 LA DERNIÈRE FLEUR DE NOS SOUVENIRS.
C'est une Marguerite! que nous avons cueillie, tout providentiellement, en la fête de St François de Sales. Cette belle iète qui nous est si chère à toutes... .et qui se célèbre avec tant de pompe dans notre cher couvent de 5t Roch. Cela nous purait être de bon augure, ... Cette douce tieur du par terre de St François, donnera un parfum tout particulier uu bouquet de nos Souvenirs. — Et notre tuodeste brochure, qui ne palpite pas d'intérêt, nous l'avouous, en sera mieux uccueillie.
Dieu est pour nous! Cette pensée qui nous a toujours encouragées, nous fait espérer Awjourd' hui, et plus lortenent encore, que Celui qui a bien voulu se faire notre guide dans la grande œuvre que nous venons d'accomplir, ne nous abandonnera pas dans celle que nous avons en vue pur la vente de notre brochure,
Nous savons, chères lectrices, que ln Marguerite, emblème d'innocence et de pureté, à toutes vos sympathies. Avant que d'apprendre à la chérir au penstonnat, où elle a droit à tous les égards, comme nous, vous aimiez la petite Paquerette des prés qui ne sait pas se faire valoir ; qui se donne à tous ; qui
fleurit purtout, dans !c: praieries, sur les pelouses, tout le long du chemin.
La Marguerite a toujours été la fleur favorite de la jeune fille, qui avait même trop de confiance en elle, puisqu'elle lui demandait jadis sa bonne fortune en l'effenillant,— Par contre, vous, qui êtes plus sages, et ne voulez pas empiéter sur Îles droits de la Bonne Providence, ne chercherez dans la Mie
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