I. On lit clans le document A : saluerait (N. E
dances libérales. On ne pourra leur contester d'être les plus nobles des rois parvenus ; mais indépendamment de leurs qualités personnelles, c'est à cela (qui n'est pas peu de chose) que se réduira pour eux la prérogative de naissance. A tout prendre, s'ils reviennent jamaisau pouvoir, et s'ils ramènent avec eux, comme il faudrait bien qu'ils le fissent, lejeu d'institutions plus favorables à la liberté, ils seront dans des conditions meilleures que celles oii s'est trouvé leur auteur en i83o; ils pourront faire des concessions, conserver à la fois plus de dignité et plus de popularité. Néanmoins, comme il n'y aura jamais que la classe bourgeoise qui tienne beaucoup à des institutions libérales, et que cette classe perdra toujours de sa consistance par son appauvrissement absolu ou relatif, par le besoin des places, par lémiettement du sol entre les mains des cultivateurs ; comme d'ailleurs les agitateurs du peuple et les occasions de souffrances pour les classes populaires ne manquent jamais, il est bien difficile d'admettre qu'une royauté bourgeoise et constitutionnelle puisse être la forme définitive de nos institutions politiques et le terme de nos agitations.
Je ne crois pas avoir besoin de dire que je ne pense pas que le peuple français se transforme jamais assez complètement pour pouvoir supporter pendant dix ans de suite lejeu d'un gouvernement républicain. Si donc le peuple et l'armée ne pouvaient plus acclamer ce nom magique, auquel nous avons vu produire tant de choses (et, dans le nombre, de si grandes choses), quelle serait donc sa dernière ressource, et partant la dernière ressource pour l'ordre dont toute la société a besoin ?
Voici ce que je me figure : La famille Bonaparte est décidément devenue une famille princière, et le peuple
peut y prendre un prince, avec la persuasion que ce prince est pour le peuple contre les classes supérieures qu'il jalouse. Nulle famille plébéienne ne pourra dorénavant acquérir une illustration qui lui donne le rang princier. Un général, d'extraction noble ou bourgeoise, qui aura gagné une ou deux batailles, sera encore un général noble ou bourgeois; il faudra donc, pour que les soldats et les paysans acclament un dictateur militaire, le jour 011 le besoin d'une telle dictature se fera sentir, et pour qu'ils y placent leur confiance, que ce dictateur sorte des rangs des soldats et du peuple. Voilà la solution à laquelle je m'attendais avant le coup d Etat, au cas que le coup d'Etat ne fût pas risqué, ou qu'il échouât : et comme on parlait beaucoup alors d'un certain sergent Boichot, député à l'Assemblée nationale, je disais aux opposants : « Vous ne voulez pas d'un empereur Napoléon, vous aurez l'empereur Boichot ». Combien n'avons-nous pas vus d'empereurs Boichot surgir au milieu des agitations du monde américain ! Et quelle prétention que de nous croire gens de trop bonne compagnie pour supporter de telles élévations, quand nous faisons tout ce qu'il faut pour les rendre nécessaires I A toutes les époques, dans tous les pays, n'a-t-on pas vu les classes nobles, lettrées, les corporations des légistes et des prêtres admettre cette nécessité d'un pouvoir politique, investi de la force militaire et pris parmi les hommes entre les mains desquels cette force réside .^On a appelé cela le Césarisme et on l'a regardé comme propre aux nations parvenues au dernier degré d'avilissement: c'est une erreur. Le césarisme consiste, en effet, dans une succession de dynasties viagères ou limitées à un petit nombre de générations : viagères, si le
successeur immédiat de l'homme fort qui l'a fondée ne relient aucune des qualités du fondateur ; affermies, dans le cas contraire, jusqu'à ce que le sang se dégrade, ou que la difficulté descirconstances exige l'énergie d'un homme nouveau. C'est la loi commune de l'histoire. Nos dynasties séculaires issues de la féodalité du x* siècle, les races consacrées par un sceau religieux, comme la famille mérovingienne ou la famille ottomane, sont au contraire des excejitions, et on ne les fabrique pas de toutes pièces quand elles sont éteintes. Après la déposition des Mérovingiens, les chefs francs ont été livrés pendant plus de deux siècles à une espèce de césarisme dont l'empire germanique a été la continuation. L'empire de Byzance a vécu pendant mille ans sous le césarisme, durée plus grande que celle de la dynastie capétienne, et il est permis de croire que le rajeunissement fréquent des dynasties a plutôt contribué à en prolonger la durée qu'à l'abréger, en face de tant d'autres causes d'affaiblissement et de dissolution. La raison philosophique s'accommode mal d'un ordre de choses où la brutalité du fait reparaît si souvent ; mais s'accommode-t-elle beaucoup mieux de ces fictions constitutionnelles qui font du roi un fantôme, répondant ainsi aux objections tirées de l'imbécillité de l'âge, des vices et des passions individuels, de l'abâtardissement des races ? Sait-elle mieux les défendre contre les objections des sophistes politiques et surtout contre les soulèvements populaires.»^
Tant que l'on ne pourra pas se passer de force politique, il faudra bien la prendre où elle se trouve, selon l'état des esprits et l'organisation de la société. Il faudra renoncer à la trouver dans des arrangements tliéo-
riques, dans de pures combinaisons d'idées. Aux convulsions anarchiques succède toujours une dictature militaire consentie par le peuple. Le progrès ne peut consister qu'à diminuer la fréquence et l'intensité des commotions politiques ; à faire qu'une révolution politique puisse avoir lieu, sans que le mouvement de la vie sociale et le jeu des rouages administratifs soient notablement interrompus, comme lorsqu'on change l'effigie de la monnaie, sans toucher pour cela au poids ni au titre ; et à cet égard l'expérience de notre temps montre que nous avons certainement fait des progrès. Quand on est parvenu à mon âge, il faut seulement demander au Ciel de vouloir bien nous épargner, à nous personnellement, un surcroît d expérience. Le perfectionnement qu'il pourrait apporter à notre philosophie politique ne vaudrait pas ce qu'il nous coûterait.
Ceci est comme une bouteille que l'on met à part, dans l'idée qu'il viendra peut-être un jouroù quelqu'un, s'avisant de l'ouvrir, en flairera volontiers le bouquet séculaire ; car il y a des choses qui, n'ayant d abord que peu ou point de valeur, en gagnent avec le temps, jusqu'à ce qu'un surcroît de vieillesse les mette tout à fait hors d'usage.
Dijon, octobre iSôg.
INDEX DES NOMS PROPRES'
Abel, 78.
Adélaïde (Mme), 187.
Alembert (d'), 4ii 178.
Alexandre, 212, 227.
Amélie (la reine), i38.
Ampère, 8i, 84, i38, 160, 337.
Amyot, ii3.
Ancier (d'), 63.
André, 174, 175.
Andrezel, 62.
Angouléme (duc d'), 54-
Anne d'Autriche, 91.
Arago, 83, go.
Arnauld (le grand), 71.
Artois (comte d'), 48, 07.
Astier, 65.
Athalin (général), 118.
Autray (Mme d'), 17.
Babœuf, 24i-
Baradère, i5o, i52.
Barnave, 22, i58.
Baroche, 334.
Barrot, 2o3.
Barry (comte du), 17.
Baudrand (général), 118, iig.
Beaumarchais, 17, 58, ii3.
Beautain, 6t.
Bekker, i84.
Belliard, i34, i35, i4o.
Béranger, 209.
Bérenger, 93, 110, m, 123, 182,
Bergasse, 70.
Berry (duc de), 128.
Berry (duchesse de), 34.
Berroyer, 66.
Berthollet, 83.
Bettmann, i84.
Biot, 66, 83.
Boichot, 255.
Boileau, 9, 36.
Bonaparte, 5i, 237.
Bonaparte (Charles), 53.
Bordère (de la), 119, 120.
Boulatignier, 206.
Boulay (de la Meurthe), 309, 210,
Bourbon (duc de), 18.
Bourmont (de), 5i.
Bouvard, 87.
Brimont (abbé de), 174, 175.
Broglie (Mme de), 169.
Brossette, 49-
Broval (chevalier de). 117, 118.
Buch (L. de), 109.
Bugeaud (maréchal), 207.
Burnouf, 309.
Bussy-Rabutin, 7.
Cagliostro, 109.
Cambacérès, 3i4.
I. Ni le document A, ni le document B ne renfermaient d'index (N.E.).
INDEX DES >OMS PROPRES
Cardaillac, 72.
Garnot, 208, 211, 2i3, 224-
Caroline, io4.
Cauchy, 8^.
Cavaij,'nac (général), 2i3.
Cayla (Mme du), 106.
Cellamare, 249.
César, 92.
Chapuis-Montlaville, 206, 207.
Charles-Pilippe. li"].
Charles X, 87, 42, 12^, iSi , i46,
Charlemagne, 69.
Charles-Quint, ^3.
Chartres (duc de), 19.
Chateaubriand, 35, 112, i3g.
Chàtel (abbé), i48.
Chàtelet (Mme du), 17.
Châtre (Mme de la), io5.
Chevalier (Michel), 229.
Choiseul, ig.
Clarke, 35.
Clément (du Doubs), 2o5.
Cœur, 234.
Condé, 6, 18, 96.
Condillac, 198.
Condorcet, 81, 85.
Constant (Benjamin), 72.
Constantin, 69.
Corbière, 70.
Cormenin, i/(5.
Courier (P.-L.), ii3, Ii4.
Cournot (Jean), 7.
Cournot (Lazare), 6.
Cousin, 71, 82, 161, 166, 169,
228, 234- Coulvier-Gravier, 71. Creuzer, 78, 81.
Cromwell, 244- Crousellhes (de), 218.
Cuvier, 70, 74, 108, i4l- Dabo, 8.
Dacier, 109.
Danton, 32.
Decrès (duchesse), i33, io4, i35.
Delangle, 234, a35.
Di'scartes, 198.
Desmazcaux, 35.
Dcssollc (général), 108.
Diderot, 61, 65.
Didier, 157.
Dino rduchosse de), io3.
Diriclilct, 77.
Dolomleu, 1 17.
Doucy, 64-
Douzelot (général), 97.
Drouot, I ig.
Droz, 88, 91, 1 19.
Dubois, 87.
Dumas, 226, 228, 280.
Dumas (général Matliieu), io4.
Durford, 20.
Enghien (duc d'), 68.
Entrt'casteaux (d'), lao.
Etienne, 36.
Exelmans (général), i4o.
Fallot (G.), 90.
Falloux (comte de), 21 5, 216.
Farcy, 78, 187.
Fayette (de La), io5, Ii4.
Fontanes (de), 38, 186, 189.
Fontenelle, 33.
Forloul, 220, 224, 225, 227, 228,
280, 234- Fourcroy, 180.
Fourier, 77, 83.
Foy (général), 77.
François I'^'", 48.
Frayssinous, 74, 80, i63.
Frédéric, lii, 85.
Fréret, 1 14- Fulton, 38.
Gaïus, 184.
Gauss, 79.
Gay-Lussac, 88, i64.
Génin, 78.
Giraud, 220.
Gosciien, i84- Gousset (cardinal), 281.
Grande-Mademoiselle, i42.
Grappin (Uom), 29, 38.
INDEX DES NOMS PUOl'UES
Grégoire XVI, 174, 175.
Grégoire (abbé), 127, i5o, i52,
Guéncau de Mussv, 70.
Guignaut, 80.
Guillon (abbé), iSa.
Guillaume III, i44.
Guizot, 88, 89, 93, g5, 97, io5,
GustaAe-Adolplie, 43.
Hachette, 72, 78, 81, 220.
Ilarlay (du), 19.
Henri IV, 18, 43, i3o, 2o4- Henri V, 139, 2o4, 352.
Herschel (John), i56.
Humboldt (A. de), 79, 83.
Humboldt (G. de), 83.
Jacobi, 78.
Jacquemont (V.), 147.
Jaucourt (marquis de), 71, io4,
io5, 109, 123.
Jeanne (de Bourgogne), 17.
Jérôme, 48.
Joachim, 48.
Joseph, 48, 104.
Jouffroy (marquis de), 38, 58.
Jouffroy (Th.), 71, 87, 178.
Kant(E.), 65.
Lacroix, 79, 81.
Lafayetle, io5, 11 4.
Lagrange, 4i, 45, 84, 85, 87, i55,
Laisné, 112.
Lamarque (général), 97. Lamartine, 211.
Lamennais, 65.
Laplace, 35, 67, 84, loi, i65.
Lardner, i56.
Laromiguière, 73.
Laruza, 71.
Law, 16.
Lecoz, 27.
Ledru-RoUin, 211.
Legendre, 77, 83.
Lekain, 18.
Leibnitz, 35.
Lesdiguière (connétable de), i58.
Letronne, 337.
Leverrier, 90, 225, 228, 33o.
Longin, 37.
Longus, ii3.
Louis (baron), loG, 107.
Louis XIII, 91.
Louis XIV, 19, 43, 346, 253.
Louis XV, 8, 126, 243, 246.
Louis XVI, 4i, 136, i46, i52, 2o4,
Louis XVHI, 46, 5o, 54, io4,
Louis-Philippe, 121, i44, i5o, i53,
Mallhus, 3o.
Manuel, 72.
Marie-Louise, 44, 5o. Marmont, 124.
Martignac, I23, 194- Martin (de Gray), 17, 55, io3.
Massillon, 37.
Matter, 160.
Maupeou, 17.
Mauvais, 96.
Mendelsohn, 79.
Mézeray, 48.
Mirabeau, 22.
Monik, 244- Monge, 8i, 87.
Mole, 200, 2o3.
Montescpiieu, 122.
Montalembcrt, 89, 216, Montpensier (duc de), 167.
Morin, 339.
Morlot (cardinal), 234.
Mounier, i58.
Murât, n6.
Napoléon, 38, 39, 44, 48, 86, 93,
96, io4, 126, 138, a4o, 245,
Neckcr, 177.
Newton, 85, 226.
Nisard, 228.
NicoUe (abbé), i63.
INDEX DES NOMS PROPRES
Nodier (Charles), Sa.
Noirol (abbé), 199.
Œrstedt, 81.
Ouvrard, 112.
Ordinaire, 88, 119.
Orléans (duc d'), 116, 121, i/jo,
1^2, l[\li, 2o4- Orléans (duchesse d'), 187, 207.
Ozaneaux, 160.
Pages, 159.
Paravey, i35, i36.
Parieu (de), i85, 216, 228.
Parisis, 216, 234- Paris de Marmontel, Sq.
Pascal, 5, 63, 71.
Patrot, 53, 86.
Parmentier, 2o5.
Péiissier Tniaréchal), 63.
Penthièvre (duc de), 118.
Périer (Adolphe), 109.
Pcrier (Alphonse). 159.
Périer (Augustin), i58.
Périer (Casimir), i58.
Pérouse (La), 120.
Persigny (de), 236.
Philippe le Long, 17.
Philippe d'Orléans, 2^8.
Philippe-Égalité, 18, 21^9.
Phihppe V, 248.
Pie MI, 28, lu, 69.
Planta, 09, 65, 86.
Plougoulm, 6.
Poinsot, 4o, 63, 83, i55, 166,
Poisson, 67, 83, 84, 86, i54, i55,
Pompadour (Mme de), 2.
Polignac, 128.
PortaHs, 128, 234, 235.
Potter, 86.
Proclus, 82.
Proudhon, 90.
Quclen (de), 75. Quichcrat (L.), 72.
Ramey, i34.
Ramond, io4, 108, 109.
Raspail, i4i.
Rcgnard, 64.
Rendu, 70.
Retz (cardinal de), 19.
Reischtadt (duc de), 147.
Roynaud (J.), 208, 210, 2i3, 224.
Richelieu, 2.
Rigny (do), 108, i38, iSg.
Rigny (Mlle de). 107.
Robespierre, 22, 82.
Rocca(M. de). 78.
Rohan (cardinal de), 109.
RoUin (Mme de), i58.
Rossi, 173, i74i 176, 177.
Rossini, 229.
Rousseau (J.-J.), 122, 242.
Royer (de), 284, a85.
Royer-Collard, 49, 70, 84.
Sacy (Silvestre de), 70.
Saigey (J.), 78, t47.
Saint-Julien (Mme de), 17.
Saint-Cyr (Gouvion), 53, 91, 98,
100, io3, io4, 106, 108. 110,
Saint-Marc-Girardin , 172, 200,
Saint-Simon, 2, 5, 59.
Salinis (abbé de), 65, 199.
Salvandy (de), 112, 189, 161,176,
Samosate (Lucien de), ii4.
Saulcy (de), 229.
Saussure, 109.
Scorbiac (de), 65.
Sibour (Mgr), 284.
Staël (Mme de), 59, 60, 78.
Slurm, 78.
Soult, 108.
Suard (Mme), 89.
Suchet (la maréchale), i38.
Tallemant des Réaux, 7.
Talle)Tand, 26, 102, io3, io4,
io5, 187.
Tellier(Le), 129.
Tertullicn, 66.
Tesseyre (C). i58, iSg.
INDEX DES NOMS PROPRES
Thcnard, 83, i68, 3i5, 228.
Thierry (A.), 188.
Thiers, 98, 197, 2o3, 216.
Tour du Pin (de La), 18.
Treillis (du), 16. Troplong, 21^, 28^, 235.
Vaulabelle (de), 3i3.
Vaure (Le P.), 174, 175.
Velly, 48.
Vergniaud, 22.
Viennet, 92.
VillMe (de), 109, i3o.
Villemain, 169, 170, 172, 176.
Voltaire, 17, 85, Ii4, 178, 243-
Weiss, 17.
Werner, 109.
Witt(J. de), 85.
Wuillaumez (amiral), 119, i43-
Zénobie, 36.