‹ Souvenirs - 1785-1870 - du feu duc de Broglie (volume 3)Chapitre 7 sur 31 · IV · texte numérisé non relu

IV

qu'à tout prendre, nous ne nous en sommes pas trop mal tirés.

Je dis nous, sous toutes réserves, car en nousmêmes était la première et la moindre des difficultés. Notre barque faisait eau par plus d'un côté, et grand était le tiraillement dans l'équipage. Un cabinet bigarré qui comptait sept minisires réels, effectifs, ayant charge d'âmes, et quatre conseillers bénévoles, siégeant les bras croisés, regardant les coups sans répondre de rien ni disposer de personne, mais ayant (trois sur quatre tout au moins) l'oreille du prince et le vent de la popularité, c'était en quelque sorte un couteau do Janot dont la lame branlait au manche, sans qu'on sût précisément qui était l'un ou l'autre. Nous étions en outre percés à jour; la chambre à coucher de^ M. Dupont (de l'Eure) était ouverte dès le matin à tous les suppôts de la basoche, et, le soir, le salon où M. Laffitte faisait son éternel piquet l'était à tout le tripot de la Bourse; c'étaient deux clubs où les curieux venaient aux nouvelles pour en faire tel usage que de raison ou de déraison.

Force fut bien pourtant de se mettre à la besogne en commençant, comme de coutume, par distribuer quelques bons morceaux aux appétits

les plus haut placés, mais, cette lois, contre la coutume, sans trop exciter le récri.

Le vice-amiral Duperré, l'un des vainqueurs d'Alger (vainqueur un peu toutefois à son corps défendant), fut nommé amiral. Le maréchal Soult, l'un des vaincus de Waterloo, exclu à ce titre de la Chambre des pairs, y fut appelé ; le général Gérard, ministre de la guerre, devint maréchal ; M. Dupin, ministre sans portefeuille, procureur général à la cour de cassation, au lieu et place de M. Mourre démissionnaire, deux nominations où le cabinet se faisait un peu la part du lion. M. de la Fayette reçut le commandement en chef de la garde nationale, énorme mais irrésistible faute que nous faillîmes bientôt payer cher: c'était en faire le comte d'Artois du nouveau régime; puis, sur une moindre échelle, M. Odilon Barrot fut nommé préfet de Paris; M. de Schonen, procureur général de la cour des comptes (ils revenaient l'un et l'autre de conduire Charles X à Cherbourg) ; puis enfin, sur mon insistance personnelle, M. Villemain devint vice-président du conseil royal de l'instruc- Ijon publique.

^^e plus difficile à colloquer, ce fut Benjamin Constant. Sa réputation comme publiciste était

grande et méritée, comme orateur, médiocre; son caractère était peu considéré. Il ne s'était jamais relevé de son aventure des Cent-Jours ; déchu surtout à ses propres yeux, il avait vécu, durant la seconde restauration, dans une société d'opposition qui n'était pas de premier ordre; l'Académie française lui avait obstinément fermé sa porte. Perduy de dettes, épuisé de veilles et de jeu, il n'était guère possible d'en faire un ministre; le duc d'Orléans ne l'avait point appelé à son conseil intime, et, néanmoins, toute position de seconde ligne lui paraissait non sans quelque raison au-dessous de lui. Je fus chargé de lui proposer un siège au conseil d'État qu'il refusa avec hauteur. Je ne me tins pas pour battu. Il entrait dans ma pensée de placer à la tête du conseil d'État le plus important et le plus laborieux de ses comités, le comité du contentieux, en agrandissant beaucoup ses attributions, enle chargeant, sous le nom de comité de législation, de la préparation des lois à intervenir en matière civile et criminelle et de la rédaction définitive de toutes les lois dont le principe aurait été arrêté soit en conseil des ministres., soit simplement en conseil d'État. Je proposai à Benjamin Constant la présidence de ce comité, avec un trai-

tement proporlionné à son importance. Il refusa pour la seconde fois ; mais, au bout de deux ou trois jours, il se ravisa, et je me hâtai de faire signer au roi sa nomination, de crainte que son orgueil ne prît définitivement le dessus. On a beau-y coup parlé dans le temps de quelques arrangements entre lui et le roi par l'entremise de M.Laffitte, sorte de transaction dont Mirabeau avait donné l'exemple lorsqu'il se rapprocha de la cour en 1791 ; j'ignore si ce bruit a quelque fondement; en tout cas, je n'y fus pour rien et je trouvai dans Benjamin Constant, comme on va le voir, un auxiliaire très peu secourable.

Tout étant ainsi réglé du premier coup et tant bien que mal, ce qui pressait le plus, c'était d'entrer en rapport avec les puissances étrangères, et de ne pas rester, au cœur de l'Europe, comme une aventure à la Masaniello. Le corps diplomatique accrédité près de Charles X était, ainsi que je l'ai indiqué plus haut, resté à Paris, et plutôt bienveillant, mais au pied levé, et sans pouvoirs réguliers. Pour en obtenir il fallait écrire, propriâ, c'està-dire regiâ manu, écrire aux têtes couronnées et feur faire accepter le bon frère; et, pour cela, il fallait assaisonner au besoin les lettres de commen-

taires el d'explications orales ; et, pour cela enfin, il fallait bien choisir les messagers qui seraient chargés de ces délicates missions.

Le général Baudrand, devenu le premier aide de camp du jeune duc de Chartres après avoir été son mentor, traversa la Manche ; il fut accueilli à bras ouverts par la population. Toute l'Angleterre était dans l'ivresse presque autant que la France. De ville en ville, de bourg en bourg, fourmillaient spontanément et comme à l'envi des meetings joyeux. Des huslings étaient dressés sur toutes les places publiques, on y célébrait à grands hourras les prouesses de nos ouvriers et de nos gamins, on chantait la Parisienne sur tous les tons, on la jouait sur tous les instruments; pour peu de chose, on eût dételé le post-chaise emprunté par notre représentant à l'hôtel qu'il daigna choisir. Dans une courte excursion que je fis en Angleterre, quelques mois plus tard, sans caractère officiel, et dont je parlerai en son temps, je retrouvai encore en branle tout ce mouvement d'enthousiasme populaire. Il n'aurait guère été possible au gouvernement d'y résister, supposé qu'il y fût enclin; mais, sans le partager, il n'y répugnait pas. Le roi était ami de la France et d'humeur libérale, comme

il le prouva bientôt en soutenant énergiquement un plan de réforme qui dépassa de beaucoup les espérances des plus confiants; ses ministres gardaient rancune à Charles X de l'assistance morale que la France avait prêtée à l'empereur Nicolas dans sa guerre contre la Turquie, et à M. de Polignac de sa persistance dans l'expédition d'Alger, malgré l'opposition de l'Angleterre; ils ne voyaient pas sans quelque satisfaction l'intimité entre la France et la Russie s'en aller à vau-l'eau, et n'étaient pas sans espérance d'obtenir de notre nouveau gouvernement l'abandon d'une conquête qui n'était pas son ouvrage. Le général Baudrand fut donc très bien reçu, et, comme il n'avait à enfoncer qu'une porte ouverte, son savoir-faire ne fut pas mis à forte épreuve.

Les trois grandes cours du Nord devaient être plus difficiles à manier. Restées implicitement dans les termes de la Sainte-Alliance, même en face de la Restauration, notre coup de tête ne pouvait guère que resserrer leur intimité. Ce n'est pas qu'elles eussent vu de bon œil les projets de Charles X : tout au contraire, elles ne lui avaient épargné ni les bons conseils, ni les avertissements salutaires; elles ne s'étaient pas fait faute de lui déclarer qu'il

ne devait compter, de leur part, sur aucun appui. Mais une fois l'événement accompli, il ne s'ensuivait nullement que la reconnaissance du gouvernement révolutionnaire (il faut bien se servir du mot propre) fût de plein droit et allât toute seule. Outre la répugnance, pour des rois de vieille roche, d'iidmetlre dans leur confrérie un nouveau venu, disons mieux, un parvenu au moins suspect, il y avait la crainte de l'exemple et le danger de la propagande. Il fallait s'attendre tout au moins à ce que la reconnaissance n'eût lieu que de concert entre les trois alliés, et après entente préalable. Jusque-là nous restions sur le quivive.

Le général Belliard lut envoyé à Vienne; le comte de Lobau (l'un des membres de la défunte commission municipale), à Berlin; le général Athalin, aide de camp du roi, à Saint-Pétersbourg.

Leurs instructions étaient identiques.

Elles se réduisaient à ce peu de mois : Si l'Europe ne nous suscite pas de difficultés au dehors, nous emploierons tous nos efforts à maintenir en France le régime monarchique, et à réprimer toute propagande. Pourvu qu'on reconnaisse à la France le droit de disposer d'elle-même, elle respectera les

traités qui forment désormais la base de l'ordre européen.

Ce langage fut bien accueilli à Berlin, où le caractère et le nom du comte de Lobau étaient bien connus et généralement respectés ; il le fut mieux, encore à Vienne. L'Autriche s'engagea, de son'' côté, à ne permettre sur son territoire aucune intrigue contre le nouveau gouvernement français, tout aussi peu celles qui proviendraient de la famille déchue, dans le cas où cette famille y viendrait chercher un asile, que celles qui auraient pour but le jeune duc de Reichstadt. M. de Metternich alla jusqu'au point de nous honorer de ses bons conseils. « Il y a, dit-il au général Belliard, deux^ nobles entêtés dont, vous et nous, devons également nous défier,' bien qu'ils soient gens d'honneur et nobles gentilshommes, le roi Charles X et le marquis de la Fayette. Vos journées de Juillet ont abattu la folle dictature du vieux roi, il vous faudra bientôt attaquer la royauté de M. de la Fayette; il y faudra d'autres journées, et c'est alors seulement que le prince lieutenant général sera vraiment roi de France. » Cette conversation était de bon augure et l'anecdote est vraie, bien qu'elle ait été rapportée par M. Gapefigue.

Mais le nœud de la reconnaissance n'en restait pas moins à Saint-Pétersbourg, puisque, entre les trois alliés, rien ne se pouvait arrêter que de concert, et, de quelque désapprobation que l'empereur Nicolas eût frappé, avant l'événement, l'entreprise de Charles X, l'expulsion de ce prince ne l'atteignait pas moins sur un point sensible. Charles X était son bon ami, son féal; il y perdait précisément ce que l'Angleterre y gagnait, et, déplus, il se sentait blessé dans son amour-propre : ce rôle d'Agamemnon, de roi des rois, de chevalier des grands principes qu'il affectait en Europe, depuis nombre d'années, se trouvait fort ébréché par l'admission d'un intrus dans le sénat des têtes couronnées; aussi avait-il d'avance détourné, autant que possible, cette coupe amère de ses lèvres, et annoncé, avec force rodomontades, qu'il ne reconnaîtrait le duc d'Orléans qu'en qualité de lieutenant général nommé par Charles X, et que rien ne l'obligerait à transiger avec son honneur.

La lettre qui lui devait être adressée exigeait donc, de la part du roi, un mélange de dignité, de réserve et de ménagements difficile à concilier; elle fut rédigée par M. Mole avec beaucoup d'art et de mesure ; le cabinet l'adopta intégralement;

on en peut trouver le texte dans les journaux de l'époque et dans les historiens, le secret n'en ayant été gardé, ni par nous ni par le destinataire, et les commentaires ayant légèrement été leur train.

Le temps porte conseil. Cette lettre trouva la disposition de notre autocrate fort amendée. LeK général Athalin fut reçu non seulement avec courtoisie mais avec cordialité; il eut tous les honneurs de règles et de complaisance : fête à la cour, visite aux colonies militaires... « Je comprends, lui dit l'empereur, la situation du roi Louis-Philippe, je comprends la nécessité, le dévouement, le sacrifice; mais quel dommage qu'il ait licencié cette garde royale si noble et si fidèle ! > Ce n'était pas là le langage qu'avait entendu au premier moment notre chargé d'affaires, M. de Bourgoing. La réponse K au roi du Palais-Royal par l'empereur, datée de Czarskoë-Selo le 18 septembre, fut grave, irré- '■ prochable sans être affectueuse, le mot de frère y manquait, et notre roi en fut plus piqué que nous.

Le roi de Prusse et son autre allié s'exécutèrent de meilleure grâce; poignée de main franche et sans coup de patte.

En Italie, point de difficultés; en donnant le bon exemple, FAiitriche maintint le saint-siège en bonne voie; refus néanmoins du duc de Modène, .dont nous ne fîmes que rire.

"■^L'Espagne y mit plus de façons : le roi permit à M. de Saint-Priest, ambassadeur de Charles X, de rester à Madrid, à peu près en cette qualité, et de paraître à la cour la cocarde blanche à son chapeau. On ne se faisait pas faute d'annoncer que M. de Bourmont, le vainqueur d'Alger, tout frais échappé de sa conquête, viendrait planter le même drapeau au sommet des Pyrénées, et que madame la duchesse de Berry l'y rejoindrait en personne; peu s'en fallut que le chélif tyran de l'Espagne, le restauré de notre Restauration, n'y compromît sa frêle couronne.

Aux premiers accents de la Parisienne, en effet, toutes ses victimes, tous les exilés, tous les réfugiés de son pays, étaient partis à toutes jambes pour la frontière, afin d'y préparer une invasion à main armée; les noms, les plus illustres, alors et depuis, Martinez de la Rosa, Torreno, San-Miguel, Isturitz, Valdes, Rivas, Mina y prêtaient l'autorité de leur aveu et de leur personne. Ils avaient pour point d'appui un comité de patriotes français sous le pa-

tronage semi-officiel de M. de la Fayette, et n'allaient à rien de moins qu'offrir la couronne d'Est ' pagne au duc de Nemours, et voire même celle de Portugal, en lui faisant épouser l'infante dona Maria.

Nous n'eûmes garde d'entrer dans ce jeu-là; c'était, pour nous, bien assez du nôtre ; c*eût été d'ailleurs donner à nos principes de conduite le plus téméraire et le plus flagrant démenti. Le gouvernement se borna à fermer les yeux sur les allées et venues des réfugiés; formés bientôt en petit corps sur la frontière, ils espéraient que leur présence suffirait à faire soulever la Biscaye et la Navarre ; mais rien ne bougea. Il suffit, néanmoins, de ces quelques menaces pour venir à bout du courage et de la générosité chevaleresque de Ferdinand VII. Il nous fit savoir qu'il était tout prêt à reconnaître le roi des Français et à dissoudre tout rassemblement légitimiste sur son territoire, à charge de revanche; plus de difficulté dès lors, de notre part ni de la sienne; il en coûta cent mille francs au roi V sur sa cassette personnelle, pour dégager M. de la Fayette d'une promesse inconsidérée; le peu d'efforts tentés par ces pauvres réfugiés n'eut aucune suite, ni même aucune chance. Il en eût peut-être

été autrement si nous nous en étions mêlés pour tout de bon.

Tandis que le roi, de concert avec nous chétifs, s'appliquait ainsi à régler peu à peu la situation, deux énormes tuiles lui tombèrent tout à coup, et coup sur coup, sur la tête, je veux dire deux catastrophes, l'une imprévue, l'autre, par malheur, facile à prévoir.

Le 17 août, quinze jours après le 11, c'està-dire après l'avènement de la royauté nouvelle, le dernier des Condé, le duc de Bourbon, fut trouvé mort dans sa propre chambre, dans ce même château de Saint-Leu où, la veille des ordonnances, il avait festoyé le duc d'Orléans; où, le lendemain de notre victoire, il avait reconnu et félicité le roi des Français.

Rien ne faisait présager un tel événement. Le duc de Bourbon s'était couché à son heure ordinaire; aucun bruit n'avait interrompu, dans le château, la tranquillité de la nuit. Le malin, son valet de chambre, trouvant sa porte fermée en dedans et n'obtenant point de réponse, quelque haut qu'il criât, quelque fort qu'il frappât, se décida à faire enfin enfoncer la porte. « Le premier coup d'œil qui s'offrit aux yeux des assistants fut le

cadavre de cet infortuné jvieillard suspendu par deux cravates de soie liées en doubles anneaux au bouton de l'espagnolette d'une croisée de la chambre. »

A cette triste nouvelle, immédiatement envoyée au Palais-Royal et annoncée d'abord comme une apoplexie foudroyante, M. Pasquier, M. de Sémonville, assistés du garde des archives de la Chambre des pairs, se rendirent en hâte à Saint-Leu pour dresser l'acte de décès. Le corps, dans la position où il avait été trouvé, accroché plutôt que suspendu, les genoux ployés, les pieds presque pendants sur le tapis, leur fut présenté, et le procèsverbal signé par M. le comte de la Villegontier, premier gentilhomme de la chambre du prince, et par le comte de Ghoulot, capitaine général de ses chasses... La justice locale et le procureur général vinrent immédiatement pour reconnaître le corps et les lieux. Les premiers médecins et chirurgiens mandés pour procéder ou assister à l'autopsie (Marc, Pasquier, Marjolin) n'hésitèrent pas à déclarer que la mort du prince , causée par la strangulation, devait être le résultat d'un suicide. La face était violacée, la langue sortant entre les dents ; les parties supérieures n'offraient aucune autre

32 S0T3VENIRS.

lésion qu'une empreinte légère de la cravate; ses jambes offraient de légères ecchymoses attribuées au frottement contre la croisée ou contre la chaise sur laquelle le prince avait dû monter, et qui se trouvait renversée à peu de distance de ses pieds. L'examen des organes renfermés dans les cavités abdominales et Ihorachiques ne présentait rien d'extraordinaire ; mais, en observant attentivement le cerveau, on reconnut un ramollissement de la pulpe cérébrale qui semblait menacer d'une aliénation mentale.

J'entre dans ces détails textuellement extraits des documents officiels, afin de bien montrer jusqu'où peut aller, dans ses excès, l'entraînement de l'esprit de parti. Croirait-on qu'il s'est rencontré en très grand nombre, au premier moment, et qu'il se rencontre même encore aujourd'hui, bien qu'en très petit nombre, des légitimistes honnêtes, sensés, plus enclins à douter de la sincérité des témoins, des gens de l'art et de la justice qu'à considérer la mort du duc de Bourbon comme un suicide, le tout afin d'imputer, gratuitement et de gaieté de cœur, un assassinat au roi Louis-Philippe, le plus proche parent de cet infortuné, son ami, le seul de la famille qui se fût empressé de le recon-

naître et de se déclarer son sujet ! Certes, s'il y avait homme en France pour qui la vie du duc de Bourbon dût être précieuse, pour qui la mort du duc de Bourbon fût un coup sensible, dans la crise où nous nous trouvions, c'était notre roi d'hier. Combien n'aurait-il pas été plus facile, si l'ombre même du doute eût été possible, de rétorquer l'accusation et d'imputer l'assassinat prétendu à la vengeance de quelques légitimistes furieux et au désespoir? Mais que répondre dans l'une ou l'autre hypothèse à ce papier écrit de la propre main du duc, et trouvé dans sa propre cheminée, parmi d'autres papiers qu'il y avait jetés pêle-mêle,. la veille de sa mort; c'était une proclamation adressée aux habitants de Saint-Leu et conçue en ces termes?

« Saint-Leu et ses dépendances appartiennent à votre roi Louis-Philippe ; ne pillez ni ne brûlez le château, ni le village; ne faites de mal à personne, ni à mes amis, ni à mes gens. On vous a égaré sur mon compte. Je n'ai qu'à mourir en souhaitant bonheur et prospérité au peuple français et à ma patrie.

Page 1