‹ Souvenirs, 1795-1866:Chapitre 52 sur 223 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Vernet, directeur de l'Ecole des beaux-arts de France à Rome. Ce grand peintre était l'ami de mon beau-père, le généra] comte Dulong de Rosnay, dont il nous parla avec beaucoup d'affection. Je ne l'avais jamais vu, mais j'avais fort connu son père, M. Carie Vernet, du temps où j'étais aux gardes du corps (1).

Je vais consigner ici une des choses qui m'a le plus frappé, parmi toutes les choses nombreuses, si divei'ses et si belles, qu'on peut voir à Rome. C'a été de contempler, dans une des armoires à glace du trésor du Vatican, le singulier cadeau du roi Antoine de Saxe. L'habit, la veste et la culotte que ce prince a portés, le jour de son couronnement, sont là, étalés, derrière les vitres!... Il est vrai que les boutons sont des diamants! Bizarre idée que celle d'exposer ainsi, en un saint lieu, sa culotte aux yeux de tout venant! C'est une idée, cependant, que l'on ne s'étonne pas trop de savoir jaillie du pauvre cerveau du Roi de Saxe, ce « pauvre sire ».

Nous trouvâmes dans le port d'Ancône le bâtiment à vapeur de la marine anglaise, V Africain, capitaine Kennedy, Nous quittâmes le port le 30 juin, à la nuit tombante, et, le 3 juillet (1829) à 6 heures du matin, nous prenions pied à Corfou.

(1) Voir chap. n.

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