GUÉRISON ET RETOUR
« en très-bonne santé. Amanry a supérieurece ment supporté la route, et j'espère te le rame- (( ner plus fort et bien portant. Nous étions (( comme de vrais princes dans notre calèche; « le malheur est que nous ne puissions pas la (( garder jusqu'à Paris. J'ai peur que les trois « nuits à passer ne fatiguent beaucoup notre « malade. Nous quitterons Lyon mercredi ma- (( tin, nous serons le soir à Chalon, et sûrement « vendredi ou samedi à Paris. Fais préparer « la chambre pour Amaury, passer le grand « canapé dans ton cabinet. Tache que ma fille « se trouve là à mon arrivée, ainsi que mes (t tantes; mais que personne ne vienne aux voi- (( tures, d'abord parce que nous ne savons pas « l'heure à laquelle nous arriverons.
(( Il est inouï combien le voyage a fait de « bien à Amaury; c'est lui qui m'a soignée en « roule, car j'ai pris un rhume violent et la « fièvre; je l'ai même encore. Mais qu'importe! « il faut arriver à Paris. Nous avons eu des « temps horribles tout le long de la route; le «Rhône débordé, impossible de passer; la « Soignes, la Durance, l'Isère, tout cela par
« voies et par chemins. Je n'ai pas vu de speci( tacle plus effrayant : des champs entiers dec( venus des lacs. C'était superbe, mais affreux « pour des voyageurs.
« Adieu, cher bon père; prépare- toi à nous (( bien recevoir. Nous t'embrassons tous deux.