‹ Souvenirs à l'usage des habitans de Douai, ou Notes pour servir à l'histoire de cette ville, jusques et inclus l'année 1821Chapitre 116 sur 163 · SINGULARITÉS, USAGES · texte numérisé non relu

SINGULARITÉS, USAGES

Pain vendu au poids. Avant le 14 août 1773 1 le prix du pain était toujours le même, mais le poids variait suivant le prix; du blé. A cette époque, les échevius ordonlièrent aux boulangers de vendre leurs pains au poids et à la livre de 16 onces de marc.

Nature des viandes exposées eu vente par les bouchers , indiquée par des banderoles des couleurs ci-après : (Art 3t du règlement du 10 avril ijSg ).

Bœuf. Banderole verte. — Vache. Banderole blanche. — Taureau. Banderole rouge, — Brebis. Banderole jaune, Mou* Xoru Banderole bleue.

1*0 vigne çultivée à Douai. Aux i3.*

548 SOUTENIRS et i4-€ siècles , on fabriquait en cette ville environ 20,000 pots de vin par an. Les plus grands jardins a vigne étaient situés sur remplacement actuel de l'arsenal, et aux environs des Trinilaires.

Vers 1764, M. Canquelaio, étant directeur des Capucines , contribuait de ses conseils à la fabrication de deux pièces de vin par an.

Enseigne des débitons de petite bierre.

En exécution d'un règlement porté par les échevins le l.er février 1710 , lequel fut republié le 4 avril 1771, ces débitans étaient assujettis à pendre, à la perte de leurs maisons , un marteau de bois , qui était leur enseigne ordinaire.

Friandises qui ne sont connues qu'il Douai , et que fabriquent les boulangers de cette ville. On vend les Loés et les

Banaux durant le carême ; les premières se mangent pour déjeûner , et les autres pour le goûter. <

Ou mange des Flans, soit au dîner, soft au goûter , depuis les Pâques jusqu'à la Pentecôte ; après cette époque , et pendant toute l'été , on fait usage de dorés aux mêmes repas.

Les

DES HÀBtTÀNS DE DOUAT. 54g

Les Clincarls et les Paùis d'épice d'anis* sont encore des productions spéciales de cette ville; les premiers ont la forme d'une gauffre ; ils se vendent 3 deniers chaque ; les autres sont d'une forme circulaire, et valent un sol et demi pièce. Ces deux objets sont tombés de mode.

Dès avant 1786, les boulangers avaient cessé de confectionner des Coukes au sucre , qu on servait au déjeûner. Le 4 décembre de cette année , ils cessèrent de présenter à leurs pratiques de longs gâteaux qu'on .nommait Quéniolcs*

Le Cafouillage est un mets très -ancien* Un éci ivaiu satyrique a cherché à le tourner en ridicule. Il n'est pas moins recherché par le peuple. 11 consiste à placer , dans le fonds d'un plat , des pommes et des oignons , à les surmonter d'une pièce de laid, et à faire cuire le tout au four*

Glacières. Dans le voyage que fit Louis XV à Douai, en 1745, on demanda des glaces pour sa table; on n'en trouva point en yiile , quoique trois glacières existaient : Tune près la porte de Valcnciennes , l'autre près la perte de Lille, et la 3/ au bastion des Tan-

C ce

55o SOUVENIRS Heurs, au levant de la porte d'Ocre. Aucune d'elle* n'existe plus; elles ont été détruites durant la révolution.

Produits des travaux des Religieuses de quelques couvais de Douai. Les religieuses de St Thomas fabriquaient le paia qui servait pour le St Sacrement de l'Eucharistie.

Les Clairisses faisaient des postures de bergers et bergères, etc, destinés k adorer l'enfant Jésus , lors de sa naissance ; c'est ce qu'où appelait les élémeps d'un Bethléhera, qui servait a amuser les enfans, et a leur retrar çer les principaux mystères du Christianisme»

Les Dames de l'abbaye de Sin faisaient do la confiture de gelée de grosellcs, des cerises confites et de la marmelade de pommes de coin ; elles excelîaieut sur-tout dans la confection çtc noix confites.

Le Rcchcnc à poires cuites. Il consistait en t*ne collation que les échevius offraient *US ûidividus qui se présentaient pour se rendre adjudicataires des octrois. La colla» tio/i da 4 octobre 1523 coûta, 643 livre* \$ sols.

ÇkoquQ ffc Nv&ï Depuis ua temps tant*

Î>ES HABIT ANS X& IÏOUAI. 55 1 înorial, les échevins donnaient chaque aunée ; la veille de la Noël , une portion de bois ; cet usage fut supprimé par les allies, en 17 11$ comme n'étant que le résultat d'un abus $ il fut rétabli- le 23 décembre 1713, et al encore subsiste' quelque temps.

Quantité de bois donné en 17 10. A chaque sergent à verge, 5 faisceaux. Aucha* pelain f 10. — Auxoncicrge , 8 --- Au commis aux travaux, 8. Au messager, 1 17*2* --- Aux huit sergens de bailli, 4° bûches.

— Aux valets des six - hommes , 5 faisceaux.— A chacun des 'clercs du greffe, 5.

A chaque portier ,1. —-Au geôlier , 2.

— * A l'exécuteur des hautes - œuvra , I.

— A chacun des quatre wetles, 1 faisceau» PourcJaaiLX de St Antoine! Des porcs

appartenant aux marguillers ou h la confrérie de St Antoine , avaient seuls le droit de parcourir les rues; on ne les laissait aller au marché aux grains,qu'après la cloche du ressoit sonnée (du goûter) ; quand ces porcs étaient biens gras, on les vendait au profit de l'église ou de la confrérie. Ces animaux ayant mutilé plusieurs enfaas , il fut ordonné de les ren* fermer en 1611.

55a so uv «mua

Mariage d'une demoisselle catholique avec» un individu delà R. P. R. Cette cérémonie qui eut lieu dans l'église, en vertu de bulles du pape, fut accompagnée de cérémonies spéciales prescrites par les canons. i3r.o. 3 décembre.

Testamens. i5îi. Pour tester h Douai, il fallait pouvoir passer le ruisseau devant sa demeure, et Pacte devait porter que le testa* teur pouvait et avait passé le riot.

Marteaux de StEloi On gardait, dans la chapelle de la Magdelaine , k St Pierre , deux petits marteau?- de 1er, quou disait avoir appartenu a St Eloi. Les propriétaires des chevaux les amenaient au portail de ladite église de St Pierre , le i." décembre. Un prêtre faisait, devant ces animaux, le sign« delà croix avec ces marteaux, el\eur jetait de l'cau-benitc. M. deCouzié,ëvèque d'Arras, proscrivit cet usage en 1770.

Feux de St Pierre et de St J ean. Oa allumait ces feux, dans chaque rue, dnraut ks soirées des *4 et 29 juin. Les enfan* allaient de porte en porte demander du combustible , en criant : St Pierre est quéu din liau, St Jean l'a rassaquê : du ho pour

»ks HABiTÀNS rm DOUAI. 555

les récaufer. Ces feux ont été défendus par

la police, les *4 jum l19* ct 2% jum *797« Ongiiie des cris v'ia Louis, pendant le Carnaval à Douai Environ Tau i^oo,.

le fils d'un riche particulier de cette ville était depuis long-teuips eu voyage. Las enfin» de courir le monde , il manda à sou père qu il le revenait au carnaval. Toute la famille , tous les amis du jeune homme , nommé Louis , s'empressèrent d'aller à sa rencontre , au- jour indiqué. Du plus loin 'qu'ils' Taper-* purent , ils s'écrièrent spontanément : VHà Louis. L'ayant vu de plus près, ils remar~ quèrent que les fatigues de ses voyages l'avaient rendu presque chauve, et qu'il ne lai restait qu'une très-petite queue ; ils le ramenèrent en ville, en criant : Via Louis r avec s'queue à? radis*

Le Bourdir. Durant les .soirées des deux premiers dimanches de carême , les enfanscouraient les rues, en tenant au bout d'un* fcàton des cordages arrangés en forme circulaire, qu'ils avaient enflammés, après les> avoir trempés dans des matières grasses ou résineuses. Cet usag*», qui sans doute prit son* «figtae dans les procédas employés dan6 les*

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