EGLISES COLLÉGIALES
§. h** Collégiale et Chapitre de
Sù Amé.
a collégiale de St Ame , qui avait rem* placé les Bénédictins venus de Merviile en fc^4-» n "était point soumise à la jurisdiciiou de l'évèque ; elle avoil à cet rgard y en sa faveur, les «montés des c'vcqoes de Cambraiet d'Arias, Gcïaid M et Lambert l.CT, des années îotti et 1097 , et 1rs bulle* de5 papes Paschal 11 et deLuciu* II, de il 19 et 1 149.
En i32o, i33oet 1 35 1 , les Rois de France Phiiippe-le-Long, Philippe-de-Valois et Jean, donnèrent au bailli-général d'Amiens, la garde et conservation des droits du chapitre de St Ame, et lui attribuèrent la connaissance de toutes ses causes , sauf l'appel au parlement de Paris. Charles-Quint , par ses lettres-patentes du 27 août i53o , conféra celte attribution au conseil provincial d'Artois, et Louis XIV 7 par celle qu'il rendit le 9 février 1G68 , prit le chapitre , ses ofliciers , suppôts et leurs domai-
lies , sous sa protection spéciale, et commit les officiers dudit conseil pour les garder et maintenir en leurs privilèges , et pour juger les ■appels des sentences des bailli et hommes jugeant au cloître dudit St Amé, à la charge de l'appel seulement au parlement de Paris. Cél étal de choses (ut maintenu par l'arrêt du conseil d'état du Roi du 19 juin 1717.
Le chapitre de cette collégiale était composé d'un prévôt à la nomination du Roi , de quatre dignitaires électifs par le chapitre , de vingt-un chanoines capitulâmes , et de deux semi-prébendes ; le prévôt nommait à tous ces bénéfices , à la réserve de la prébende diaconuic et des scuii-prcLeudcs, qui étaient à la
DES HÀB1TÀN3 DE DOUAI. 9 nomination du chapitre. Trénte-linit bénéficier* étaient en outre attachés à cette collé» gialc.
Celte église fut reconstruite à la fin" du 12* siècle ( en 1191 ).
Ce fut dans l'église de cette collégiale que Jksus Christ se fit miraculeusement voir sous trois formes différentes , dans une hostie consacrée le jour de la troisième fête de Pâques
de fan 12 54*
Le 2* septembre i57a , sa sacristie fut brûlée , et l'église éprouva un grand dommage par cet accident.
Le 9 juillet i5z3 , le sufTragant de l'évêché d'Arias consacra de nouveau cette église.
Le 10 aoô.1 i63o , lors de la reconstruction , de la chapelle du Saint Sacrement, il fallut
Nota. Si la majorité des souscripteurs eu exprime le vœu, on donnera lu nomenclature, autant qu'il sera possible de le faire, des prévois de cette collégiale, ainsi que de celle de St Pierre ; de même que de* abbes*es des Présf de Sin , etc ; celle des professeurs de l'Cnivtr-ilé, des membres du parlement de ilundieset des autres Autoriu-s. Ou *cra charmé d'avoir leur assentiment \\ ce sujet, pour ne pas trop gi o**ir 1 ouvrage , contre leur gré.
10 SOUVENIRS abalre, en cet endroit, un tilleul qui axait plui de cent ans, sur les branches duquel on. pouvait banqueter.
Le 8 octobre iG5o, les échevins furent les parrains de la grosie cloche qu'on bénissait en ce jour.
Eu 1771 et 1772 , le chapitre fit procéder a l'embellissement de son église , à la réparation cl à l'exhaussement de m tour , qu'il fit surmonter d'une flèche , sur les dessins et la direction du frère Usmcz , brigiltiii de la maiion de Péruwetz»
Le 24 février 177 3, la croix, placée au sommet de ce clocher, fut jetée bas par l'ouragan.
Le 2ù\ octobre 1776 , M. de Raust de Berchem, officiai .et depuis prévôt de celte collégiale , d'après la commission spéciale de Tévcqued'Arras, bénit le Lu- le dcSt Amé, et y transféra ses reliques. Ce buste, parfaitement exécuté en argent, était le fruit de la libéralité de M. le Vasseur , chanoine de cette église.
Le 19 octobre 1776 , suppression de la cérémonie publique , dite de la Candouilie à St Amé; elle consistait en ce qu'un habitant de la commune de la Comté, canton d'Aubigny , arrondissement de St Pol , venait, chaque année , à la te le de la procession, faire répara-
DES ÏÏÀB1TÀNS DE D0T3ÀI. II tion au chapitre , du tort qui lui avait été fait dans ses propriétés , au i5.e siècle.
Le 17 novembre 1790» en exécution de»
décrets de rassemblée nationale et des ordres de l'administration du département , un commissaire nommé par elle, apposa les scelles sur le chapitre.
La loi du 24 mai 1 798 autorisa la vente de l'église, pour établir un marché sur son emplacement : cette vente eut lieu le 16 juin suivant.
Le 1 1 octobre de la même année , des mineurs de la garnison firent tomber une partie de la tour, l'autre fut jetée bas le 22, novembre suivant.
On a pensé qu'il convenait de placer a la suite de V article concernant le chapitre de St Ame , les extraits suivans ; ils sont tirés de Vhistoire sacrée des saints de la ■province de Lille, Douai et OrcJiies, et de l'histoire sacrée des saints, ducs et duchesses de Douai. Les observations auxquelles ils pourront donner lieu , feront connaître leur valeur*
1 . L'an 496, !c grand-pere de Ste G crlrude, xlucliesse de Douai , fut ban i hé avec le B.oi f Clovis. *
la SOUVENIRS
2. En 538, Théobalde, ducde Douai , pcre de Ste Gertrude, construisit la chapelle Rouge, à Teudroit où fut depuis érigée l'église de Notre - Dame , qui postérieurement prit le nom de St Ame'.
3. Eu 587, Ste Gertrude, fille de Théobalde , duc de Douai , après avoir épousé le duc Rigomer ou Rikomeris , fonda et dotale monastère d'Hamage.
4. Vers 5g5, Ausbert, duc de Douai , fils unique de Ei orner et de Ste Gertrude , après avoir épousé Blitilde, dite Gerbette , sœur du Roi Dagobert , en eut trois lîls , qui furent nommés Adabalde , Erquenyalde et Sigebert.
5. Vers 610, S t Amand, qui devint ensuite cvêquede Maéstrecht, donna ses soins à l'instruction d'Adabalde , duc de Douai , fils d'Ausberlet de Blililde.
6. En 626, Adabalde alla à Metz, a la cour de Clotaire "son grand-père et de Dagobert «on oncle.
if-
7. Vers G33, Aribert, Roi d'Aquitaine, de concert avec Dagobert son demi-frère, envoya le duc Adabalde v<rs Toulouse , et le chargea de soumet Ire la province à son obéissance. Le duc ayant coaibattu et vaincu Lrnoldc,
chef
DES HABIT ANS DE EOlTAl. l3 chef des Visigols , épousa Rictrude sa fille, cl recul du Roi , en récompense de ses services , le lilrc de vice-Roi de îa Gascogne.
8. En 633, Adabalde rnit la première pierre à l'église , au château et à la ville que son frère Ercherivalde faisait construire à Douai.
c). L'an 645, Adabalde étant relourné eu Guyenne , y trouva les deux frères de son épouse : l'un d'eux lui fit sauter la tête d'un coup de sabre.
10. En Van G53 , SleRictrude, veuve du duc Adabalde, présenta a la sainte Vierge , ses trois filles, nommées Clotsende , Eusébia et Adalccndis , dans l'église que son beau»frère Erchenvalde avait fait construire à Douai,
1 1. Vers Tan 673, St Maurand , fils du duo Adabalde et de Sic Rictrude, avant d'embrasser Téiat monastique , étant allé faire ses adieux à la cour du Roi Théodoric III, fut chargé, par ce monarque, de la* garde de St Arué, éveque de Sens. Le noble duc , après avoir achevé son noviciat k Mai-chiennes, sous l'abbé Jonas, fit sa profession entre les mains ile St Amand.
12. St Maurand , avant sa profession, avait érigé un monastère a Mcrvillc, et St Amand lui
en avait ensuite donne la direction. Le fondateur céda cette direction à St Ame , et ne la reprit qu'à la mort de ce prélat , arrivée le i3 septembre 68g.
13. En 690, après le décès de St Amé , le RoiThiéri III , informé des miracles opérés sur ïe tombeau de ce saint , s y transporta, et 'se repentit des vexations quil lui avait fait éprouver.
14. Le 28 avril 698 , Ravangério , e'véque de Térouanne, consacre, a Mervîile, l'église de Notre-Dame, que St Maurand avait fait construire, et à laquelle il avoit donné tout ce qu'il possédait, tant à Douai qu'ailleurs. Lors de celte solemnité, le corps de St Amé fut transféré dans une châsse nouvelle.
15. Le 5 mai 701, St Maurand mourut à Marchicun.es, où il était allé pour affaires. Sont corps fut réuni ;'i celui de Ste Rictrude,sa mère.
16. En 8§4 . Charles -IerChauve , Roi de France, et Baudnin I.Cr, dii Bras-de-Fei\ comte de Flandre/ .consultèrent les ëvéques et les principaux -ligueurs du pays, sur la demande des Bén^-dii Uns de Merville, qui , après s7étre réfugié, a Douai , à cause des ravages des Bar- -fcarcs, sollicitaient la permission de s'y fixcfc
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DES H ABIT ANS DE DOUÂT. l5 L'avis ayant été favorable à ces religieux, ils furent autorise's a s'établir dans 1'e'glUe de* Notre-Dame, que St Maurand leur avait donnée, et dans laquelle ils avaient dépose le corps de St Ame; ce qui fut la cause que celte église prit le nom de ce saint.
17. Les Normands continuant , vers 880, i ravager le pays , le corps deSt Amé lut transporté k Soissons : on ne le ramena U Douai quen8g6, lorsque le calme fut entièrement rétabli.
18. Lan 1078, Gérard II , évêque de Cambrai et d'Arras, assolé du prévôt Rémare , transfère le corps de StAmé, qui était cbns line ancienne caisse*, en une chasse donnée pair, Waltérus, châtelain de Douai.
19. Vers 1170 , les Bénédictins venus der Slervillc à Douai, furent sécularisés.
20 En 1222, Ponlius, évêque dArras,cousacra l'autel du Nord , à St Ame, en l'honneur de la Ste Vierge, et y déposa de* reliques de la vraie Croix.
' ai- En 1270 , Henri de Mûris, évêque ds Térouanne , administra Tordre de la prêtrise en l'église de St Amé.
22* Le 2 1 juillet ligS, sous le règne de Phf-