‹ Souvenirs à l'usage des habitans de Douai, ou Notes pour servir à l'histoire de cette ville, jusques et inclus l'année 1821Chapitre 39 sur 163 · ÉTAT MILITAIRE · texte numérisé non relu

ÉTAT MILITAIRE

Ce titre donne matière a parler encore da ïëtat primitif de la ville de Douai, et de la valeur de ses habitans. 11 en a été fait menr tion aux pages 1 et i3i.

On doit ajouter ici que cette ville doit son origine a une peuplade qui occupait un tertre d'une demi-lieue de tour , environné de marais ; il était borné sur ia rive droite de la Scarpe , par un canal qui , en partant du pont des Augustin* f passait le loog de la ruelle des Arbalétriers, par la rue de Paris, la ruelle des Archers , ie pont des Récollets, le petit Canteleu , le pont St Jacques , et qui Tenait, derrière les rues de Jcan-de-Gouy et des Chapelets, aboutir à la Scarpe > * peu de dislance, et en avant du pont de Tournai* Soi* la rire gauche de la Scarpe un autre canal formait ses limites; il passait de la rue cTArras, à celles d'Esquerchin, dû Blocq, il la Prairie; et se réunissait à la rivière, »

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avant du pont de Tournai énonce ci dessus.

Le nom de cet endroit est la preuve de sa situation ; car du , qui est l'abrégé de duclus , conduit, cl<n\qui\cn langue celtique, veut dire eau , signifient que cette bourgade était, entourée d'un canal.

Le château Bourgeois, Douaveul , ou le petit Douai , forma eut partie de la bourgade ; ils étaient aussi entourés de canaux. Le cliâleau ou forteresse, établi vers le 10." siècle, pour protéger la ville, fut de mime entouré d'un canal. On le voit encore sur la rive gauche de la Scaipe ; il fait !c tour de la fonderie , sur remplacement de laquelle le château était érigé.

Les habitans de cet endroit conservèrent leur liberté, en payant des droits peu onéveux , et s'acquirent bientôt la considération de leurs Souverains. On vij . dès Tan 930 , Hugues Capct , le duc de Lorraine, le comte de Flandre cl Louis d'Outremer, se disputer la possession" de cette place, *l l'assiéger loura-iour. Seuls 'abandonnés de leur comte, ils se défendirent , pendant plusieurs jours , contre le Roi Lothuirc, les comtes de Bout-

gogae, de Ycïiuaudpis , etc. .

En io35 , les habitans de Douai s'assemblèrent , et délibércient sur le parli qu'ils prendraient dans la guerre d'entre leur cvëque et leur châtelain.

. Quoique vivement sollicites en 107 r , par Robert-ie-Frisori , ils prirent coutre lui le parti de Eichilde et de sou fils Arnould, comte, légitime de Flandre; ils demeurèrent alors quelque temps sous la domination des comtes du Hainautjel ces princes étaient si glorieux de les gouverner, qu'ils ajoutèrent à leurs titres, celui de comte* de Douai.

Le comte de Flandre Robert de Jérusalem, voyant avec peine une place aussi importante qne celle de Douai, séparée de l'ancien domaine de Flandre, parvint k se la l'aire remettre en 1106 , par le comte Bauduin : celui-ci, trop faible pour se venger de la perfidie de son cousin, eut recours à l'empereur Henri V , qui viut, Vannée suivante, assiéger le comte de Flandre , renferme' dans . Douai : ce prince avait su gagner l'amitié des Donaisiens, qui le défendirent vaillamment; ils essuyèrent trois assauts successifs, après lesquels le siège fut levé. Le comte leur . en témoigna largement sa gratitude.

l8o SÔtTVEHIRS

Le il juillet i3ia, Robert III, 23 e comte de Flandre, pour être déchargé des 10,000 livres de rente qu il devait à Phil ppe le Bel , lui céda les villes de Lille , Douai tt Bethune. ïroyez ensuite le 2 e alinéa de la i.re page.

Le 16 août 149^7 Philippe-lc-Beàuralitîa le li ai lé de Senlis ,par lequel le Roi de France s'engageait a ne l'aire de poursuites que par voie amiable , pendant sa vie et celle de l'archiduc , à Tégard des villes de Lille , Douai et Orchies.

Le 16 juillet i5i4> le comte de Nassau, capitaine - général des pays sous la domination de l'archiduc Alaximilien , régent pour Charles-Quint, venant da Hainaut , pour se rendre à An as avec mille chevaux, prétendit loger a Douai Sa suite fit ombrage ; on lui refusa l'entrée de la place. Le capitainegénéral en eut du ressentiment. L'abbé d'Anchin, avec M. de Bénicouit, parvinrent à le calmer Les échevius allèrent à sa rencontre , et le' supplièrent de prendre la ville en sa bonne grâce.

Par le traité des Dames , conclu a Cambrai le 3 août 15-29, François l/r renonça à ses droits sur le comté de Flandre.

»es hAbttAns dh douai. i8r

Le ^4 novembre 1 535 , les habitant empêchèrent les Espagnols de faire entrer en ville une garnison plus forte. Il est à observer qu'en ce temps, les bourgeois seuls 'gardaient les portes, en tel nombre que fussent les troupes de la garnison, et que ce ne fut qu'en 1672, que la garde desdites portes fut confiée aux soldats.

Le s5 août i555, il y eut unchocénfre les garnisons de Douai , d Àrras et de Bapaume, et les Français qui avaient fait une excursion jusqu'à Brebières.

Le 16 avril 1579, des gendarmes de Flandre , et des bourgeois bannis k cause des troubles des i5et 16 octobre 1578, ten« tèrent de surprendre la ville , par la porte d'Ocrc. Leur projet fut découvert , et le seul d'entre-eux qu'on trouva en ville, fut décapité , et sa tète mi$e au béfroi, sur une pique.

Le ai juin i5So , le commandant de Bouchain attira dans cette place une partie de la garnison de celle de Douai , et s'en rendit maître par trahison.

Le 17 janvier 1 586, les e'clievins donnèrent des recompenses aux douze capitaines des compagnies bourgeoises. Ces compagnies

existaient encore en 1 667 Antérieurement" h la première de ces époques , la ville était divisée

en escroc tes ou quartiers , lesquels étaient subdivisés en conné tablies.

Le 23 mai i5g5 , la garnison de Cambrai ravagea les faubourgs de Douai et les villages d'alentour , et notamment l'abbaye de Noire- Dame de Beaulicu , alor» sise a Sin.

te 14 août i634 » vcrs le soir, oq réunit les douze compagnies de la ville; on avait écrit de Bruxelles qu'on devait craindre une trahison.

Le 25 mai 1667, Francisco deMoura , marquis de Cas tel -Rodrigo, qui était arrivé à Douai le 7 décembre 1666, pour commander dans le pays , au nom du Roi d'Espagne , adressa une lettre aux échevins , par laquelle il leur prescrivit de mettre la ville en état de défense. Dès cet instant , ces officiers municipaux firent effectuer les réparations nécessaires aux. fortifications ; et attendu le peu de garnison qui se trouvait dans la place, tes liabitans, les compagnies bourgeoises, le* sermens et les professeurs, furent armés , et des postes leur furent assignés , en cas d'alarme; les membres du clergé eu eurent même aussi*

DBS HÀBTT\NS 1>E BOUAt. lB5

Le i.er juillet 466-7, la ville fui investie par Vannée française. Louis XIV , qui arriva le même jour devant la place , voulut en reconnaître lui-même aussitôt les dehors. Le 3 juillet, vers le soir, la tranchée fut Ouverte sur deux points, et les assiégés eurent de fréquentes escarmouches a\ec le» français. Le 4 » le Roi fit le loiu de la place et du fprt de Scarpe , et donna difierens or (lies, mal»é le .feu continuel des assiégés. Le 5, Sa Majesté adressa une lettre au con-eil de la vilie , pour l'engager à se* rem Ire à s? s armes 7 atin d'éviter de plus grands désaxes , aiundu qu'un*- plus longue résistance devenait in ut le, les fo>sés de Ja contre -escarpe étant déjà cotpblés. Un conseil lei -pensionnaire se rendit au (juarticr-géncral ; il obtint jusqu'au U ndemain au matin, pour soumettre art Roi les art-cles de la capitulation. Le 6, la capitulation fut signée , et les portes livrées ^ Farinée du lîoi.

Le 7, la garnison française entra dans 1% place , sous les ordres du gouverneur d'Aspretnont , et les Espagnols furent conduits k Valencicnnes.

Le B i le Roi fit son entrée dans sa non*

l8£ SOUVENUS

vellc conquête , et se rendit à St Ame, où le Te Dcum fut chanté.

La niénj. i e de ce siège a" été perpétuée pnr la médaille que Louis XIV fit frapper. On y voit le Roi qui commande et agit dans la traucli e ; et la \> :gendc Rcjc dux et miles, rappelle ce que lit ce bouveiaio pour s'empaier de la place.

Le 10 avril 1 7 10 , le lieutenant général comte Franc/ d'Albergolli arriva a Douai , pour commander en cas de siège. Ce général prit aussitôt les messures les plus efiicaces, pour soutenir dignement le commandement qui iuiVtait déféré, avec une garnison de j,3oo hommes.

Les a i et 24 du même mois , la ville fut investie par 4° bataillons et 4° encadrons aux ordies du prince Eug.ne de Sa vpje , qui était soutenu par uneaimeedc plus de 70,000 hommes , commandée par milord duc de Marlborougli. La tranchée fut ouverte devant la place, pendant la nuit du 4 au 5 mal. De nombreuses sorties eurent lieu durant le siège; celles du 10 au 1 1 et du 23 au 24 mai furent les plus remarquables. Après avoir repoussé Vigoureusement, le 23 juin , un assaut donné

au

DES HABTTÀNS DE DOtTAT. l85

au corps de la place i M. d'Albergotti, ayant épuisé tous ses moyens de défense , fut «ontraint à capituler. Le 24 1 il obtint les honneurs dfc la guerre : la garnison eut la permission de repasser en France; et le Roi, pour recompenser l'intelligence et la bravoure du commandant , lui accorda le cordon de Vordie du St-Esprit.

Le fort de Scàrpe ne fut point attaquë. M, du Fort , brigadier de» aimées de Sa Majesté, qui commandait cette forteresse , tint toujours l'ennemi écarté de son canon. Il obtint, pour sa garnison , les mêmes honneurs qui avaient été accordés à celle de Douai.

Le 14 août 1712, le coinieU'Albergotti , qui avait si vaillamment défendu la place en 1710 , ouvrit la tranchée devant elle, depuis les crêtes de Sin, jusqu'à la hauteur de la porte de Paris. Le co.ntc de Hompesch f lieutenaut-général au service des Etats-Généraux des Pi ovinces -Unies des Pays bas, la commandait avec une garnison d'environ 3,ooo hommes. Le 8 septembre , les objets les plus nécessaires manquant dans la j tace, ejt les troupes , réduites à un très petit nombre, éjant insuffisante* pour défendre les point*

l86 SOUVENIRS

attaqués, le commandant fît battre la chamade. L'armée du Roi entra le lendemain clans la place, et la garnison, qui lut faite prisonnière de guerre, en sortit le même jour. Celle du fort de Scarpe avait subi le même «ort, dès le 17 du mois précèdent

Aussitôt que la ville de Douai fut rentre'e au pouvoir du Roi, Sa Majesté en donna le commandement au lieutenant-gineral Guillaume-Alexandre marquis rie Vieux-Pont. Le flîairçhal d<» Viilars vint dîms cette place . peu de jours après sa ipdutiion, et M. de Pomcrcûil, a qui Louis X V avait conserve es fonctions, aiutiquà tout Totat-major, arriva daus son gouvernement le 20 du morne mois de septembre.

Les conquêtes de Douai, du Qucsnoj et de Bouchaiu Qi eut 'ensemble l'objet d'une médaille, où Ton voit les boucliers de ces trois pl if es appendus à un ciiène : elle a pour 1 gcude: M uni libcratori, et pour exergue; Vu aco > Quencto , Buchtn io recuperatis* - Le bouciier de Douai est a la droite j i| pot te un D au milieu de l ^çussou.

Le 1 1 <*vril $713, traiu de paix conclu k yU'«*4u, cuire \q Jfloi , les Eiatt-GépérM*

des Proviûces -Unies des Pays-bas , elc , ciui assura de nouveau au Roi la ville de Douai» Des réjouissances eurent lieu, a cette occasion, .

dans cette ville , le 24 ^u m^me mois > cl 'e béfroi fut illuminé avec des lanternes.

Le 25 mai 1730, Dragon déserteur, sauvé par les écoliers. Le nommé Si-Bernard, originaire du pays de Liège, servait dans les dragons d'Orléans , en garnison à Douai; il était intimement lié avec les écoliers. L'arrivée de son épouse lui fit naître Teuvie delà suivre. 11 déserta, fut arrêté près de Valenciennes , et condamné à passer par les armes. Prêt à subir son sort, les écoliers le prévinrent, par uu billet in6e'ré dans une volaille qu'on lui servit , qu'ils le sauveraient lors de sa conduite au Bar le t, lieu de l'exécution , loit vis-à vis la rue de l'Ai* guillc , soit à l'entrée de celle de la Cuve d'or. Le a5 mai, le condamné sortit de la prison militaire delà porte de Valenciennes , conduit par un piquet de son corps. Aucun mouvement ne se manifesta à la rue de l'Aiguille ; mais, lorsque le détachement arriva à l'extrémité de la rue, les écoliers, réunis au pont des Récollets , fondirent stu lui . ' ' ' ' *t

l88 SOUVENIRS les liens qui retenaient Si- Bernard, lui coupèrent les cheveux par lesquels le maicchaldcs-logis le tenait, l'entraiiièreiit k I egoût qui se rend au coulant d eau , à rentrée de la rue de la Cuve d'or , et le conduisirent , au travers de ce courant, au couvent des Recollets, où ils le cachèrent. Les dragons, qui presque tous étaient d'accord avec les écoliers, ne firent point d'efforts pour retenir leur camarade ; quelques coups de fusil seulement furent tirés en l'air. Le lieutenant de Roi fit fermer les portes,et fouiller les maisons voisines; on ne trouva poiut le déserteur. Quelques jours après, il sortit de la ville, accompagné de pères Récollets , et revêtu de leur costume; il parvint, par ce moyen, eu terre étrangère. Par suite de cet événement, l'egoût qui avait servi à sauver ce déserteur, prit le nom du trou de StBeruard.

Le 20 août 174 1> l'inondation était tendue autour de la p!a<;c : des troupes campaient au Frais-Mai ais , sous les ordres du comle d Eslrées; elles s'établirent peu après a Dorignies. M. d'Avaray arriva à Douai , à celte époque , pour commander la place , en cas 3e siège.

DES HABITAIS DE DOUAI. l8f}

Le 11 septembre 1 744^ Décapitation d'un officier de la garnison , tomuuncu d'avoir eu des intelligences coupables avec Ven* nemL Le nommé G 103- Jean, journalier, se promenant en ville , aperçut un officier qui causait avec un tambour de dragons de* allies, venu en pai lementaire dans la place. Gros* Jean les suivit, et. remarqua que, dans les ponts de la porte de Lille, l'officier dormait urae lettre au tambour. Il continua d'observer le tambour jusqu aux cabarets du faubourg et raconta a des cavaliers du régiment de Bran* cas ( Rojai-Loi raine en 1*89 ) , qui buvaienl en cet endroit, ce qui) avait vu. Les cavalier» s'emparèrent aussitôt du tambour et ramené* rcut au lieutenant de Roi. On lui trouva une

lettre, par laquelle Randerolh, ofikier aù bataillon de milices de Lo: raine, prévenait Je général Gouj, attaché au duc iPAremberg , commandant les troupes alliées campée* vers Lallamg, au-delà de la Scarpc, du jour qu'il monterait la girde à la porte de Lille , et de 1 instant où il pourrait la livrer. On chercha aussitôt Randerolh; M. Chevillai d , major de la place f le trouva dans la rue de Bellain, lui demanda ton épte y el le

IQO SOUVENÎÏll

fit arrêter. Cet officier , né à Nancy , âgé de 3o ans , ayant été convaincu d'avoir entretenu des correspondances avec l'ennemi , Tut condamné, par un conseil de guerre , à être décapité. 11 subit celte peine le 1 2 septembre , sur la place d'Armes , en présence de son bataillon , du surplus de la garnisou , et de détachemens déboutes les troupes campées h Doriguics. Avant de mourir, il demanda & baiser ie coutelas qui devait le faire périr, et que le coutelier Laoùt avait fabriqué* L'exécuteur le lui abandonna ; et Tdyant reçu

\ des mains de Randerolh , il lui abattît la u'te

d'un seul coup. Cet ofncier avait désiré que son domestique lui bandât les yeux. Le major de la place refusa cette demande. Aussitôt après l'exécution , le cadavre fut inhumé dans le ebapitre des Recollcts-Wallons.

Le 3o juin 1761, RI, Dubarail , commandant dans la province, d'après l'ordre du ministre de la guerre, c-iargea les éelievins de faire monter la garde aux bourgeois, pour la sûreté de la place.

Au mois de m us suivant , la garnison de à placr e'taît composée d'uu bataillon de milices et de deux compagnies d'invalides*

TO5S HABIT ANS DE DOUAI. iQl et néanmoins M. de Bclsunce faisait encore monter la garde aux bourgeois, qui eu murminèrent. Le mécontentement s'en suivit , et donna lieu h quelques mouvemens , qui fureut aussitôt réprimés par la justice. Mais ce lieutenant de Roi crut voir dans ces actes une rébellion : il en in formo l'autorité' supérieure, et M. Dubarai) arriva, le [\ dudit mois de mars, à la tête de nombreux bataillons, tirés des garnisons voisines , pour la réprimer. Il fut lipuirusement trompé, en ne trouvant à Douai que des sujets fidèles au Roi. 11 [apprécia la conduite de M. de Belsunce, en rendit compte en cour, et celui-ci ne tarda point }a être envoyé pour commander dans une place d'un degré fort inférieur.

Le 3 octobre 1^63 , arriva à Douai le premier détachement de cavalerie , pour former l'école d'équitation dirigée par le maréchal* '-xfè'Camp marquis de M ont chenu. Cette école fut dissoute le 16 janvier 1767.

Le 20 avril 1792, déclaration de guerre à l'Autriche.

Le 3i août 1792, ordre de mettre la place en état de défense. L'inondation fut tendue le 14 septembre, et le 19 du même mois,

IÇ)£ SOUVENIRS

celle place fut déclarée en état de siègjp. On abattit les arbre* à un kilomètre des glacis. On cassa les pools de Lara br es et dt Dorignics. Les bateaux d' An-as abordèrent a la porte de Paris. 0ii établit des communications retranchées avec les redoutes de la tête de l'inondation , el avec le fort. On jeta des ponts pour aborder aux ouvrages extérieurs , qu'on garnît de palissades et d'aï tillcrie, et la porte d'Arras fut fermée le 2 du mois d'octobre; on la rouvrit le 23 dudit mois, époque à laquelle l'inondation fut retirée, et Tétat de siège levé.

Le 12 avril 1793 , l'inondation fut tendue fie nouveau autour de la place. Taudis que l'ennemi occupait les arrondi*semens voisins, c'est-à-dire, jusqu'au milieu d'octobre 1794 , la garnison de Douai fît de fréquentes sortie».

Le i5 décembre i8i3, le général commandant le département donna ordre de fortifier l'entrée des places , et d'j mettre du canon. Le 18 du même mois , arriva Tordre du gouvernement de mettre la vilie de Douai en état de défense.

Le 14 janvier i8i4, le commandant du dépai louent déclara la ville eu état de guerre,

DES HÀBITÀNS DE DOUAI. ig5 et le 17 du même mois , le maire iavita les habitans a se pourvoir de vivres.

Le 21 janvier, a cinq heures du soir , en exécution du décret du 17 du même mois, la vilic lut mise en état de siège. Le 25 dudit mois, les habitans de Lambres furent notifies de quitter leur commune, dans les quarantc-Iiuit Iieutes. Le 3o , on plaça les premières poutrelles au pont Rouge et au fort, pour tendre l'inondation autour de la place.

Le 9 avril iBi4> armistice conclu entre le général Maison , commandant l'armée du Noid , et le général Thielman , commandant les troupes alliées h Tournai. Les limitet de 1789, fuient adoptées par ces généraux.

Le 14 avril 18 1 4 9 0Q °*a lcs premières poutrelles au pont Rouge. L'ordre donné le j3 , par le gouvernement , de les ôler toutes , ne fut exécuté que le 2 mai suivant, et Fétut de siège fut levé le surlendemain.

Le 18 avril 18 1 4 ? Ie drapeau blanc fut arboré au bofroi , et le i.er juin suivant, deux cents coups de canon furent tirés àToccasion de la siguaturc de la paix.

Le 9 mars i8i5, on apprit à Douai la nouvelle du débarquement opcïé le i.er du

mois, pnr Bonaparte, au golfe Juan. Le 3o

du même mois on reprit ses couleurs.

Far décret du i.*rinai suivant, la ville fut mise eu étaidesiège ; ce décret fut publié le 5 dudit mois. Le 25 juin, l'inondation fut tendue ; on ôta des poutrelles au pont Rouge, le 12 juillet; en eu remit le 19; mais ce ne fut que par des motifs de salubrité.

Le 1 a juillet, le drapeau blanc fut replacé au béfroi. Le lendemain , les commaudanj envoyés par le Roi furent reçus dans la place, et le 16 un Te Deum fut chanté à Si Pierre, en actions de grâces du retour du R oi : tous les fonctionnaires y assistèrent , et , va l'état de siège dans lequel se trouvait encore la place, le comte d'Olonne présida la cérémonie.

i8i5. 12 août. Levée dn blocus de la ville de Douai. Aucune troupe française ni étrangère ne pouvait passer ou séjourner dans la place.

18 1 5. 20 novembre. Traité de paix. La garnison de Douai et du fort de Scarpe ne pouvait excéder 1,000 hommes.

1818. 17 décembre. Ordonnance du Roi qui leva l'état de siège des places de guerre, nia nienu pendant la durée de l'occupation militaire.

DES HÀBTTÀNS DR DOUAT. ig5

F. i.er Gouverneurs de la ville de Douai

depuis 1667.

1. 1667. 28 juillet Bicvctdc gouverneur en faveur du lieutenant général de Gadcnme.

z. i66tf. 5 niais brevet de gouverne m de Douai et <}a fou de Scaipe, eu faveur du maréchal de-camp de BteU

3. 1674 * ti aoui. Bievel de commandwt pour :e 'Hv.cc du Roi au gouvernement de I'ouai cl li<-ux en dépend uîs . <!él, VJ r , r;,r ordre de Sa Vlaj. ù . à Henri de Mou? ',7;: , marquis de ISavailies et de Si Qr, ■.«/.conseiller du Ro< cn»es coimûi- et liViimiai Igénéral de ses armées. M. de StGrmcz aniva à Douai , pour remplace! *î dethet, le 7 ruai iG;^ : il fut nomme gouverneur de St Orner, le 20 avril 1677.

4- 1677- 27 avril. Brevet de eomm-îtid uit au gouvernement de Douai, pour le marquis du Chapelet de Pierre fite , maréchal -descamps et armées du Roi , et colonel de sou régiment Royal, fl remplaça M. deSt-Gcmez^

5. 1679. 3 avril. Brevet de gouverneur, en faveur du maréchal - de - camp Renée de Pérousse des Bonnays ; il était intervenu au siège de cette ville, en 1667, entaille

ig6 SOUVENIRS

de lieutenant-colonel du régiment d'infanterie

qui , en 178g , était celui de l'lsle-de-France.

6. i(>8o Brevet dt gouverneur en faveur de Sébastien le Prestre , chevalier , seigneur de Fauban, alors maréckal-de camp, depuis maréchal de France.

7. iGb3. Jacques- Alexandre deFomcreùilj marquis de laBrctèche, maréchal -decarnp , prit possession du gouvernement de Douai et de ses dépendances, le i5 février 1Ê83.' Ii mourut, dans l'exercice de ces fonctions, le ii septembre 1718. V oyez a la page 4*2, ïepitaphe et le mausolée gui lui furent crises y et aux titres relatifs à /'Instruc* ti uctiou publ que et aux Secours public*, les

fondations qu'il fît pour l'avantage de la ville*

S. 1718. 18 septembre. Brevet de gouverneur en faveur de François comte d'Estaing, chevalier des ordres du Roi , lieutenant général de ses aimées. Il mourut k Paris, à 81 ans, le 20 mars 1733. Il lit sou entrée a Douai, le 20 septembre 1719. On avait composé un opéra, qui fut imprimé et représente k l'occasion de son arrivée. Un commensal de sa maison fit ériger un bel hôtel

sur

1YBS H\BTT\NS DE DOIT Kl, I97 sur la place , au milieu du rang du nord , maison n.° 553 en 182a, et y plaça les armoiries de son ancien maître ; 011 les y voyait encore au mois de septembre 1792.

Charles- trunvois-Mariejnarquisd'Estaùig; meslre-de-cauip du régiment de Forez infanterie , avait élé nommé gouverneur de Douai , en survivance de son père ; il le devança dans he tombeau, à 3 1 ans , le 10 décembre 1731.

9. 1733. 25 mars. Brevet de gouverneur de Douai et du fort de Scarpe, en faveur de Pierre- M ugdelaine de Beauveau , chevalier des ordres du Roi, lieulenani général de ses aimées. Ce gouverneur fit son entrée h Douai, le 4 juin suivant, et on tira le nêuie soir, à cette occasiou, un feu d'artifice sur le marché au Poisson. M. de Beauveau mourut à Douai , a l'âge de 73 ans , le 3o mai 1734 1 et fut inhume dans le choeur de l'église paroissiale de St Jacques.

10. in34 i5 août. Btevet de gouverneur de la place de Douai, en faveur de Jean Baptiste-François Dcsmaretz > marquis de Mailiebois , chevalier des ordres du Roi, maréchal de France. Le 17 juia 1753, ce

ig8 SOUVENIRS maréchal oblint la permission de se démettre du gouvernement de Douai , en faveur de son fils ci-après. Il mourut gouverneur d'Alsace et lieutenant-général dans le Haut- Langue* doc a l'âge de 80 ans , à Paris , le 7 février 1762. Les échevins firent célébrer un service pour son repos, dans leur chapelle, le 17 mars suivant.

11. 1753. 17 Juin. Marie- l\>es Desmarelz, comte de Maillebois , fils du maiéchal de ce nom, fut nommé au gouvernement de la ville de Douai , d'après la démission faite en sa faveur par son père. 11 était, depuis 1748 f lieuteuant - génétal des armées du Roi et maître de sa garde-robe*. En 1783, lorsqu'il fut appelé pour commander en Hollande, il se démit de sou gouvernement.

12. 1783. 24 août. Brevet de gouverneur de la place de Douai, en faveur dr Fravçois- Claude-/imour , marquis de bouille, lieutenant-général des armées du Roi. Il était revêtu de cette dignité, lorsqu'elle fut supprimée par la loi du a5 février 1 79 !•

Hôtel du Gouvernement.

ïn 1677, la ville acheta le refuge de St- Vaast, situé sur le rang de Test de la Ricquc-

MS HÀBTTÀWS DE DOTTAI. IQg rue, pour eu former le logeaient du gouverneur.

I Pendant le siège de 1* ville, le 17 juin 1710, k une heure du matin , l'explosion d une bombe mit le feu k l'hôtel du gouvernement. L'incendie dévora tous les appartemenens de front-a-rue, et lesbcutgeois portèrent des secours si efficaces , que le surplus fut oonservé.

Ett vertu de l9arrêt du conseil d'état da Roi du 11 janvier 1720, cet hôtel fut vendu le 18 avril suivant, et la ville fut autorisée à employer le produit de cette vente, ainsi que celui d'autres maisons , pour acheter le* fournitures \ nécessaires au logement de U garnison. Par ce "même arrêt, la ville fut chargée de payer annuellement, au gouverneur, 1800 livres 9 pour qu'il se procurât ua logement.

Le Roi , par son arrêt du conseil d'état du 16 novembre 1735, ordonna aux écheVins d'acquérir une maison, pour loger le gouverneur, au lieu de lui payer itfoo livres par an : et pour leur faciliter les moyens d'acheter la maison du conseiller Mullet, rue des Carmes -Déchaussés , Sa Majesté les autorisa à

20O SOUVBTfTttS

vendre divers immeuble^ appartenant à la commune, pom ib.ruer cet hôtel. Lesdils

échevins fuient en outre autorisés a adicter

divers terrains attenant à ladite maison , ainsi

qu'à prendie, à i;lre de bail emphy théotique, des Pères de l'Oratoire, la maison et jardin du presbytère de la paroisse de St Jacijues. Suivant le compte arrêté le 5 décembre t;36, la coustiuct.ou de cet hôtel coûta à la ville 7;,25o livres.

Le 6 novembre 1791, l'administration dii département autorisa la ville à vendre cet hôtel, conformément â l'article 2 de la loi da io août précèdent, pour le prix en procédant être employé , tant aux dépendes qucnêcessitait l'entretien de Talelîtr de filature, qu'a» payement de ses dettes. Celte pioprictê (ut mise en vente , eu cousequence, par les commissaires muuicipaux, chez le notaire A Uardr et l'adjudication, s'en fit au moi* de janvier

%.i.Comviaudans supérieurs et Lieutenant

de iioi.

1. M. d'jéspremont) capitaine aux gardes, entra le 7 juillet 1667 , à la tête de la gar- 11Û011 , pour touuuauuer daus la place.

^. Le comte de Duras arriva a Douai , le 26 octobre 1667 , en qualité de commandant.

3. Jacques d' A rnemonty chevalier, brigadier des armées du Roi , a servi Sa Majesté pétulant 45 ans , et a exercé la charge do sou lieutenant au gouvernement de plusieurs places , pendant 22 ans ; d'abord , a Oudenarde ; puis, en 1669, a Douai : i) passa dc-là a Gand, en mai 1678, et revint à Douai le 9 juillet 1679. 11 mourut en cette ville à 63 ans, le 25 mai 1690. Le nom seul de Louueri lui est donné dans Pacte de son décès-» (paroisse de St Pierre): on voyait, avant 1790 , son épitaphe dans l'église des Minimes. EUe était adossée au mur de la chapelle a droite du chœur. frojrez page 52.

4- M. De la Salle arriva à Douai le 1 1 mai 1678, pour remplacer M. d'Arnemont, passé à Gand.

Ce M. de la Salle était déeedé avant le 9 juillet .1679, époque k laquelle M. d'Aine* mont vint le remplacer à son tour.

5. M. de Pommarin était lieutenant pour U Roi et commandant pour Sa Majesti

à Douai, dès le 3o janvier 1698 ; et il était encore en fonctions au mois d'avril J^oS.

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