J 9 /juin. Les représentations, les
inscriptions cl les devises des trois chars étaient adressées au Roi, pacificateur de l'Allemagne , de la Moscovie et de ta Turquie , destructeur de la rébellion en Corse f médiateur de la paix entre l'Espagne et l'Angleterre, unique espérance des peuples affligés par la guerre , et l'objet de la reconnaissance des nations.
■741* * 8 juin. Les deux premiers chars représentaient les titres qui assuraient au Roi le titre de Père de son peuple- Le 3.e représentait le Mont-Cassel , renommé par la victoire que remporta en 1677 le due d'Orléans , et le navire figurait le Commerce maritine , employé par ordre du Roi à l'arrir yage des subsistances.
1749- 23 pin. Les chars représentaient les traits admirables du règne de Louis XV f par relation ï celui de Constantin- le-Grand. Outre le navire 7 qui figurait rembarquement du duc de Boufflers pour l'expédition de Gênes , on vit paraître , pour la t/rt fou, des phaetons d'un nouveau goût.
1750. ai juin. Les représentations des chars retraçaient l'attachement inviolable de
if
k ville de Douai à la Religion de ses pères f
son
DES HABITANS ï>E DOUAT.
son &èle à conserver ce précieux dépôt, et la gloire qu'elle a d'être l'asyle des beaux-arts et des sciences.
1751. 20 juin. L'un des chars avait pour objet la gloire de l'Eglise Romaine ; l'autre l'origine de l'Année sainte ; ils étaient suivis du navire.
1^52. 19 juin. Le* chars de eelte année avaient pour objet la gloire de la Monarchie Française et le bonheur de la France , affermis par la naissance de M.gr le ducdeBpui> gogne.
- 1753. Juin. Le i.er des deux chars exprimait symboliquement les vœux des peuples pour la santé de Monseigneur le Dauphin ; . et le second, la joie que le rétablissement d'une santé si chj!;re leur procurait.
1755* 22 juin. Les deux premiers chars représentaient la fertilité et le commerce de la Flandre Française , son attachement à la Religion de ses për«s et a ses Souverains ; et 6on zèle pour les sciences et les beaux-arts firent le sujét des deux autres.
1756. 20 juin. Le i.Cr char était consacre h l'amour que le Roi avait constamment manifesté pour la paix. La force du Monar-
4^8 SOUVENIRS que h venger ses sujets injustement opprimés , et défendre les droits de sa couroune , était représentée dans les 2.' et 3. c chars; Je 4»* char représentait les favorables dispositions des Sauvages , alliés de la France , à seconder la pureté des intentions du Roi. Le navire suivait ces chars.
Ces chars qui cessaient de paraître a la procession de la ville , depuis plus de hait ans , à cause de leur dépérissement, furent vendus le 24 janyier x^65.
Le navire j qui était 1 attribut des cabareticrs-hôlelains , était entretenu par cette corporation, au moyen d'un octroi que ses membres étaient autorisés k lever, pendant un temps déterminé , sur les bierres qu'ils /ai-» saient brasser. ( Arrêté du i3 juin i6?3 ). Plus tard , les çchevins adjugeaient les décorations du navire à un des membres de cette jurande. Ce bâtiment était monté sur quatre grandes roues d'égale dimension ; il n'avait point de t;mo;2j 12 à i5 châreiiers de rivàge le pous- Gtiient , li force de bras , par les poutres qui formaient la carcasse du franc* lillac. Celte manœuvre était couverte par une toile peintc> qui i'uu^it les jRyis d" b mer. Le bâtiment
t)ES H ABIT ANS DE DOUAI. 4^9 avait un grand mât , un mat de misaine et un beaupré , avec leurs perroquets , boutsdehors , vergues , voiles , haubans et gaihaubans. Au gaillard d'arrière, était élevé un trône sur lequel siegeait Je principal personnage avec sa/suite ; deux ou trois matelots ou mousse.s parcouraient les manœuvres , et deux voltigeurs et un paillasse faisaient leurs exercices sur les galhaubans et les étais. Une galerie régnait autour du bâtiment. La musique de la ville, avec ses tymbales , était placée sur l'avant , et deux esclaves enchaînés se tenaient a l'extérieur. L'équipage était de 3o hommes. Le grand mât avait au moins 3o pieds avec son perroquet. Des sabordî étaient pratiqués dans le corps du bâtiment; ils étaient garnis de canons de bois. Ce navire a cessé de paraître en i^63.
^ La Roue de Fortune, qui existait déjà à la fin du 17/ siècle, était alors l'attribut des chârons et des tonneliers; elle fut anéantie en 1771 , et ne reparut que le 6 juillet 180S. Ou peut la dépeindre comme il suit :
La Fortune est fixée perpendiculairement sur le pivot de la machine , une roue oblique-
ÂlO SOUVENT Tl S
ment adaptée sur ce pivot , pose sur ]«£ train. Au!?nr tk-h rc-ue, sont placées six ligure? se trn^-^t par les inains : elles rc présentent en Financier, un Paysan avec' sa poule, un Procureur • un E-pagnol , une Filie de joie et un Suisse. Le mouvement censé par le cheval qui traiae la machine , fait constamrient monter et descendre la roue avec \es personnages qui entourent la déesse , ce qui dJmoutre oâtensibiemciit la mobilité de ses capiices.
Accessoires de la Procession de la Fifo et de la Fêle Communale.
G ayant. Tout ce qu'on a dit , tout ce qu'on a pîopag^ sur le Géant de Douai , cm , en langue vul^ire, est connu sous la dénomination de O ayant , est dénué de vérité' et de vraiieuiblaoce. Tout ce qu'on peut dire ck plus pbîisibie scr l'origine de Gnyanl , de sa feinme et de ses enfant 7 nommés Jaco , FilL'oîi , et Bihhin ou Tiot-Tourni , cest que. tandis nue Char!es-Qaint rognait dans les Fays-baf ( ue i5o6 à i558 ) , ce Monarqee employa les moyens qui élaient eu sou pouvoir , pour que les liabitaus des diverses
DBS HÀBITÀNS DE DOUÂT. /^l provinces de sa domination fraternisassent cntre-eux , et qu'à cet effet il y établit , ainsi qu'il l'avait fait en Espagne , des fêtes, dans lesquelles on vit paraître des figures gigantesques. Ainsi qu'à Douai , on vit des Géants à. Dunlerque, à Bruges , aBruxèlles, etc. Ces mannequins se voyaient aux fêtes communales, et lors des fêtes publiques. Le Géaut de Douai et sa famille amusèrent même la Reine , épouse de Louis XiV , quand cette princesse fit son entrée en cette ville, le a3 juillet 1667.
On abusa par la suite de cette institution , et ou fit marcher ces mannequins à la procession de la ville. Les eveques d'Arras proscrivirent ces abus en 1699 e! en 1770. Gayant cessa de paraître la dernière de ces années ; sa famille fut détruite l'année suivante : la fêle seule de Gayant, qu'on attribuait à Hubens , fut conservée. M. Vcrvoort fit reparaître ces amusemens publics k la fête communale, le 12 juillet 1778. La famille de Gayant fut portée a quatre enfans , «cite année et la suivante. Un homme revêtu des attributs du plus jeune âge, représentait le nouveau- venu, et marchait dans vu ailoir.
44^ SOUVENIRS La révolution anéantit ces représentations y le 26 juin 1792. 11$ reparurent, par les efforts et les soins des membres du bureau de bienfaisance, le 19 juillet itfoi ; et, depuis lors , ils n'ont cessé de faiie l'amusement des Douaisiens , et d'amener dans leur ville une partie de la population des villes et des communes voisines. Les anciens manvnequins de Gayant et de sa famille avaient été renouvelés ou restaurés en i}o3 , \n\i , i^iG, 1722, ]7^9i clc ; ^s avaient été habilles a neuf en 1^4 1 •
Le & ayant de Douai avait plus de célébrité que ceux des autres villes- de la Flandre. La marche seule que battait le tambour de ses compagnons d'armes, les a conduits plus d'une fois à la victoire; et on se rappelle avec plaisir l'anecdote suivante :
« M. de Bréande, capitaine d'artillerie « qui av;:it épousé une demoiselle de Douai " iî s'était concilié l'amour des habitans de cette « ville, et sa compagnie était en majeure « partie composée de Douaisiens ; il avait « concouru avec elle, en i^ifS , à la prise de « la citadelle de Tournai : le lendemain de et cette conquête, le 50 us,- officier chargé du
DES ïIAEITANS DE DOUÀI. 44^
« détail de la compagnie, lui fit le rapport] u que presque lout son monde était déserté. « Le capitaine 7 étonne de cette nouvelle , « se rappelant bientôt qu'en ce jour, on « célébrait à Douai la fête de G ayant, dit « a son sergent : Sois tranquille : les enfans « de G ayant sont fidèles à leur Roi , à « leur devoir ; et nos gens reviendront , « dès qu'ils auront vu danser leur grandis, père. » En effet , la kermesse finie , la compagnie de Bréande se trouva plus que complète, par le retour des canonniers de Douai , et par les nouveaux soldats que ceux-ci avaient amenés avec eux.
Un fait de même nature eut lieu en 1^65, relativement au régiment d'Auvergne , qui se trouvait alors en garnison a Strasbourg.
En 1775, Lajoie , grenadier et maître de danses au régiment de Navarre , en garnison a Douai , étant , à cette époque a Aubers , avec ses chefs , composa , et fit exécuter la contredanse de Gajrant Les corps de musique arrangèrent, sans peine, cette contredanse en pas redoublé , qui devint de suite le véritable Rhan des Douaisiens.
En 1778, M. Séraphin Bernard mit au
jour un poème, intitule : La Procession de Douai y ou Gayanl ressuscité; il le retoucha en i8oi , et ces productions ont été imprimées à la dernière de ses époques. MM* Beinal et Àubert composèrent une biuetle agréable , intitulée : Douai, délivrée/es Barbares par Jehan Gélon } surnommé Garant Cette pièce a été représentée par les auteurs , et leurs camarades ; elle a été . aussi imprimée , et fît généralement plaisir»
Fête Communale depuis 1801.
Cette fete , après avoir été supprimée en *79* y fQt rétablie en 1801 , «t, depuis 1816, on a joint à sa célébration l'anniversaire de la rentrée du Roi à Paris. D'après son institution , elle doit avoir lieu le 6 juillet , ou le dimanche qui suit ce jour. Il a été déiogé k celte régie en 1801 et en i8i5; la première fois, pour que cette fête ne coïncidât pas avec le i4 juillet j et la seconde, parce que la place était en état de siège.
La fête a été accompagnée des particularités , des jeux et des divertissemens ci -après cnumérés; savoir :
i,* Constamment, depuis 1778 7 jeu de
DES HÀBITÀNS DE DOUAT. 4/f5 bulle au tamis. On se rappelle avec intérêt des luttes brillantes et piolongécs de* parties de Douai , d'Airas, de Bouvignics , de Pecquencourt , etc. Feu M. Philippe Dupont a donne sans cesse des preuves de zèle dans la direction de ce jeu Des balles d'honneur ont été décernées aux vainqueurs en 1812 et 1820.
2.0 Feux d'artifices tirés en 1809 , i8i3, 1816, 1818 et 1819.