DISCUSSIONS THÉOLOGIQUES
Louis XIV , par son édit du moÎ6 de mars 1682 , ordonna l'enregistrement et l'observation de la déclaration du clergé de France, touchant la puissauce ecclésiastique ; le conseil souverain de Tournai, en procédant, le 26 avril suivant, à réenregistrement de cet édit , ordonna qu'il serait envoyé spécialement à 1 université de Douai, pour les facultés de théologie et de droit canon» Le recteur et le conseil de cette université représentèrent au Roi enae ses nouveaux sujets
dans les Pays-bas voyaient arec aversion la doctrine contenue dans la de'claration du cierge' de France ; ils supplièrent, en conséquence , Sa Majesté de permettre que son édit ne fàt pas mis à exécution , et qu'ils ne fussent point tenus a enseigner et soutenir cette doctrine. Ces représentations nq réussirent pas: au contraire, il fut enjoint à l'université de se conformer aux ordres de Sa Majesté.
Fourberie de Douai. On donne ce nom ï'une intrigue qui prit naissance au commencement de Fan 1687, a l'occasion de la condamnation, comme infectée de Jansénisme , d'un traité sur la grâce, enseigné par M. Guilbert , docteur et professeur en tJhéologie , et prévôt de St Àmé, lequel fut envoyé en exil k St-<J>uentin.
Celte intrigue se développa en 1690 , dans un exercice public qui eut lieu au collège du Roi , entre le président M. Gilbert , i.<r professeur dudit collège, et le P. tieecfcmann. professeur de celui des Jésuites. Celuici se trouvait vaincu par les argumens de ion adversaire, lui promit qu'il s'eo vengerait, m* *?™ > 9Mn
DES HABITANS DE DOUAT. 49 D ouvrit trop facilement une correspondance Avec celui qui se disait le docteur Antoine Àrnould , personnage qui était aux Jésuites ce qu'Annibal était aux Romains; le fourbe obtint ensuite de M. Deligni , qu'il avait trompe, i»° des renseignemens précis sur son opinion , et les nomj de ceux qui la partageaient ; une thèse captieuse, signée , tant par lui, que par M. Gilbert, déjà exilé, MM. Delaleu et Rivette , professeurs en théologie, et M. Malpaix, chanoine de St Amé. Le même fourbe détermina sa victime à se dépouiller de ses charges et de ses dignités , pour aller joindre a Casteluaudaiy un prélat distingué , qui lui procurerait un avancement rapide. Tout se découvrit enfin. M. Deligni ne trouva point de prélat a Cas tel naudarjr; il revint a Douai, où il partagea le sort de MM. Delaleu , Rivette et Malpaix : ils furent respectivement envoyés auprès des évèques de Tours , du Mans , de Coutances et de Saintes , pour s'y pénétrer de leurs devoirs. M.Gilbert, après avoir été envoyé k St-Qucntiu, fut transféré à Sl-Flourct h Tliiers, et mourut, en 1710, à Pierre- Encise. Les fils de ces manœuvres furent
494 SOUVENIRS découverts ; mais ceux qui les avaient ourdis furent si puissamment secondés, qu'ils évitèrent la peiue qui leur était due.
Eu 1692, des contestations sur la prédestination physique se sont élevées entre les Jésuites et les Dominicains de Douai. Le P. ftîo'inot était le corryphée des premiers ? et le P. Bonnet celui des seconds*
Des discussions et des disputes théologiques , auxquelles les fidèles prenaient part , se sont élevées , depuis les époques ci:dessust jusque vers 1740. Louis XV, d'accord avec les souverains pontifes , s'est empressé d'y mettre un terme^ par les déplarations des 3i août 1705, 14 février 1714» 7 octobre 1717 , 5^1*111719, 4 *°nt 1720 et 2$ mars 1780 } et l'évêque d'Arras, M. de Rochechpuart , par son mandement du 9 avril 1 720 , employa tous ses moyens pour ramener le calme dans la paroisse de St Jacques , troublée par les opinions religieuses. Malgré ces efforts de l'autorité, on eut à gémir sur les /bits qui suivent. En 1716, des suppôts de la paroisse de St Amé, et d'autres personnes , appelèrent au futur concile de la constitution Unigenilus. Ces démarches causèrent des divisions dans
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la ville , et donnèrent du relief à des individus qui, sans elles, auraient été' ignorés. Par suite de ces démêlés, la procession dite Rccordarede la paroisse de St Jacques, ne fut point reçue, le 27 août 1719, dans l'église des Carmélites. Le 7 décembre suivant, une dame de la paroisse de à t Jacques, après avoir été préseutée à cette église , fut conduite a St Nicolas, pour être inhumée : le clergé de St Jacques , qui l'accompagnait dans la traversée , fut grièvement insulté.
En 1722 , deux professeurs de philosophie du collège du Roi , reçurent Tordre de quitter leur? chaires , pour avoir enseigné des propositions relatives à la grâce et à la liberté, lesquelles avaient été censurées par la faculté de théologie.
Le 24 janvier 1737 , le décès d'un chanoine de St Àmé, qui avait appelé et réappelé de la bulle Unigenùus > sa conduite antérieure, qui avait motivé son interdiction, et les circonstances qui accompagnèrent ses deux inhumations , donnèrent lieu à des scènes scandaleuses. Le Roi , pour y mettre fin , évoqua cette àflaîre à son conseil d'Etat, le 17 février 1737.
^cfî SOUVENIRS s 1766. 7 juin. Les quatre facultés de l'université' , d après le réquisitoire du procureurgénéral près le parlement, pris en exécution de l'arrêt du conseil d'Etat du 24 ma* précédent, acquiescèrent à enseigner les quatre propositions du dergé de France.