Souvenirs;
L'éditeur de ces Souvenirs^ en les présentant au public, ne peut se permettre d'en donner une étude préalable. Toute critique semblerait déplacée, toute louange ne serait au contraire que trop dans l'ordre des sentiments d'un petit-fils pour son grand-père et n'aurait aucun crédit. Voici seulement un court aperçu du plan général de cet écrit.
M. de Barante était âgé de quatre-vingts ans quand il se résolut à mettre en ordre ses notes consignées pour la plupart sur des feuillets manuscrits intercalés entre les pages de la Biographie des vivants de Michaut, eu de L'Europe sous le Consulat, VEmpire et la Restauration, par Capefigue. Il en avait déjà utilisé beaucoup dans VHistoire de la Convention et du Directoire, dans la Vie de Royer-Collard, dans les Mélanges historiques. Toutefois, ses impressions du moment, ses jugements intimes sur les personnes et les
Il AVIS DE L ÉDITEUR.
choses, des détails jusque là ignorés constituaient encore un fonds suffisant pour l'engager à laisser des mémoires destinésàne paraîtreque dix années après lui.
Mon grand-père mourut, ce dernier travail de son extrême vieillesse inachevé. Il retraçait les débuts de la restauration. Son rôle considérable dans les conseils du gouvernement jusqu'en 1820, puis dans l'opposition constitutionnelle, ne le mettait que mieux à môme de parler de cette époque, la plus active de sa vie publique. Continuer l'œuvre commencée avec les matériaux déjà préparés était indiqué. Mais cette seconde partie n'aura pas l'unité de composition des premiers chapitres, et les notes de M. de Barante devront être plus d'une fois reliées et complétées par ses correspondances avec d'illustres amis.
De hautes fonctions diplomatiques appelèrent M. de Barante à l'étranger sous la monarchie de Juillet. Le troisième volume fera surtout connaître ses dépêches datées de Turin et de Saint-Pétersbourg, dont M. Vitet disait , le 18 mars 1868, à l'Académie française : « Lorsque le temps aura permis qu'elles soient livrées à la publicité, pour l'écrivain, cette révélation ne sera pas sans valeur, car jamais sa plume ne s'est montrée plus souple et plus habile, et quant au politique, je ne crains pas d'affirmer que ses meilleurs amis auront eux-mêmes, en le lisant, d'agréables surprises, tant sa discrète modestie aimait à laisser ignorer les occasions de clairvoyance qu'il avait su le mieux saisir. » Les dépêches de M. de Barante ne sont pas, en effet, coulées dans le moule ordinaire des documents