MOI PÈRE DE LÀ FAMILLE NOUVELLE
a Avant de commander le silence à la voix qui chaque jour annonce au monde qui nous sommes, je veux qu'elle dise qui JE SUIS.
a Dieu m'a donné mission d'appeler le prolétaire et la femme à une destinée nouvelle...
tt ... Chers enfants, ce jour où je parle est grand depuis dix-huit siècles dans le monde ; en ce jour est mort le divin liiuérateur des esclaves. Pour en consacrer l'anniversaire, que notre sainte retraite com-
mencê, et que da milieu de nous la dernière trace du snvAfii, la mhis- TicrrÉ disparaisse. »
Belle sentence dont, à la vérité, la pratique ne dura que pendant les six mois de belle saison passés dans la retraite de Ménilmontant et demeura sans influence aucune soit pour Tabolition, soit pour la transformation de la domesticité.
Cela n'empêche pas Tauteur de la Notice-Enfantin de commencer ainsi son YII* tome :
« L'apostolat régulier du saint-simonisme, retiré à Ménilmontant, enseignait au monde, par Texemple, sous la direction suprême d'Enfantin, Tabolition de la domesticité et Tobservance rigoureuse du célibat. »
II a bien profité l'exemple ! Est-ce que, à peu de temps de là d'ailleurs, le Père et ses apôtres se firent scrupule de recourir aux services de la domesticité salariée, tout comme la généralité des privilégiés de la naissance et de la fortune? Tels d'entre eux même n'ont-ils pas étalé dans leurs somptueux hôtels et dans leurs villas princières, un luxe de laquais et de suisses dont les galons n'avaient rien à envier à ceux des livrées de la plus haute aristocratie? Je n'y suis pas allé voir pour mon compte ; mais tout le Paris fashionnable et officiel qui s'est rué aux fêtes des nouveaux Turcarets, peut rendre témoignage du fait que j'énonce.
Pour ce qui est de l'observance du célibat, elle eut la même durée à peu près que le renoncement à l'usage des domestiques. Encore y eutil, dès le début de la retraite, une infraction, compliquée de circonstances aggravantes, qui donna lieu à un jugement prononcé avec solennité en présence de toute la famille, mais dont les archives saintsimoniennes n'ont, parait-il, conservé aucune trace.