SECONDE LETTRE DE MARIN
Vous savez, monsieur, que les vieillards, qui n'ont point d'avenir et qui ne tiennent au présent que par le passé, ont la foihlesse de raconter leurs souvenirs : pardonnez-la-moi, et permettez
cli;irgéde I770à 1774 delà rédaction de la Gazette de France^ ce dont il s'acquitta assez mal, au dire des contemporains. Beaumarchais particulièrement l'a maltraité dans ses j1/e- 77!o/rr^. Voy. le tome I"'' de VHistoiie de la Presse enFr:ince par Eng. Hatin.
^ . Nous publions cette seconde lettre, quoique ne sn rapportant pas directement à madame de Caylus, à cause des faits énoncés au commencement. Nous pensons d'ailleuis que les détails donnés sur le comte de Cajlus par son secr^ taire ne paroîtrontpas dénués d'intérêt.
que j'ajoute quelques souvenirs à ceux de ma lettre précédente , à l'occasion des Souvenirs de madame de Cavlns.
Je viens de parcourir une édition que .M. Renouard a récemment publiée de cet ouvrage, en un volume in-douze : papiers, caiactères, gravures, tout V est de la plus grande beauté. Deux choses m'ont surpris dans la Notice sur madame de Cayhis : la première, c'est une mauvaise épigramme, en deux très-mauvais vers', contre M. de Caylus. Étoit-il convenable de terminer l'éloge de la mère par ce trait lancé contre son fds? Celui qui, dans le temps, se permit celte méchanceté ne méritoit pas l'excès de ménagement que j'ai eu pour lui dans l'anecdote que je vous ai racontée -; et si j'eusse connu cette injurieuse épilliaplie j'aurois dit à cet homine : Tu es illc vir. La deuxième, c'est l'éloge Inen
1 . Cette épigramme, qui se trouve en effet dans l'avertissement de Rennuard, est très -connue; c'est une épitaplie caustique du comte de Caylus :
Ci git un antiquaire acariâtre et brusque
Qu'il est bien enfermé dans cette cruclic étrusque.
Elle est de Diderot, Ce seroit donc Diderot que Marin accuse d'avoir publié furtivement les Souvenirs, après avoir promis à M. de Caylus que le manuscrit ne sortiroit pas de ses mains.