MARIN
P. 2, dans un manuscrit — —
Les Méiiiolrcs de rrjubigiié n'ont été imjirimés pour la première fois qu'en -1729, dans un recueil édité par le Duchat (Cologne, chez Pierre Marteau, 3 vol in-8).
D'Aubigné, dans la préface adressée à ses enfans, leur avoit défendu d'en avoir plus de deux copies : cependant, le dernier éditeur des Afénioires, M. Ludovic Lalanne, en a pu compter jusqu'à six, rien que dans les bibliothèques publiques de Paris. L'impression en avoit été cotiimencée lors de la paix de Ryswick (1G97); madame de Maintenon parvint, dit-on, à l'arrêter. Le manuscrit que madame de Caylus dit avoir vu,n'étoit point de la main de d'Aubigné; c'éioit une copie très-fulèle possédée par madame de Maintenon. C'est évidemment celui qui se trouve encore aujourd'hui à la bibliothèque du Louvre et dont M. Ludovic Lalanne s'est servi pour rectifier le texte, altéré par les précédens éditeurs. — Le manuscrit original des Mémoires de d'Aubigné est à Genève et appartient à M. le colonel Tronchin.
P. 4, ce fils fut iiialluureuxet intrita ses malheurs par sa coucliiil; .
Constant, baron de Siirlneau, fils aîné ' de Ayrippa d'Auljigné et de Suzanne de Lezay, né après 1584, mort à la Martinique vers 1045. — Voir sur les nicfails de Constant d'Aubigné dont les trahisons, les apostasies elles crimes de toutes sortes, désolèrent la vie de son père, les pages 151-6 de la nouvelle édition des Mémoires donnée par M. Lalanne (Paris, Charpentier, 1856). D'Aubigné déshérita ce lils , qu'il accuse lui-même d'avoir fait de la place de Maillezais, dont il lui avoit remis le commandement, un tripot, un mauvais lieu et une hoati(jiœ de l'aux-Dioiinojeur. Voici le passage du testament de d'Aubigné, qui déshérite ce mauvais fils : — « Piimitivement , je déclare Constant; d'Aubigné, mon fils aîné et unique, pour le destructeur du bien et honneur de la maison, en tant (ju'en luy a esté, et pour avoir mérité d'être entièrement déshérité par plusieurs offenses énoi-mes , particulièrement pour avoir esté accusateur et calomniateur de son père en criuie de lèse-majesté ; c'est poui'quoi je le piive de tous mes meubles et acquêts de quelque qualité qu'ils soient: toutefois, s'il se
AI'l'ENDICK.
présente (iJiclîiin' fiilant bien Ki^itiine de liiy, à ses eiifaiis, non à Iiiy, je laisse la terre cies Lan- (les-Giiiniicmer-près-Mer (en Blaisois}, qni est mon senl patrimoine. 3> Page 4:iC» de la même édition. ■ — Constant d'Aiibigné lut le père de madame de IMaintenon.
Vaiianle de l'édition de M. de Monmenjué : «Avec sa pension de deux mille livres, elle condiiisoit si bien ses affaires, qu'elle étoit tf)njours honnêtement vêtue,' quoicpie simplement. Elle m'a dit elle-même fjne ses babils n'étoient que d'étaniine de Liide, foiL à la mode alors pour les personnes d'une médiocre fortune ; elle n'avoit que du linge uni ; elle étoit chaussée proprement et avoit tie très-belles jupes. Elle trouvait iiinvcii, sur ses deux mille livres , de s'entretenir, (uiisi (jitejc vie/is de le dire, de i/aycr sa pension^ celle de sa femme de chambre ei ses images, ne brdloit que de la buiigic , et avec cela avoit sauvent de l'argent de reste a la fin de l'année. .Te n'ai jamais, me disoit-elle , passé de temps plus heureux. »
P. 12, la marécliale d'Albret ivrogne.
Madeleine de Guénégaud , femme de Gaston- Phœbus d'Albret, maréchal de France, gouverneur de Guienne. — La réputation de la maréchale d'Albret étoit sur ce point bien établie, témoin ce couplet d'une chanson faite par Coulanges , à l'occasion d'un pain bénit rendu à l'abbaye de Livry {Recueil de Maurepas^ t. IV) ;
Une maréchale De très-grand renom Dit avec dévotion :
Montons dans la salle, Le vin y est bon !
Cela se chantoit sur l'air : Bavons a nous (juatrci Le nom de la maréchale est indiqué en note dans le manuscrit, avec cette apostille : Elle ainioit fort le vin et buvait comme un trou,
p. :âO, une de ses sœurs....
Cette tante de madame de Caylus, si bien accoutumée à changer de rclii^ion, s'appeloit ma-
dame de Fontniort, M. de iMonniciqiié donne à cet endroit les deux extraits suivants de deux lettres de madame do Maintenon, l'une inédite et tirée des recueils de mademoiselle d'Aumale ; l'autre, déjà publiée par La Beaumelle, mais rectifiée d'après le texte des mémoires inédits de cette demoiselle. La première est adressée à madame de Murçay-Villette, mère de madame de Cayhis, à la date du 23 décembre 1 G80, deux jours après que sa fdle eut été remise entre les mains de madame de INIaintenon : « Je l'amenai avec moi : elle pleura un moment quand elle se vit seule dans mon carrosse ; ensuite elle se mit à chanter. Elle a dit à son frère qu'elle avoit pleuré en songeant que son père lui dit en partant que si elle changeoit de religion et venoit à la cour sans lui, il ne la reverroit jamais. » La seconde lettre, adressée à la même personne, est datée du 2o du même mois : « Si vous aviez été de la même religion que M. votre mari, je vous aurois priée de m'envoyer votre fdle, et j'aurois espéré de vous autant de complaisance qu'en ont eu M . et madame de LaLaigne et M . et madame de Caumont; mais j'ai eu peur que l'on ne vous soupçonnât d'avoir été bien aise de me la donner, et de quelque intelligence avec moi sur la religion. Voilà, ma chère cousine, ce qui m'a obligée de vous tromper; et pourvu que M. de Villette ne soit pas mécontent de vous, je me
démêlerai bien du reste. J'espère qu'il ne prendra pas si sérieusement l'enlèvement de mademoiselle de Murçay, et qu'il consentira qu'elle demeure avec moi jusqu'à ce qu'elle soit en âgp de dire sa volonté. » (Voy. encore sur cet enlèvement et sur madame de Fontmort, la lettre de madame de Maintenon à M. de Villette, du y avril 1681.)
P. 12, Malha de Bourdeille.
Matha est le même dont il est parlé dans les Mémoires de Granunont. Ledernier éditeur de ces mémoires, 31. J. Brunet, a remarqué que Matha est porté pour une somme de sept mille écus dans les Demandes des prince f et scig!U'ii7-s qui ont jjris les armes avec le parlement et le peuple de Paris, document important publié par ÎM. C. Moreau, dans son édition des Courriers de la F/onde.
Madame de Motteville ne dit que trois mots de IMatha, qui nous le représentent tel qu'il devoit être sous la Fronde, tapageur, étourdi, plus ami de la table et du bruit que de la tjalanlerie. Il s'appeloit Charles de Bourdeille , comte de ^latha, ou Malta, et mourut en 1G74; madame de Maintenon dit, dans une de ses lettres, qu'il mourut sans confession. Il est encore question de ^latha dans les Mémoires de Mademoiselle. Voy. t. II de la dei-nièroédil. Charpentier, 185v>.
La maison de Matha a été piincipalcmeiit illustrée par saint Jean de JMatlia, londateur de l'ordre des Trinitaires, au xii'" siècle.
P. 33, le nom de Maintenoii.
L'acte est du 27 septembre i 074. Madame de Maintenon fit l'acquisition elle-même au prix de deux cent quarante mille livres, jn-ovenant des j,natificalions du Roi ( voy. Noailies, Histoire de Machinie de Mainte/inn, tome I"', chap. ix). Rladame de Maintenon étoit fort mal avec madame de ïMontespan, connue il appert de cette lettre, OLi elle fait part à madame de Saint-Géran d'une gratification de cent mille francs, qu'elle vient de recevoir du Roi : « On croit que je dois ce jnésent à madame de iMontespan ; je le dois à mon petit prince (le dac du Maine): le R.oi, jouant avec lui, et content de la manière dont il répondoit à ses questions, lui dit qu'il étoit bien raisonnable. « Il faut bien que je le sois, ré[)ondit ft l'enfant, car j'ai auprès de moi une dame c[ni « est la raison niéme. — Allez lui dire, repiit le a Roi, que vous lui donnerez ce soir cent mille ('. francs pour vos dragées.» La mère me brouille mec le Hoc, sua fils me réconcilie avec lui. Je
ne suis pas deux jours de suite dans la même situation ; et je ne m'accoutume point à celte vie, moi qui me croyois capable de m'habituer à tout. » Dans une lettre à l'abbé Gobelin, du 4 G septembre 1674, elle se plaint des mauvais traitemens que madame de Montespan lui fait subir : ce Madame de Piichelieu est présentement avec madame de Montespan , pour tâcher de la faire expliquer sur ce que je puis espérer. Si, par la mauvaise humeur où l'on est pour moi, on s'en tient aux cent mille francs, je ne crois pas devoir les mettre à une terre; nous verrons ce que nous ferons. » Peu de temps après, elle reçut encore cent mille francs du Roi. << Il ne faut point dn-e ce nouveau bienfait, écrit-elle à Gobelin, j'ai des raisons pour le taire. Madame de Richelieu et l'abbé le savent. Maintenant je suis résolue d'acheter une terre auprès de Paris. J'attends des nouvelles de M. Viette pour en aller visiter, car je ne change pas sur l'envie de me retirer. » Tout cela contredit le dire de Saint-Simon, qui prétend que c'est madame de Montespan qui tourmenta le Roi pour lui faire faire cadeau de Maintenon à madame Scarron, et que le Roi n'y consentit que pour s'en débarrasser. C'est peu de temps après que le Roi, en lui parlant, l'appela devant plusieurs Y>ersojmes madame de Maintenon ; elle l'apprend à madame de Coulanges (lettre du 5 février
i 69o) en lui avouant qu'elle avoit eu Piiuhécillitc cCen rougir. Elle ajoute : « Les amis de mon mari ont tort de m'accuser d'avoir concerté avec le Roi ce changement de nom. Ce ne sont pas ses amis qui le disent; ce sont mes ennemis ou mes envieux : peu de bonheur en attire beaucoup. » Ce n'est qu'en 1087 que Louis XIV érigea en marquisat la terre et seigneurie de ]Maintenon,à laquelle il ajouta celle deGrogneul, située dans le voisinage, qu'il acquit au prix de trois cent mille livres, (Voy. Noailles, Histoire de madame de Mainte/ion^tome II,chap.n.) Il y avoit alors à peu près deux ans que le Roi avoit épousé madame de IMaintenon,
p. (52, mot de madame Cornuel.
Le mot se trouve confirmé dans ce passage des Mémoires de Saint-Simon : a II y avoit une vieille bourgeoise au Marais, chez qui son esprit et ia mode avoit toujours attiré la meilleure compagnie de la cour et de la ville ; elles'appeloit madame Cornuel, et M. de Soubise étoit son ami. Il alla donc lui apprendre le mariage qu'il venoit de conclure, tout engoué de la naissance et des grands biens qui s'y trouvoient joints. K Ho! monsieur, lui répondit la bonne femme,
« qui se luoiiroitet qui mourut deux jours aj)i'("js, K (jdc voilà nii grand et hou iiutriagc pour dans « soixante on (juatre-vingts ans d'' ici I » La date de la mort de uiadameCoriiuel ii\e celle de ce mariage : elle mourut, suivant ïallemant, en '1G94.
Variante de l'édition Moiuiierqué : « ( IMadame de Tliianges) avoit pourtant de l'espiùt et de rélocution; bonne et com])atissante, quoique dénigrante et i-ailleuse, elle condamnoit souvent les injustices et la dureté de sa sœur; et j'ai ouï dire ;i madaine de IMaintcnon qu'elle avoit trouvé dans niadame de Tliianges de la cnnciliallon dans les démêlés qu'elle avoit avec madame de Montespan. »
P. 70, 77, d'Elbenf.
œ C'étoit un honnup, dit Saint-Simon, dont l'esprit audacieux se plaisoit à Açi scènes éclatantes, et que sa figure, sa naissance et les bontés du Roi avoient solidement gâté. »
M. de Moiiinerqiic' ajoute, après ces mots , ttiir raillerie continuelle : « qui s'étendoit souvent même sur les personnes à qui elle devoit du respect. 11 lui arrivoit souvent, par exemple, de plaisanter sui- la reine; et quand elle trouvoitun bon mot à placer, elle ne l'épargnoit pas plus qu'une autre. Un jour, on vint dire au Iloi que le carrosse dans lequel étoit la reine avoit été tout rempli d'eau, ce qui avoit assez efïravé celle princesse. Sur-le-champ, madame de IMontespan, présente à ce récit, dit avec un air moqueur : « Ah ! si nous l'avions su, nous aurions cné : La « reine hoit ! » Le iloi fut foit pi(pu; de cette railce lerie, et il ré[)éla à l'instant : <■: Souvenez-vous, madame, qu'elle est votre maîtresse. » — M. de IMonmerqué, en intercalant ce passade tiré du manuscrit prétendu de mademoiselle d'Aumale, se demande quel motif l'a pu faire suppiimer dans toutes les éditions des Souvenirs, pijisqck madame de Monlcspan ii auroit l'ail (jue répéter le mot de la duchesse de Verneail^ en apprenant le (langer que Henri IF et Marie de Médicis avaient couru, le 'd Juin 1606, en jjussant le bac de Neuilly. 11 nous semble au contraire que c'est précisément cette répétition qui pourroit
faire doutei' de l'authenticité du passage. Madame de Caylus n'auroit pas manqué de signaler la rencontre.
P. 86, il seroit là !
Une note de l'ancien commentaire ajoute qu'il est manifeste que ce fut mademoiselle de Montpensier qui parla la première d'amour ùLauzun. — Elle-même s'en confesse tout au long dans ses Mémoires (IV partie). Voyez aussi les Mémoires de Choisy, édition Petitot et Monmerqué, page 502; et les lettres de madame de Sévigné à Coulanges, année 1C70.
La Fare, dans ses Mémoires, attribue à madame de Maintenon la mésaventure de Lauzun. « IMais ce qui rompit entièrement l'affaire, dit-il, fut madame Scarron, femme de beaucoup d'esprit, que madame de Montespan avoit mise auprès des enfans qu'elle avoit eus du roi et qui éloit alors sa principale confidente. Madame Scarron, dis-je, fit voir à madame de Montespan l'orage qu'elle s'attiroit en soutenant Lauzun dans cette affaire; que la famille royale et le Roi lui-même lui reprocheroient le pas qu'elle lui faisoit faire. Enfin, elle fit si bien, que celle qui avoit fait cette affaire la rompit. » Mémoires de La Fare, chap. vi.
P. 91, l'abbé Testu.
Il e.it fréquemment question de l'abbô Teslii dans les lettres de madame de Sévigné.
Voici le portrait qu'en fait Saint-Simon ; « C'étoit un homme fort singulier, mêlé toute sa vie dans la meilleure compagnie de !a ville et de la cour, et de fort l)onne compagnie lui-même ; il ne bougeoit de l'hôtel d'Albret, où il s'étoit intimement lié avec madame de Montespan, qu'il voyoit tant qu'il vouloit, dans sa plus grande faveur, et à qui il disoit tout ce qu'il lui j)Iaisoit ; il s'y lia de même avec madame Scarron. Il la voyoit dans ses tàncbrcs^ avec les enfans du Roi et de madame de IMontespan, qu'elle élcvoit. Il la vit toujours et toutes les fois qu'il voulut depuis le prodige de sa fortune ; ils s'écrivirent toute leur vie souvent, et il avoit un vrai crédit auprès d'elle ; il étoit ami de tout ce qui l'approchoit le plus et en grand commerce surtout avec M. de Richelieu et sa femme, dame d'honneur, cl avec madame d'Heudicourt et avec madame de Montclîcvreuil. Il avoit une infinité d'amis con-
\ . Allusion à la retraite piofoiidc oii mailaiTic de Maintenon vivojt tachée avec les enfans du Iloi. Voy. p. 38 et 3!) des Souvenirs.
sidérablcs dans tous les états, ne se contraignoit pour pas un, pas même pour madame de Waintenon; ne l'avoit pas qui voiiloit. C'est un des premiers hommes qui aient fait connoîlre ce qu'on appelle des vapeurs; il en étoit désolé, avec un tic qui, à tous les momens, lui démontoit ton!; le visage. Il primoit partout; on en
- rioit, mais on le laissoit faire.
« Il étoit très-bon any et scrviahle, et il a fait sous la cheminée beaucoup de grands plaisirs, et
♦ avancé, et t^ait même des fortunes; avec cela, simple, sans ambition, sans intérêt, et bon homme et honnête homme ; mais fort vif, fort dangereux et fort difficile à pardonner, et même à ne pas poursuivre quiconcjue l'avoit heurté. Il étoit grand, maigre et blond, et à quatre-vingts ans il se faisoit verser peu à peu une aiguière d'eau à la glace sur sa tête pelée, sans qu'il en tombât goulte à terre; et cela lui arrivoit souvent depuis beaucoup d'années; il a fort servi l'archevè(pie d'Arles , depuis cardinal de Mailly, et grand nombre d'autres , rompu le cou aussi à quelques-uns. Ce fut une perte pour ses amis, et une encore pour la société. C'étoit en tout un homme fort considéré et recherché jusqu'au bout. B
L'abbé Testu fut reçu à l'Acadéaiie en I6G0 ; il mourut en 1706. I! étoit ami de Rancé, avec qui il vécut longtemps à la cami)agne avant
(jii'il iVil (Icvonu le iclbniialcur de la Ti-appo. On a publié (le lui un vokime de poésies chiélienues. On trouve dans le recueil du P. Bouliouis, une longue et belle lettre de l'abbé Testu, en prose et en veis, siu- les conquêtes du roi.
p. 9b, Madanif d'IUudlcourt.
Saint-Simon ap[H'lle madame d'fleudieouri le « mauvais an-'e de madame de Alaintcnon. »
XYÏ.
P. 103, Villarccaux.
Saint-Simon est cru sur le sujet dei relations de Villarceaux avec madame de Maintenon : « Villarceaux , débauché fort ritlie , entretint longtemps madame Scarron,et latenoit presque tout l'été à Villarceaux. » Le premier éditeur des Souvenirs n'osa pas aller si loin ; il donne néanmoins pour certain, que madame de IMaintenon enleva Villarceaux à INinon, son amie. Ainsi que le remarque cet éditeur, le sujet éfoit délicat à traiter pour madame de Caylus; il faut avouer quelle s'en tire fortbabilement. — Nous avons suivi pour les derniers mois de la lettre
citée par madame de Caylus, mais pour quelques mots seulement , la variante proposée par M. de Monraerqué, d'après le manuscrit de mademoiselle d'Aumale. Les premières éditions portoient ; Sa tête brune lui seyait foi^t bien ; Renouard avait cru devoir remplacer le mot tête (teste) par le mot veste ; ce qui nous paroît une grande liberté. Au moins auroit-il fallu jiouvoir dire quel costume portoit ce jour-là M. de Villarceaux.
p. 107, on fît aussi des chansons....
On trouve en effet dans le Recueil de Maurepas, plusieurs chansons , ou couplets faits à l'occasion de ce mariage. D'abord un couplet sur les relations de mademoiselle de Laval avec Fontrailles avant son mariage, qui ne mérite pas d'être cité; en voici un autre à la date de 1683:
Nous portons des fontanges, C'est la mode entre nous ; Ne trouvez pas étrange Si Roquelaure, aussi belle qu'iui ange, En fait porter à son époux.
On sait que les fontanges étoient des nœuds qui se portoient sur la tète.
Je citerai plus au long une chanson qui se rapporte à un fait fort connu et consi£;né dans presque tous les uiôinoires du temps : l'auteur de la chanson, qui se chantoit sur l'air du cantique : Apprends-nous, ô Marie ^ feint de s'adresser à un espiùt messager pour apprendre de lui les nouvelles de la cour :
Je me suis laissé dire Que les filles d'iiouueur Out pris plaisir à lire Certain joyeux auteur.
Arétin on l'appelle, Selon le bruit commun.
— La moindre bagatelle Et cela, c'est tout un.
— Que dit la gouvernante '
De ce plaisir charmant? (nouveau?) En est-elle contente?
L'a-t-elle trouve beau?
— L'àme d'horreur atteinte, Prenant la chose en mal, Elle porta sa jilainte
Jusques au tribunal.
\. Madame de Montclievreuij.
— Sur ce fait d'importance, Et les témoins ouïs.
Dis-nous quelle sentence
A' prononcé Louis.
— Ce prince bon et sage, Grand en tout ce qu'il fait, Condamne au mariage, Pour punir ce forfait.
— Pour marier ces belles, Trouve-t-on à la cour Des époux dignes d'elles, Introduits par l'amour ?
— On en trouve à revendre, Quand le roi prend le soin De doter, ou de rendre
Ce service au besoin.
— Fais-nous savoir encore Par quels ])uissans discours La belle Roquelaure
A cbassé ses amours.
— Un amant téméraire.
Grand seigm-ur indiscret, A dit dans sa colère
Ce qu'il n'a voit pas fait, etc.
Saint-Simon dit en effet, dans ses IMcnioiies
APPENDICE. 2il
(t. V, p. 77), que ce fut le Roi qui fit le mariage de niadeuioiselle de Laval avec Antoine Gaston de R'jquelanre, et qu'à cette occasion il fui fait duc à brevet.
p. iU8, iiKideiaoisi'lle de Tonnerre chassée de la cour.
"M. de ISIonniPiqué note à propos de ce fait les extraits suivants du Journal de Danj^eau :
« Le Roi oi'donna à niadeuioiselle de Tonneire de sortir de la cour pour entrer aux Filles-Sainte-lNIarie de Paris (12 avril 1()o4}. — « i\L de Rhodes sortit avant-hier de la Bastille, et revint à la cour; il n'appiit que chez M. de La Feuillade le malheur de mademoiselle de Tonnerre (15 avril). — Elle fut mise à Porl- Roval et deux ans apiès elle épousa un gentilhomme du Dauphiné, nommé de Musv, dont le père étoit aussi de la maison de Clermont. Madame la Dauphiné ])arut; fort aise de cet établissement, et elle parla de mademoiselle de Tonnerre avec bonté (31 janvier '168G). — Le Roi refusa de signer son contrat de mariage, en disant qu'il ne vouloit faire cet honneiu'-là qu'aux personnes dont il avoit été content (2 février 1686). »
p. 1 H , madame de Dangeau.
« Il jiaroît cependant que madame de Dangeau fut obligée d'effacer le nom de Bavière. Voici ce que madame de Scvigné écrivoit au président de IMoulceau, le 3 avril 1686 : « Maû dame la Daupliine ayant su que cette jolie a personne avoit signé partout Sophie de Bavière, « s'est transportée d'une telle colère, que le Roi «fut trois fois chez elle pour l'apaiser, craignant c pour sa grossesse. Enfin tout a été effacé, «rayé, biffé; M. de Strasbourg (le cardinal de « Fursteml)erg) ayant demandé pardon, et avoué « que sa nièce est d'une branche égarée et sé- « parée depuis longtemps, et rabaissée par de « mauvaises alliances, qui n'a jamais été appelée «que Lœwestein. » Madame de Dangoau n'étoit en effet de Bavière que du côté gauche. Elle descendoit de Frédéric dit le Victorieux, qui, pour conserver l'électoral de Bavière à son neveu, avoit épousé. en 1^62 Claire de Tettingen, simple demoiselle, à la condition que les enfants à naître de ce mariage seroient seulement comtes du saint-empire , et n'auroient aucun droit sur les biens du Palatinat. » Note de M. de Monmerqué.
p. 119, Périgny.
Le président de Périgny, personnage trèspeu ou très-mal connu jusqii'aujourdluù et que M. Charles Dreyss vient de mettre eu lumière, dans son excellente édition des Mcmoirt-s de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin, à laquelle nous renvoyons le lecteur pour les détails. Périgny, d'abord président aux enquêtes, puis conseiller d'État et lecteur du Roi, fut nommé précepteur du Dauphin en 1G66. M. Ch. Dreyss nous le montre tenant la plume pour le Roi dans la rédaction du journal secret qui servit de base aux Mémoires. Il mourut en IGTO, âgé de quarante-cinq ans. Périgny étoit bel esprit et composa des épigrammes, des madrigaux et même un ballet intitulé les Amours déguisés, dansé sur le petit théâtre du Palais-Royal en 1664 et qui lui valut une épigramme de Benserade. Le couplet rapporté par madame de Cavlus donne la juste mesure du talent poétique de Périgny, talent purement de société, et que M. Dreyss a le bon goût de ne pas respecter tout en citant de lui deux ou trois épigrammes et une paraphrase des psaumes. ÎNL Dieyss cite comme témoignages historiques sur Périgny les
letlres de Guy-Patin, la Gazette de France, la Correspondance administrative de Louis Xlf", publiée par Depping , IM. Floquet, Etudes sur la vie de Bossuet, Talleinant, Fie de Bensei-ade, etc. — On lit d'autre part dans le Segraisiana : <■ Monseigneur (l'élève de M. de Montausiei-) ne savoit pas encore les principes de la langue latine, qu*il ctoit en colère de ce qu'il ne savoit pas le grec. Il a été cause de la moit de M. de Peregny {VcY\u,ny), lequel étudia le grec avec tant d'application qu'il devint malade et mourut. II avoit beaucoup d'esprit et de génie, et il apprit à lire à IMonseigneur avec des lettres de filigrane qu'il avoit faites lui-même. «
p. 1-21, 122, Ch-rinom-Cliatte.
Saint-Siuion confiinie, en le développant, le lécit de madame de Caylus. Il ajoute que le Koi ayant reçu les lettres manda un soir madame de Conti dans son cabinet ; et, malgré ses larmes et son évanouissement, l'obligea à lire, l'une après l'autre, toutes les lettres que contenoit le paquet. Sa conclusion fut le renvoi de mademoiselle Chouin et l'exil de Clermont, qui eut ordre de se défaire de sa charge d'enseigne des gendarmes de la garde.
Al'PK.VDlCE. 215
Orisait ce qu'est <!(' venue inadciiloisfl le Cli(tiii II. Oiiant à Clermont, cpii etoit do la branche de Cliaste en Roussillon, il reparut à la eour après la mort du Roi, et fut fait, en ITKi, capitaine des Suisses du Rei,'ent. " C'etoit, dit Saint-Simon, un j^rand honune, partaitement l)i(!n lait, qui n'avoit rien que beaucoup d'honneur, de valeur, avec un esprit assez propre à l'intrigue.... »
p. 137, d;i Cluirmcl.
Saint-Simon, ami très-|)articulier de du Cliarmel, et qui fait plus d'une fois mention de lui dans ses Mémoires, ne parle nullement d'un;^ (vv/r;//. Il dit que touché par la lecture du livre d'Abbadie sur la Vérité de la religion chrétienne, il (pàtta bruscpiemcnt la cour, et se retira dans une maison, « joignant l'institution de l'Oratoire. :» — M. de Monmerqué , (pii , dans son édition des Souvciii/s, relève avec raison le jugement du premier éditeur (Voltaire?) qui présente du Charmel comme tin [al: à piétciulucs bonnes l'oif.itncs et de l'esprit le ])his nii/iee.
Du Charmel. gentilhomme de Cliam[)agne, et non Lonain, comme le dit madame de Caylus, passa la moitié de sa vie à la cour, en qualité de capitaine d'une des (\q\\\ compagnies des becs à
cnrbin. Quelques années après sa retraite, il fut exilé de Paris, comme s'étant mêlé des affaires du jansénisme. Après huit ans de cet exil, il sollicita la permission de venir à Paris pour se faire opérer de la pierre; elle lui fut refusée, et la façon dont il fut taillé, par un chirurgien malhabile, fut cause qu'il mourut au bout de trois jours. « C'étoit,dit Saint-Simon, un honune d'une grande dureté pour soi, d'un esprit audessus du médiocre, qui s'entctoit aisément et qui ne revenoit pas de même, de beaucoup de zèle, qui n'étoit pas toujours réglé, mais d'une grande fidélité à sa pénitence, à ses œuvres, et qui se jetoilla tête la première dans tout ce qu'il croyoit le meilleur; avant sa retraite, fort honnête homme et fort sûr, très-capable d'amitié, doux et bon homme. » Voy. Mémoires de Saint- Simon, tomes II, V et XP de la dernière édition (185G).
Du Charmel étoit ami de l'abbé de Rancé, et se retira avec lui à la Trappe. On voit, par la lettre de Saint-Simon, placée en tête des Mé' moires, qu'il y étoit en 1669, et que ce fut lui qu'il chargea de porter à Rancé les fragments de ses Mémoires qu'il vouloit soumettre à son approbation.
P. 13S, la princesse d'Harcourt.
Le témoignage de Saint-Simon a])puie ici encore et en l'aggiavant celui de madame de Cayliis. Il dit nettement que Brancas, père de madame d'Harcourt, avoit vio pii/s rjuc bien avec madame de Maintcnon, et qu'il t'alloit à celle-ci une raison aussi fvrte pour prcfidre en faveur une personne qui en einit aussi peu digne. Le j)ortrait que Saint-Simon a laissé de madame d'Harcourt prendroit trop de place dans ces notes; nous préférons y renvoyer le lecteur (tome IV' de la dernière édition) : joueuse, voleuse, avare, gourmande, malpropre, intrigante, basse, cag(jte, hypocrite, tel est en deux lignes le résumé de ce portrait, assaisonné du récit des tribulati(ms les plus bouffonnes et les plus extravagantes.
p. 136, 137, madame de Gramoiit.
Saint-Simon, très-particulièrement lié avec du Charmel, comme on vient de le voir, et avec la comtesse de Gramont, et qui parle souvent