‹ Souvenirs. Avec une introd. et des notesChapitre 34 sur 38 · AP1'E\I)ICK · texte numérisé non relu

AP1'E\I)ICK

(le l'un et de l'autre, ne l'ait nulle part allusion à cet heureux contre-coup de la grâce. — H y «i bien aussi (|uelqiie chose à redresser dans le ])ortrait que luadauie de Caylus nous donne d'Elisabeth Hauiilioii. Il ne faut pas oublier en le lisant que la spirituelle et fière couitesse avoît osé braver miulame de Maintenon dans sa petite maison des MoiiUncmx^ et que tout le crédit de la favorite léij;itime n'avoit rien pu diminuer de l'amitié du Roi pour elle, amitié telle qu'il lui pardonnoit jusqu'à des retraites à Port-Royal ! Saint-Simon nous donne de quoi corriger le dernier trait: Elisabeth Hamilton avoit été, nous dit-il, élevée à Port-Royal des Champs, et en (H'oit conservé tout le ^oui et le bon, à travers les égaremcns de la jeunesse, de la beauté du L;rand monde et de quehjues galanteries, sans que les faveurs, ni le danger de les perdre l'aient jamais pu détacher de cet attachement intime.... « Ses dernières années, ajoute-t-il, furent uniquement pour Uicu. Elle comptoit bien, dès qu'elle seroit veuve, se retirer entièrement; mais le Roi s'y opposa si forteuient, qu'il fallut demeui'er. Ce ne fut ]);\s pour longteu)ps; de grandes iulirmités la tirèrent delà cour, ce dont

elle lit le plus saint usage et le ])Ius salutaire i>

Il fcml {(viiuer qu'il y a bien là quelque chose tendant à la piété. C'en est assez pour nionlrei' comment il faut entendre les pieux motifs piètcs

AIM'ENDICJ:. "249

|i;'r niadame de Caylus à inadauio de Maintenoii pour altirer et retenir chez elle la comtesse de Gramoiit.

p. l't'6, niadami- d'IIc-iidiconir.

l.a cause de la disj^ràce de luadauie d'ileiuli- (■ourt,fut qu'elle avoit révélé le secret de l'amour du Roi au marquis de Béthune et au niar- (|uis, depuis maréchal de Rochefort. 31. de Momiier(]ue ajoute, daprès une lettre inédite de madame du Boucliet à Bussy, datée du "lO septembre 4 669, que Rochefort leijj'nit d'être amoureux de madame d'FIeudicourt, et lui lit la cour pour surprendre ses confidences. Madame d'Heudicourt ne rentra en grâce qu'en '1671), comme le témoigne une lettre de niadame de Sevigné du 29 juillet de cette année. Il est lemaïquahle que celtt? date est aussi celle de la mort du marquis de Rochefort, qui raoïu'ut, dit Saint-Simon, au ))iintemps de 1670. — Le marcp.iis de Béthune éloit beau-frère, })ar safcuune, de la reine de Pologne, femme de Jean Sohieski. De là sa fortune en Pologne, où il i)ril du service, après sou ambassade. « G étoit, selon Saint-Simon, un homme d'esprit avec beaucou[) .'l'agrément, fait pour la société et fort capable d'affaires. "

P. lii, Nanou.

Cette servante si secrète, dont parle madame de Caylus, est, sans nul doute, la célèbre Nanon dont Saint-Simon a laissé le portrait suivant :

« Madame de IMaintenon avoit conservé auprès d'elle une vieille servante qui, du temps de sa misère, et qu'elle étoit veuve de Scarron, à la charité de la paroisse de Saint-Eustache, étoit son unique domestique; et cette servante, qu'elle appeloit encore Nanon comme autrefois, etoit pour les autres mademoiselle Balbien, et fort considérée par l'amitié et la confiance de madame de • IMaintenon })our elle. Nanon se rendoit aussi rare que sa maîtresse , se coiffoit et s'habilloit comme elle ; imitoit son précieux, son langage, sa dévotion, ses manières. C'étoit une demi -fée à qui les princesses se trouvoient heureuses quand elles avoient occasion de parler et de l'embrasser, toutes tilles de roi qu'elles fussent; et à qui les ministres qui travailU)ient chez madame de Maintenon faisoient la révérence bien bas. »

Al'PENDICE. 251

p. 150, l'abljave de Maubuisson.

Toutes les éditions, même celle de I\I. de INlonmerqué, disent Montbitissnn. Il est cependant évident que la personne dont il s'agit ici est Louise-lNIarie de Bavière, Princesse palatine^ fille de Frédéric IV, roi de Bohème, XXV* abl)esse de Maubuisson qui mourut en 1709. Vov. Gall. (lui st.

p. 158 (note).

Chanson sur la Phèdre do Racine attribuée au duc de Nevcrs par Voltaire :

Racine, cet liomme excellent, Dans l'antiquité si savant, Des Grecs imitant les ouvrages.

Nous peint sous des noms empruntés Les plus illustres personnages Qu'Apollon ait jamais chantés.

Sons le nom d'Oman le Cruel Louvois est peint au naturel;

Et de Fasllii la décadence Nous retrace un tableau viv^ant De ce qu'a vu la cour de Friuice A la chute de Montespan.

La perséculion des Juifs

De nos huguenots fugitifs

ÏLst une vive ressemblance;

Et VEsther qui règne aujourd'hui

Descend des rois dont la puissance

Fut leur asile et leur appui.

Cette Esther qui tient à nos rois, Ainsi que la Juive autrefois, Éprouva d'affreuses misères ; Mais, plus dure que l'autre Esther, Pour chasser le dieu de ses pères Elle prend la flamme et le fer.

Pourquoi donc comme Assucrus, Mon roi, si rempli de vertus, N'a-t-ilpas calmé sa colère?

Je vais vous le dire en deux mots :

Les Juifs n'eurent jamais affaire Aux jésuites et aux dévots.

On sait que le duc de Psevers, que Vcltaire appelle, dans ses notes, le « Voiture de l'Hôtel de Bourbon, -a étoit l'ennemi de Racine et de Eoileau, qu'il a souvent chansonncs. Cette autre chanson que l'on trouve dans les chan-

Al'l'ENUICE. 253

sonniei's du temps poiinoit l'tre aussi de lui:

Ta vanité nie chagrine ;

Loin d'être friand d'iionnenr,

La dévotion, Racine,

Veut qu'on soit hund)le de cœni-.

— Je ne saurois.

— Fais-en du moins quelque mine.

— J'en mourrois !

— Suis ce que ji; te conseille, Sans t'en vouloir prendre au roi :

Souffre que le grand Corneille Sois mis au-dessus de toi.

— Je ne saurois.

Qu'il soit en place pareille,

J'en mourrois!

SI tu ne veux pas me croire, Quitte le dévot sentier.

Dupé par la vaine gloire.

Reprends ton premier métier.

— Je ne saurois.

— Imprime donc une histoire '.

— J'en mourrois.

Le duc de Nevers (Philippe Julien Mazai ini Mancinij, neveu du cardinal INfazarin, né à

i . Allusion ,i VHistoire ilu résilie de Lmiis XIF que Racine avoit été cliargc «l'ccriic avec IJoileau.

Rome, en 4G4J,, mourut à Paris, en 1707. L'histoire de ses démêlés avec Racine et Boileau à l'occasion de la tragédie de Phèdre^ contre laquelle il soutint VHyppolitc de Pradon, se retrouve dans toutes les bonnes éditions des œuvres dé Racine. On trouve des poésies de lui imprimées dans quelques lecueils du temps ; principalement dans le Recueil de poésies choisies d'Adrien Moëtjens, la Haye, 1694, et dans les Divertissements de Sceaux, Voy., sur le duc de JNevers, les Mémoires de Saint-Simon, les Mémoires de Mademoiselle , deuxième partie , Titon du Tillet, Parnasse François, et le Dictionnaire de Moreri.

p. 162, épigramine de Racine sur Boyer.

Cette épigranune est fort connue. Madame de Caylus, dans le manuscrit, n'en cite que le premier vers :

A sa' Judith }3oyer par aventure,,..

Elle est dans toutes les éditions de Racine. Claude Boyer, de l'Académie Françoise, ainsi que ^Michel Leclerc, son collègue, étoit d'Alby.

Cette coiniiuinaulé d'oriyine, ainsi ({tie la parité de leurs infortunes au théâtre, les a souvent fait associer dans les ('[)ij^rainnies du temps. Furetière s'est particulièrement distingué contre eux dans ses Factums où il prétend (juils ont été souvent obligés de se mettre à genoux devant les comédiens pour faire jouer leurs comédies, ou d'en partager le profit avec quelqu'un de la troupe pour avoir sa protection fVoy. la nouvelle édition des Factums de Furctiére , 1839, t. I). L'abbé d'Olivet dit que Boyer a travaillé j)endant cinquante ans ])our le théâtre, sans que la médiocrité du succès l'ait jamais rebuté. On connoît celte autre q^jigranime de Racine sur Viphigénic de Leclerc et de Coras.

Entre Leclerc et son ami Coras, elc —

Furetière rapporte sur Boyer l'épigramme suivante dont il pourroit bien être l'autour :

Quand les pièces représentées De Bo> er sont peu iVcrpientées,.

("hairrin qu'il est d'y voir peu d'assistans, Voici comme il tourne la chose :

Vendredi la pluie en est cause ; Et le dimanche le beau tems.

Chapelain a été indulgent pour Boyer et Leclerc dans ses notes présentées au Roi au sujet

des gratifications. — On peut voir sur ces deux auteurs l'histoire de l'Académie de l'abbé d'Olivet.

p. 168, mademoiselle Cbouin.

IM. de Monmerqué pense, contre l'opinion de Voltaire et d'Auger, qu'il est très-vraisemblable que Monseigneur et mademoiselle Chouin aient été mariés. « Ce point, dit-il, présentera peu de doutes, lorsqu'on aura publié une édition entière des Mémoires de Saint-Simon, et quand nous aurons faitconnoître ceux de mademoiselle d'Aumale. » Les mémoires de mademoiselle d'Aumale n'ont point paru. Quant à Saint-Simon, dont les mémoires sont aujourd'hui complètement publiés, il n'alfirme rien. « C'est encore im problème, si elle étoit mariée, dit-il, en parlant de mademoiselle Chouin. Tout ce qui a été le plus intimement initié dans leurs mystères s'est toujours fortement récrié qu'il n'y a jamais eu de mariage, m II avoue qu'au train de cet intérieur, au ton et à l'attitude de maderaoi^ selle Chouin, dans les parvulo de Meudon, et surtout aux égards que le Roi et madame de Maintenon, mariée alors, et qui nfficlioit si fort lapruchrir et In dévotion, crurent devoir lui té-

Al'l'J-NDlOE. -lô/

nioii^ncr, lors de lu nioit du Dauiiliiii, il v a i;raiul(' iircsoiiiplioii de sacrcnicnt ; mais il lu- va pas an delà, — M. le duc de IVoaillos,au toniolll de son Histniic de mndaine de Mctiniefion, cite deux lettres du Dauphin, qui lui jiaioissent concluantes dans le sens du mariage, IMadame de Maintenon écrivant au Dauphin, lui avoit parlé de sa femme, a Cela m'a surpris d'abord, lui répondit-il, et m'a fait demeurer tout court. » Mais dans une lettre précédente, le prince consultoit madame de IMaintenon sur un pi-ojet de mariage; il ne me paroît pas sûr cpie le mot de madame de Maintenon ne fût pas une [)laisanterie.

p. 21-2, le hoca.

Le lioca , ou hocca , jeu assez send^Iablc au loto , d'après la description qu'en donne le Dictioiitmire de 7/Ô'okj;, paroît avoir été importé en France par IMazarin', grand amateur du jeu, et surtout des jeux de hasard, où il savoit être très-heureux. (Voy. Tallcmant des Réaux, t. IV delà nouvelle édition; Hist. de madame d'Jtliis,)

\ . Jj\lntiUiiiic uniieisclle ties jcitx, Yiii\>\i(:c en 1725 (Paris, Tliéodorc Lcgras) , parle même il'ime piirtie de lioca appelle lioc ]\J(izariii,<\in se jouoit avec des cartes.

Il se jouoit avec trente boules creuses, dans chacune desquelles on enfermoit un numéro écrit sur une bande de parchemin, et que l'on tiroit ensuite au hasard après les avoir secouées dans un sac. Ce jeu, où la fraude étoit à ce qu'il paroît très-facile, causa de tels désordi-es, qu'à Rome le pape fut obligé de l'interdire et de chasser de ses États ceux qui s'en mèloient. II fut pareillement défendu à Paris, par arrêt du parlement, sur la plainte du prévôt des marchands. (Vov. Delamare , Traité de la Police, t. I. — Sur l'habileté de INIazarin au jeu , on peut consulter la Biographie de Mazarin, publiée dans la Rcvistn coiitcmpnranra de Turin, livraison de novembre 1855, et l'analyse que nous en avons donnée dans \ AtheiiKum français, en 1856. j

xxxn.

p. i212, 213 et 2U, Nangls tt Maulévrier.

L'histoire des prétentions de Nangis et de Maulévrier auprès de la duchesse de Bourgogne est racontée tout au long dans Saint-Simon (t. IV). La dame dont parle madame de Caylus, dont Nangls était (imniircux, et fjiii tobsenHut de près, étoit madame de La Viillière, fille de la comtesse de Neuillv, dame d'atours de la du-

Ai'riixuici-, 259

chesse, et qui « sans beauté, étoit jolie comme les amours et en avoit toutes les grâces.... La jalousie l'oclaira bientôt. Bien loin de céder à la princesse, elle se piqua d'honneur de conserver sa conqut'te, i\e la lui disputer, de l'emporter. Cette lutte mit Nangis dans d'étranges embarras : il craignoit tout des furies de sa maîtresse. D'autre part, sa réserve ne le perdoit pas moins auprès d'une ])rincesse qui pouvoit tant et qui n'ctoit j)as pour céder, non pas morne pour souffrir une rivale. Cette perplexité à qui étoit au fait donnoit des scènes continuelles. »

TABLK ANALYTIQUE.

Ai.BRLT (Icaniie d'), p:ige 2.

ALDRET(M:irécl.i.ld'),<0,r2, 91, H38, ^39.

Albrkt (la Miiicclialed'), iO ^ I , 12, 34, 138, 139. Appendice V.

Angleterre (Roi d'), Jac ques II, 177, 178.

ANGLETERRE (Reine d'), 177, 178, 179.

Argeston (Madame d'), maîtresse du Régent, 207.

Arpa.io>- (Duchesse d'), 101,

Albigné (TIiéndorc-Agrippa d'), 2, -3. Ai)p. II, m.

AuniG.NÉ (Constant d'), fils de Théodore- Agrippa d'Aubigné, 'i, 5, 6. Ap]). m.

AuBiGNÉ (Comte d'), frère de madame de Maintenon, 55,

Bardezielx (Louis-François- Marie Le Tellier, marquis

de), fils de Louxois, minisfro de la guerre, 48. 122, 1GG, 1f>7.^ Baru.lox, 93.

Bealvilliers (Duclirssc de),

B;rrv (Duc de), KG, )90,

Berky (Duchesse de), 199,

Bessol.\,H2, 113, H 4, kg.

BÉriiLXE (Marquis de), 140,

Belvron (Marquis de), 'J.

Biron (Mademoiselle de), ma--

dame de Nagaret, 107.

Bontems, premier valet de clianduc de Louis XÏV, gouverneur de Versailles et de Mariy, 144.

BossLET, 25, 33, 45, 48, 81.

Bourbon (Duc de). Monsieur le Duc, 1G8, 188, 190, 193, 196, 197, 198.

BoLR(;oGNE (Duchesse de), Maris-Adélaïde de Savoie, 1 13, 109, 200, 209, 210, 211 , 212, 213, 214.

BouzoLES (Madame de) ou Bouzols , Marie-François-

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