‹ Souvenirs d'Allemagne: LorelyChapitre 21 sur 66 · SECONDE JOURNÉE · texte numérisé non relu

SECONDE JOURNÉE

La salle commune d*un hôtel de belle apparence; un gros poêle allemand, des tables rangées comme peur une table d*hdte. — A drpitQ, un escalier montant à une cliambre» — A gaiiche, une grande entrée intérieure donnant dans les appartements principaux. — Un orchestre pour les jours de bal. — Au fond du théà* tre on aperçoit la route; en travers, une barrière peinte aux couleuis du prince, les deux montants sont surmontés de lions héraldiques.

t — FLAMING, ROLLERi DIEGO, TROIS AUTRES ÉTUDIANTS.

ROLLER. Hôtel du Soleil ! C'est magnifique ; et il faut espérer que ce sera cher ; hôtel tenu à l'anglaise, cuisine française... rien d'allemand que le poêle I Mousserons très-bien ici... Holà! hol Thôtelier.

DIEGO. Ohé ! la maison I les bourgeois I les philistins damnés !

TOUS. Du tabac!.... du feu!.... de la bière!.... du vin!

l'hôte. Messieurs! messieurs! (A part). Des étudiants? je suis perdu ! ^

ROLLER. Ne regarde pas sur la route, nous n'avons pas d'équipages.

l'hôte (à part). Ils ne sont que six! (Haut.) Messieurs, ma maison n'est pas une auberge.

SGËlfES DE LA TIE ALLEMANDE. IM

ROLLER. Alors c'est une taveroe.

l'hôte. Non, messieurs.

ROLLER. Encore un mot*. • et nous allons en faire un coupe-gofge.

l'hôte. C'est ici unhôtel^ messieurs.

ROLLER. Un hôtel T Qu'est-ce que c'est que cette aristocratie de domicile I ... Nous te faisons l'honneur de t'amener ce soir toute l'université, et ta maison sera ce que nous voudrons qu'elle soit, entends-tu? Nous ferons barbouiller une enseigne bachique; nous décrocherons ton Soleil d'or^ et nous intitulerons toit établissement : Cabaret du sauvage... EsAn content?

l'hôte. Toute l'université ce soir? Ah! Messieurs I...

ROUER. Tais-toi!

FLAMiNG Va nous chercher de la bière.

DIEGO. Va nous chercher du vin.

FLAMiNG. De la bière et du vin.

l'hôte. Messieurs, pardon. Nous avons ici des voyageurs qui dorment, de grands personnages...

FLAMiNG. Après l'empereur et les femmes, les étudians sont les plus grands personnages qui soient.

DIEGO. Après les femmes et avant l'empereur.

FLAMING. Cela dépend des opinions. Va nous chercher à boire, ensuite nous t'expliquerons nos idées.

l'hôte. Mais...

ROLLER. Et quand cela t'ennuiera que nofus frappions sur les tables, nous frapperons sur les carreaux.

l'hôte. Je suis ruiné, perdu I

hbrmann C'est bien dit.

FLAMiNG. Est-ce assez grand seulement, cette salle?

ROLLER. La plus grande du village, assurément.

DIEGO. En jetant bas cette cloison, on donnerait un peu plus d*aisance.

ROLLER. Bah I nous ne serons gênés qu'au comroen* cernent ; quand la moitié des buveurs de bière aura roulé sur le parquet, l'autre moitié sera extrêmement à Taise. Une bonne orgie a toujours deux étages , le dessus des tables et le dessous.

l'hôte. Voici de quoi vous rafraîchir, messieurs, mais, au nom du ciel^ parlez moins haut ; ne fumez pas, et retirez-vous tranquillement quand vous aurez bu. Nous avons ici une dame et un voyageur qui paraît fort distingué.

ROLLER. Eh bien I nous inviterons ton voyageur à boire avec nous, et la dame... A quoi Pinviteronsnous, la dame?... ma foi, à s'en aller au plus tôt; car» dans une heure seulement, ce ne sera pas la place d'une dame ici.

l'hôte. Grand Dieul

ROLLER. On va tcîut t'expliquer...

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