IX.->-Ls8 PRÉGÉOSNTS, LE BOURGUEMESTRE» MARCSAHQ
HERMANN. Le bourguemestre.
LE ROI. Approchez, monsieur le bourguemestre; comme nous voulons que tout se passe dans lés règles, nous réclamons votre présence.
LE BOURGUEMESTRE. Mcssîeurs, j'espèro que vous respecterez les propriétés.
LE ROL Du moment que nous vous avons fait ve^ nir... Combien avez-vous de miliciens dans votre village?
(«ç B0URGU£M]çsTRE. Huit hommes*
LE ROI. Vous les réunirez.
LE BOURGUEMESTRE Us sont sur la grand'placc.
LE ROI. Eh bien I vous les mettrez en sentinelle à toutes les portes... afin que le désordre ne soit jfas troublé un seul instant!
LE ROI (à l'un des marchands). Que veux-tu, toi, philistin ?
LE MARCHAND. MoDseigneur, pardon ; je suis un malheureux débitant de tabac de cette ville.
LE ROI. £h bien I te doit-on qilelque chose?
8GË1IB8 DE LA VIE ALLEMANDE. Ul
LE MABGHAND. Oo me doit beaucoup; mais en m*a pris bien davantage.
LE Boi. Qu'est-ce qu'on t'a pris T.. • c'est impossible.
LE MARCHAND. Mon Dieul ne vous fâchez pas, monseigneur. Pardon ; on n'aurait pas retrouvé dans vos charrettes couvertes, parmi vos bagages...
LE ROI. Quoi ?
LE MARCHAND. Une femme.
LE ROI. Une femme I
LE MARCHAND. Oui: ma femme I... mon épouse légitime, messieurs I (Huées des étudiants.)
LE ROI. Un instant I... il n'y a que d'honnêtes gens ici; voilà un bourgeois qui a perdu sa femme, il faut qu'elle se retrouve! (Tumulte parmi les étudiants.) Qu'est-ce que c'est?
HERMANN. Ce u'cst ricH : Un étudiant qui se trouve mal.
LE MARCHAND, C'ost ma femme«
HERMANN. Respoct au costume I
LE MARCHAND. Yous Rviez promis de me la faire rendre, monseigneur.
LE ROI. Le jugement de Salomon : chacun la moitié. (A un autre.) Qui es-tu, toi?
DEUXIÈME MARCHAND. Tailleur.
LE ROI. Que demandes-tu ?
LE TAILLEUR. Qu'ou me paye.
LE ROI. Qui est-ce qui te doit?
LE TAILLEUR. M. DiégO.
LE ROI. Ta note.
LE TAILLEUR. Troîs couts florius.
LE ROI (à Diego). Reconnais-tu que les vêlements ont été fournis?
DIEGO. Et usés. Il n'y a rien à dire : ils n'allaient pas très-bien étant neufs ; mais à présent ils ne vont plus du tout.
LE ROI. Mais sur le prix?
DIEGO. C'est autre chose.
LE ROI. Combien cela valait-il raisonnablement T
DIEGO. Cent florins.
LE TAILLEUR. Jamais.
LE ROI. Une fois... deux fois...
LE TAILLEUR. Donuez. Hais je n'y ai pas gagné un sou.
DIEGO. Ni moi non plus.
LE ROI. Et maintenant la musique I
UN TROISIÈME MARCHAND. Môusieur Max...'
UN AUTRE. Votre Majesté...
LE ROI. Silence I
UN AUTRE. Monsieur Max, je suis le restaurateur du Corbeau...
UN AUTRE. Monseigneur, je suis celui qui monte la garde (^and on se bat en duel. On me doit six factions...
UN AUTRE. On me doit quinze cents pots de bière pour une assemblée...
UN AUTRE. Monseigneur, je promène les chiens des étudiants pendant les classes...
LE ROI. L'audience est remise à demain. La musique?
TOUS. La musique!
ROLLER (roulant un tonneau.) Uo instant, mes-
sieurs, voici de quoi soutenir les voix!... Faites circuler les pots à bière.
UN ÉTUDIANT. C'est du viu !
KOLLER. C'est vrai. Pardon, messieurs, on Ta roulé pour de la bière ; mais il se trouve que c'est d'excellent vin du Rhin : excusez.
LE ROI. Allons, on t'excuse. La musique !
UN MUSICIEN AMBULANT. <}ue faut-il VOUS jouor, mon empereur?
UN ÉTUDLiNT. La Chassc de Ludzow î
TOUS. Oui, la Chasse de Ludzow t
FLAMING. La Chasse de Ludzow t c'est la fanfare du peuple allemand I
ROLLER. Oui, c'est avec cela qu'il chasse... quand il chasse.
l'hôte. C'est un chant de 1813 : il est défendu, messieurs.
ROLLER. Raison de plus.
TOUS. La Chasse de Lv4zow!
ROLLER. Bon... cela chauffe; faites circuler, et que cela ne s'éteigne pas.
pjAMiNG. Les bourgeois qui ont peur d'être compromis pe,uvent se retirer.
TOUS. Chut! chut!