‹ Souvenirs d'Allemagne: LorelyChapitre 41 sur 66 · V. — LÉO, LE GHEVAUER · texte numérisé non relu

V. — LÉO, LE GHEVAUER

LE CHEVALIER. Enfin VOUS êtcs seul, monseigneur.

LÉO. Vous attendiez depuis longtemps, monsieur ?

LE CHEVALIER. Oui, monscigncur.

LÉO. C'est bien... Passez dans votre cabinet, et ouvrez la correspondance.

LE CHEVALIER. Monseigocur ne mo demamle pas si j'ai réussi.

LÉO. En quoi ?

LE GHETAUER. Mais daDS mon entreprise d'hier.

LÉO* Laquelle?

LE CHEVALIER. MonseigoBur se souvient que je lui ai demandé la permission . .\

LÉO. Eh bien ! je vous l'ai donnée...

LE CHEVALIER. Que jo lui ai montré un hommeé..

LÉO. Je ne me souviens pas.

LE CHEVALIER. Eh bien ! cet homme^ monseigneur... c'était un de mes amis.

LÉO. Un de vos amis? -

LE CHEVALIER. Oui, uu frèro des sociétés secrètes4

LÉO. Vous êtes de ces sociétés, monsieur?

LE CHEVALIER. Je VOUS Tai dit, je m'en suis fait recevoir. .. pendant que je travaillais au journal... et que nous faisions de l'opposition ensemble, monseigneur,

LÉO. Je croyais que vous y faisiez de la science, et moi de la politique.

LE CHEVALIER. C'est ccla... Et dans mes courses archéologiques j'allais visiter les vieux châteaux de l'Italie, de la Saxe, de la Souabe. Là, de temps en temps, je trouvais dans les ruines une vingtaine d'amis, amateurs comme moi d'antiquités... puis, par occasion, nous parlions de politique... de sorte que, comme je l'ai dit à Votre Excellence, je suis aflSIié à tout... Je ^is carbonaro en Italie; ici membre de la Jeune Allemagne.

LÉO. De sorte...

LE CHEVALIER. De sortc qu'au moment où il allait partir pour Heidelberg, y portant le plan de la conspiration, j*ai avisé un de mes anciens camarades... il était un peu animé déjà par up certain nombre de coups de

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l'élrier... Je l'ai déci^dé à venir à la cour. Le punch el le vin du prince l'ont achevé ! A celte heure il dort en prison, grâce à mes soins; et dans les poches de l'habit qu'il a quitté chez moi, il y avait ce paquet.,.

LÉO. Et la chose s'est passée ainsi que vous me le dites?

LE CHEVALIER. Tout à fait.

LÉO. Vous ne vous vantez pas.

LE CHEVALIER. En aucuue manière.

LÉO. Vous étier affilié à ces sociétés secrètes t

LE CHEVALIER. Je lo suis eucorc.

LÉO, Vous avez enivré cet homme pour lui prendre ces papiers.

LE CHEVALIER. J*ai Complété seulement son état d'ivresse. .

LÉO. Et cet homme sait que vous m'appartenez, que vous êtes mon secrétaire. Cet homme croira que vous avez agi par mes ordres...

LÉ CHEVALIER. II HO s*en doutora pas, monsei^ gneur... Il croira avoir perdu les papiers.

LÉO. Mais s'il s'en doute , monsieur... Savez-vous bien que vous avez compromis mon nom ; un nom que j'avais juré de conserver pur... un nom que vous venez de tremper dan$ votre...

LE CHEVALIER. Pardou, je croyais avoir bien fait, monseigneur.

LÉO (se contenant, à part). Allons, voilà que j'allais me faire un traître avec un lâche! (Haut.) Vous irez trouver le directeur de la police avec un mot de moi.

UN DOMESTIQUE. Monscigneur....

LÉO. J'avais défendu qu'on fît entrer personne,

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LE DOMESTIQUE. SoD Àltesse Royale, monseigneurle prince régnant.

LÉO (au chevalier). Passez dans votre cabinet, monsieur, et réunissez-y vos papiers avant de quitter l'hôtel.

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