acte
— Où sont ces masques? dis-je, en soupirant, à Harel.
— Chez le costumier.
J'entrai là, au milieu des imprécations de tous les ouvriers étudiants qui, sur n?a parole, s'étaient engagés à jouer des rôles sérieux.
— Masques d'arlequins!... me disait-on, — cela ne va pas trop
avec notre costume.
Mélingue et Raucourt, qui avaient des masques à eux, en velours noir, se prélassaient dans le foyer, sûrs de n'être pas ridicules. Mais les affreux masques des étudiants, avec leurs nez de carlin et leurs moustaches frisées, m'inquiétaient beaucoup. — Raucourt dit : — Il n'y a qu'un moyen, c'est de rogner les moustaches. Le nezest un peu écrasé, mais pour des conspirateurs cela ne fait rien. On dira : qu'ils n'ont pas eu de nez.
Si8 APPENDICE.
Eofio, pour sauver Tacte, nous nous mimes tous, madame Mélingue, Raucourt, Mélingue et Tournan,— à couper les barbes dés masques d*arlequin, qui, à la rampe, faisaient scintiller leur surface luisante, et étaient un peu de sérieux à la scène du Saint- Vehmé.
Quelqu'un me dit i — « Harel tous trahit. — Je n*ai Jamab voulu le croire.
Quant à la décoration dite de Cicéri, elle nous avait forcé de supprimer un tiers de Pacte;— attendu qu'il était impossible, dans un caveau, de faire les évolutions qu'auraient permises une scène ouverte à plusieurs plans.
Le quatrième acte> réduit à ces proportions, ne Justifia pas les craintes qu'avait manifestées la direction des Beaux-Arts.
Heureusement le talent des acteurs enleva le cinquième acte, qui présentait des difficultés. Le mot le plus applaudi de la pièce avait été celui-ci, qui était prononcé par un étudiant : • Les rois s'en vont... je les pousse! » Le tonnerre d'applaudissements qui suivit ces mots bien simples cependant provoqua cette phrase de Harel : « La pièce sera arrêtée demain.,, mais nous aurons eu une belle soirée, n L'effet froid du quatrième acte rajusta les choses i Harel, qui espérait peut-être une persécution, ne l'obtint pas.
Toutefois, il réclama au ministère une indemnité -^ pour lo retard que les exigences de la censure avaient apporté aux représentations et les pertes qu'il avait faites, -*• faiblement compensées par l'avenir qu'offrait VéUphant attendu par lui.
Au bout de trente soirées d'été, je vis avec intérêt cet animal succéder aux représentations du drameit Les seise ouvriers, — qui coûtaient cher, furent congédiés, "- et je résotaa d'aller me retremper en Allemagne, aux vignes du Danube, des ennuis que m'avaient causés les vignes du Rhin.
Le Rhin est perfide ; — il a trop de torelffi qui chantent le soir dans les ruines des vieux châteaux! — Quant au Danube, quel bon fleuve 1 II me semble aujourd'hui qu'il roule dans ses flots des saucisses {wûntJ) et des gâteaux glacél de sel.
Ceci est un souvenir de Vienne....
FIN DE LAPPBNDICB.
dbyGoogk