LES SPORTS DE GLACE
Les plaisirs d'hiver s'offrent à la jeunesse du Canada et des États-Unis du Nord sous quatre formes difi'érentes : io patinage, le tobogganing, le ico yachting et les courses en snoto sliocs,
Le toboggan était un traîneau dont se servaient les Indiens; ils entassaient dessus le produit de leur chasse et le liraient après eux. Il était Tait de deux morceaux de bois longs et plats solidement juxtaposés, maintenus par des traverses et recourbés il leur extrémité. Les visages pitiés n’ont fait qu'améliorer l'appareil en changeant sa destination. Ils ont donné des soins tout particuliers à sa construction, l’ont revêtu de coussins confortables, y ont ajouté de chaque côté dos cordes pour se tenir. Après quoi ils s’y sont installés et ont débouiinô le long du mont ltoyal. Le mont. Royal qui domine la villo do Montréal était fait pour servir de berceau à un pareil sport. Ses pentes abruptes s’y prêtent ii merveille.
SOUVENIRS n’AMÉIlIQL'i: CT DF, GRÈCE.
Kilos se prêtent également aux collisions et à do,s accidents do tout genre, en sorte qu’on a pris le parti de corriger artificiellement, les. rudesses do la nature, en élevant des constructions de bois dont les courbes sont [dus rassurantes salis cesser d'ètro audacieuses. Ce sont dos pistes glacées qui se raccordent à la montagne et sur lesquelles le toboggan descend avec une vitesse vertigineuse dont les « montagnes russes » du boulevard ne sauraient donner le plus léger avanlgofd, Les amateurs y ont gagné sous beaucoup de rapports : autrefois il fallait être aux ordres de la lune qui éclairait gratuitement, mais irrégulièrement, et do la température qui no préparait pas toujours la piste aussi bien qu’il eût fallu. Maintenant, des clubs se sont fondés; la lumière électrique brille partout : on égalise savamment la surface des pistes et en débarquant, vous trouvez dans un joli chalet bien chauffé, du ihé et tous les grogs imaginables. Pur ‘contre, le danger a diminué. C'élnit un furieux plaisir do descendre jadis dans Fletcher Field , secoué, ballotté par les accidents de terrains, courant, entre autres risques, celui d’arriver en plusieurs morceaux.
Les principaux clubs de Montréal sont ceux du Parc, delà Tuque bleue, do Lnnsdowno, du Trappeur, du l’astime, do la Côte Saint-Antoine. La piste du Parc es! l’une des plus grandioses; à gaucho elle domine Montréal dont les coupoles et les clochers so détachent sur le Saint-Laurent transformé en une banquise immense. A droite les vallonnements, les prés, les bois qui forment le couronnement du mont Royal étincellent sous le manteau de givre qui les recouvre.
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le de France
LES SPOHTS DE GLACE. Si
Il fait 30° Fahrenheit au-dessous de zéro. Par les petits escaliers de bois, les dames enveloppées do chaudes fourrures montent rapidement, s'arrêtant aux paliers pour écouler te bruit des toboggans glissant au-dessus de leurs têtes. I.es voici au sommet, entourées de jeunes gens qui se disputent l'honneur de les conduire. Chacun fait l'éloge de son traîneau : que eo soit un « Larivière », un « Star », un « Palon », un « Blizzard », ecs différentes marques de fabrique font sans doute moins d’impression sur les voyageuses (pie l’adresse du conducteur. Car ce n’csl pas tout de so laisser aller : il faut conduire la machine. Il y a des toboggans tout étroits, tout petits oit l’on peut à grond’pcinc offrir l’hospitalité à un camarado pas trop gros : la plupart sont à deux places, toujours étroits, mais plus longs*. Yoycz-lcs partir : une dame est installée en avant, les pieds appuyés sur la courbure du toboggan : elle se tient aux cordes, de chaque côté, cl vous allez l'entendre, tout h l’heure, pousser de petits cris d’effroi qui se changeront ù l’arrivée en un joyeux éclat do rire. L’arrivée, c’est làbas, à trois quarts do mille oh sont les lumières. Le jeune homme, lui, s’étend sur la partie arrière du traîneau appuyé sur un bras : il gouvernera avec le pied, très légèrement, car dans eo tourbillon le contact avec la glace causerait, en se prolongeant, des dommages. Ils sont partis!... Ils ont une sensation do précipice, de chute indéfinie : le Vent leur coupe la
t. Le toboggan ordinaire a 0(1 centimètres île large sur 2 otl S mètres de long.
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SOUVENIRS I)' AMÉRIQUE ET DE GRÈCE, respiration cl il y a comme des éclairs tout autour d’eux. Mois en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la distance est dévorée et ils se dépêchent de descendre pour laisser arriver ceux qui les suivent, lit c’est alors que , rétrospectivement , ce voyage étrange captive et charme comme un parfum qui met- I r.iil quelque temps Asc répandre dans une chambre. Tout enfiévré par le développement des sensations puissantes que la course, a emmagasinées en vous, vous ne désire/, plus qu’une chose : recommencer, recommencer encore cl toujours! Tel n’est pas, cependant, l’avis de tout le monde. Un Alnbnmicn s'écria, dit-on, lors de sa première et unique expérience : « Je no voudrais pas pour 100 dollars n’élrc pas moulé lii dedans, mais, pour 1 000 dollars, je n’y remonterais pas. » Quelque incroyable que cela puisse paraître, il ii'csl pas très rare de voir des jeunes gens debout sur leur toboggan, les pieds appuyés contre les rebords latéraux, tenant d'une main une corde attachée à la partie antérieure do l’appareil et étendant l’autre bras pour s’en servir comme d’un balancier. Dans celle posture de triomphateurs, ils accomplissent le terrifiant parcours non sans danger, mais avec quel plaisir! ou le devine aisément.
A la Tuquc bleue se produisit, il y a quelques années, une aventure mémorable dont on ne put s'empêcher de rire malgré l'accident sérieux qui faillit en résulter. La piste se termine par un are de cercle, incliné à l’intérieur el longeant un fossé qui marque l'extrémité du terrain appartenant au club. Les
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les si'Oirrs de glace.
membres de la ïuque bleue possédaient alors un grand toboggan qu’ils appelaient /laOy et dont ils ôtaient 1res fiers, Baby jouissait d’une grande popularité et pouvait porter tout un groupe do sportsmen. ' Ils étaient sept; ce soir-là, qui y prirent place et Baby partit à fond de train, l’ut-cc caprice de sa part, ou inhabileté du « barreur », toujours est-il qu’arrivé à la courbe, le toboggan se refusa à la suivre, sauta l’énorme muraille de neige qui se trouvait là et tomba lourdement dans une rue en conlre-bas oit , par bonheur, personne ne passait. L’équipage fut peu endommagé, mais Baby expira séance tenante.
Le voyageur qui, au plus fort de l’hiver, longe en chemin de fer les rives grandioses de l’iludson, aperçoit de blancs triangles se déplaçant avec une extrême rapidité sur la surface congelée du Meuve. Ce sont des ice yachts. Quand iis commencèrent, voilà déjà longtemps, à sillonner ces parages, il arrivait souvent que les trains du Ccnhal Hudson Baitway , en débouchant de quelque tunnel, les trouvaient rangés d’un air de défi : malgré les ordres formels de la Compagnie, nul mécanicien ne résistait à cette muette, invitation à la course. La locomotive lancée à fond de Irain dévorait l’espace : 16s voyageurs debout sur les plaies-formes ou passant la tête par tes glaces , l’encourageaient de leurs plus énergiques acclamations. Des paris formidables s'engageaient... el , malgré tout, les kc yachts disparaissaient au loin, laissant la
SOUVENIRS It’ASIÉIIIQUE ET DE GRÈCE, vapeur vaincue cl humiliée. Cela se renouvela si fréquemment que les mécaniciens «‘acceptèrent plus la tulle el n’essayèrent plus de contester, à ce singulier moyen de transport, sa vitesse sans égale.
Le ice yacht mériterait tout aussi justement le nom de o patin à voile ». 11 est formé de deux traverses de bois posées en croix : aux extrémités do la pièce transversale, deux lames de métal mordent in glace : à l’extrémité postérieure de l’autre pièce, une troisième lame, qui s’incline à volonté, sert do gouvernail. Près de l’intersection des deux pièces s’élève le mât portant la voilure très tendue. Les passagers n’ont pas la place do so promener. Ils s’arriment de leur mieux au mât, et, sous l’impulsion du vent, Vice yacht se met en mouvement. Les patins crient, les cordages grincent : une fine poussière neigeuse s’élève autour du yacht dont la marche s’accélère jusqu’il devenir une course folle, invraisemblable : il exécute bientôt des zigzags coupésdc bonds fantastiques. Les hommes qui le montent ont pris soin, sous les vêtements qui les transforment en pelotes de laine, de se couvrir de soie ou do peau de chamois : sans celte précaution le froid, quintuplé par hr vitesse, tes terrasserait. La sensation est cuisante cl non éphémère comme (tans le lobogguning. Cela dure des heures, celle promenade sur la plaine glacée. On prend le vent, on court des bordées, on vire comme en pleine mer. 11 faut faire son possible pour maintenir te yacht en contact avec la glace : car lorsque le vent le soulève, il ôte par h\ mémo il ceux qui le conduisent toute action sur le gouvernail. G’csl un sport bizarre, plein d'émotioliSj
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