I.F.S Sl’OltTS DE GLACE
moins dangereux peut-être qu’on no le croirait au premier abord, effrayant néanmoins et pouvant se terminer par line catastrophe soudaine. Mais à quoi bon chercher des mots pour le décrire? Le yacht qui va plus vile que la vapeur, va aussi plus vite que la pensée; l’on en est encore il chercher des termes do comparaison, des expressions sincères et imagées que son gréement ressemble, tout là-bas, à une mouette posée sur l’horizon.
Le show shoe, mot à mol : soulier do neige, est une vaslo raquette de forme oblonguc; au centre, le pied chaussé d'un mocassin se fixe par des courroies. Cos raquettes empêchent d’enfoncer dans la neige et permettent A ceux qui savent s'en servir habilement des allures très rapides. Le balancement rendu obligatoire par la largeur de la raquette avec laquelle les maladroils s’accrochent à chaque inslant, rappelle celui du patineur; maisil est plus lourd cl les mouvements sont moins gracieux. Les amateurs de snoicshocing, groupés en associations diverses, rivalisent de hnrdicsso et d’imagination dans l'organisation de fêtes de nuits ou de lointaines expéditions : retraites aux flambeaux, escalades, steeplc-chasos, que n’inventenl-ils pas! Ils aiment s’aventurer au loin, dans la campagne, par mollis et par vaux, pour la seule satisfaction d’errer, eu vrais chevaliers do la neige, dans les solitudes blanches. Ou bien, poursuivant quelque gibier, ils prennent pour compagnon un de
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le de France
80 SOUVKNinS DAMÉniQUl: F.T DF. fi II KO K.
ccs Indiens du Canada demi-civilisés, qui ont renoncé il ln guerre, baragouinent un peu d’anglais ou do français, vivent tranquilles dans leurs villages et du passé n’ont gardé que la passion des grandes chasses et des nuits dans les bois.
Associés coinincjadis, aux tcmpshéro'iqucs, l'homme blanc cl l'homme rouge s’enfoncent dans la forêl. Kminiloullés chaudement, leur visage seul reçoit le contact de l'air, lis portent le fusil sur l’épaule et sur le dos tout ce (pie nécessite le campement. Ils aiment le craquement de leurs siio/o sltocs sur la neige qui s’envole autour 'd’eux en écume argentée : ils aiment le craquement des branches d’arbres répercutés par les échos do cristal; ils aiment ccs splendeurs hivernales qui les consolent des fatigues volontaires, ces mauvais repas autour d’un grand feu et ces nuits étranges sur le sol liAlivcmcnl déblayé cl, quand une lourmenlo les surprend, (pie la brise chasse de tous; côtés les llocons épais, je crois, ma parole! que ln joie d’étre h\ et de délier les éléments les empêche de sentir la morsure du froid.
Kl puis, le curihoo finit par se montrer. Ln silhouette éléganlc do l'animal se détache enfin sur la colline. 11 renifle, il écoute, les jarrets tendus.... La brise lui a donné quelque nverlissemcnl cl il flaire le danger. Soudain il bondit en avant cl s’enfuit d'un, galop allongé, gracieux. Si le chasseur a ln main ferme et le regard impassible., le cariboo tombera et la neige autour de lui se teindra do rouge....
La journée a été boinio, le carnet de chasse s’csl enrichi de nouveaux exploits ; l'homme regarde gai-
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