‹ Souvenirs d'Amerique et de GreceChapitre 14 sur 33 · I..V MISSION DIS VA-.NC-l'IKDS · texte numérisé non relu

I..V MISSION DIS VA-.NC-l'IKDS

vue que lu ilannno do lîengalo rond plus obscure l'obscurité qui lui succède; ils croient, eux, que le souvenir de so splendeur évanouie aide A supporter les ténèbres. Ce sont deux conceptions de la clinrilé absolument opposées l’une à l’autre.

Aux approches do Noël donc, les New-Yorkais se, groupent pour préparer les Chvislmas 'J'rccs. On les surcharge de lumières, do fleurs, d’objets ; el on réunit tous ces enfants abandonnés, auxquels New- York apprend les duretés de l’existence cl qui s’exercent do mille manières A trouver leur pain dans les fentes de sa richesse; ils sont des centaines et des centaines qui vendent les journaux, matin et soir, sautant dans les tramways en marche, so faufilant partout et voyant peu A pou diminuer l’énorme masse do papier loul frais imprimé dont on a surchargé leurs faibles bras; ils sont aussi des coulâmes qui cirent les souliers, loul du long du jour, armés d’une brosse, d’un pot do cirage et d’un escabeau, et des centaines encore qui vont nu vent, l'œil éveillé, guettant un métier imprévu, un hasard favorable.... Curieux types, cos gamins de New- York en qui l’oir retrouve cette vivacité et cette ingéniosité A « se débrouiller » qui distinguent le gamin de Paris, avec, A côté, quelque chose de posé, do suivi, de moins gai aussi et de moins drôle. Ils n’aiment guère à mendier et regardent avec un plaisir un pou fier les sous qu’on leur met dans la main; quelquefois un de plus que le compte, parce qu’ils sont populaires et qu’ils no rechignent pas au travail.

Mais, pour vendre les journaux ou faire des coin-

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missions, so rendre utile d'une manière quelconque, il faut avoir îles souliers aux pieds; ceux qui n’en ont pas sont condamnés à l'ornière sans lin, et c'est pourquoi, avec l'esprit pratique du nouveau monde, Tello d'Apéry avait tout do suite donné eelto forme à ses ambitions olinriluldes : lu paire de souliers, In paire do souliers qui permet les longues marches et constitue pour l’ôtre humain le premier échelon de la retpiclal/ilily.

Le commerce des fleurs en papier et des petils ouvrages do dames, décidément, no fournissait que des ressources insignifiantes. Tello pensa à un journal qui contiendrait des histoires d’enfants, écrites par des enfants, et créerait un lien entre tous les petits riches pour venir en aide à tous les petits pauvres, 11 en parla à scs parents cl leur demanda leur agrément. La permission fut donnée à deux conditions : la première, c’est que l’essai durerait nu moins une année, et la seconde, c’est qu’aucune subvention no serait fournie par les parcnls. Celait à Tello à faire réussir son journal, quille à l’abandonner, nu boni d’im an, « s'il no payait pas ». — Affaire conclue! L’enfant do douze nus se mil il la besogne; il parla à ses camarades do classe, sollicita des annonces, des abonnements, d.cs dons. — Le premier numéro parut en avril 18BD; on le lira à mille exemplaires; l’itnpre’ssiqn, le papier cl les frais de poste payés, il resla un profit nel dcO dollars 25 (81 fr. 25). « 11 s’agit, disait Ycditorial, de réunir de l'argent pour fonder une mission de va-nu-pieds à New- York, où les enfants abandonnés puissent à toute heure obtenir dos bas et dc£

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