‹ Souvenirs d'Amerique et de GreceChapitre 21 sur 33 · LA PRÉFACE DES JEUX OLYMPIQUES. UH · texte numérisé non relu

LA PRÉFACE DES JEUX OLYMPIQUES. UH

rebelles à l'athlétisme : le pauvre colonel Amoros y avait porclu ses peines!...

Le rétablissement des Jeux Olympiques peut Cire considéré comme la consécration du mouvement que nous venons d'esquisser. Envisagé sous cet angle, le projet est peut-être moins grandiose, mais plus pratique. Puisqu’il s'est fondé tout autour du monde une si grande quantité d’associations athlétiques et gymnastiques, il parait tout simple d’organiser des réunions périodiques , leur permettant de se comparer les unes aux autres. L'émulation est la base du sport. La choso d’ailleurs n’csl-cllc pas singulièrement facilitée par la fréquence cl la rapidité dés communications? Avec le chemin do fer et le bateau il vapeur, il n’y a plus de distances! Los concurrents peuvent être transportés en quelques jours nu lieu du concours. Jusqu’à la minute du départ, le télégraphe est là pour les renseigner sur le nombre et la qualité de leurs adversaires, la disposition du terrain, l’ordre des épreuves. Quant aux dépenses nécessitées par l’organisation des fêtes, si elles incombent chaque fois à un pays différent, elles no chargeront guère son budget; eii admettant même que l'Etal soit forcé de s'en désintéresser, on peut compter sùr l'initiative et la générosité des citoyens.

Tout cola est vrai ; mais d'autre part une difficulté nouvelle a surgi avec laquelle il faut compter. La paix du monde no repose depuis trente ans que sur la force toujours croissante dos armées européennes : ce sont les perfectionnements indéfinis des engins, l'augmentation illimitée des effectifs qui ont empêché

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque

ionale de France

HO SOUVENIRS D'AMÉIIIQUE ET I)Ë GRKCE.

la guerre d'éclater.. Col état de choses a eu pour conséquence une déviation de l’athlétisme. Des sociétés so sont fondées qui ont en vue le sport pour la guerre. En l’russe, nu commencement du siècle, c'était moins la perspective do la revanche que le désir d'un relèvement général qui animait les promoteurs de la gymnastique. De nos jours d’esprit n'est plus le mémo. Gymnastes et tireurs se préparent, en plus d’un pays, à la lutte armée; ils ont militarisé h outrance leurs exercices et emportent avec eux' sur lo terrain d'entraînement les passions patriotiques qui les animent. Or les Anciens avaient dû proclamer autour des Jeux Olympiques la trêve sacrée ; pour les Modernes, la nécessité n'en est ni moins absolue ni moins immédiate : pas de trêve, pas de Jeux Olympiques.

C'est pourquoi notre œuvre, au milieu de sympathies presque unanimes, a rencontré quelques oppositions; nous ne les craignons point. Le temps fera son œuvre et, quand ils comprendront ce que nous avons voulu faire, nos détracteurs eux-mêmes seront avec nous.

li n’est jamais très aisé ni très agréable do so rendre chez quelqu'un pour lui. dire : «Vous avez do bien beaux salons. Permettez que nous y organisions, à vos frais, une fête qui sera superbe. » Telle était la mission dont je me trouvais investi en débarquant au Piréc le 8 novembre 1801. Les Grecs avaient accueilli avec enthousiasme' la décision du Congrès de Paris. La proposition d’inaugurer û Athènes les modernes Jeux Olympiques avait été formulée par leur

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