‹ Souvenirs d'Amerique et de GreceChapitre 22 sur 33 · I,\ PRÉFACE DES JEUX OLYMPIQUES · texte numérisé non relu

I,\ PRÉFACE DES JEUX OLYMPIQUES

délégué, M. Bikclas; ils Iiii c'a savaient gré; son noni seul, du reste, leur donnait confiance. Mais l’été avait passé sur celle résolution et l'on découvrait maintenant à l'entreprise des obstacles qui semblaient insurmontables. Le chef du gouvernement, M. Tricoupis, no cachait pas son sentiment. La Grèce, disait-il, devait décliner l’invitation : elle n’avait pas les ressources suffisantes; les cüt-cllo trouvées qu’il lui eût fallu renoncer à les utiliser; était-ce à l'heure où les finances du royaume jouissaient' il l'étranger d'une si fâcheuse réputation, que la Grèce pouvait se mettre en frais? Toute l'argumentation du président' du Conseil so résumait en ces doux propositions. Autour de lui on s'exagérait singulièrement les dépenses que devait occasionner la solennité; certains parlaient dé dix millions et ce chiffre décourageait nos'plus chauds partisans.

Mais lâ-bas dont devient question do parti; on se mil à « politique!' » sur le rétablissement dos Jeux Olynipiquesel l’opposition n’eut pas de peine ù trouver des arguments favorables. A mon arrivée la discussion était ouverte, les journaux prenaient position, chacun disait son avis. J’avais croisé sur mer la lettre officielle destinée à rendre mon voyage inutile; il y était dit que « conscients de la faiblesse des moyens dont dispose actuellement le peuple grec, pénétrés de la conviction que la tâche dépasse scs forcés», les délégués préposés ù l'examen de la question « n 'avaient pas eu la liberté du choix » eu repoussant « l’offre généreuse » du Congrès de Paris.

Oh! ces premières journées passées sur la terre

1 18 souvBXins d'amkrtquk et de GnixE.

hellénique, à faire de la diplomatie, à déposer des cartes, à interviewer les journalistes. Le matin, à l'aube, en venant du I’iréc, j'avais aperçu dans un nuage d’or, sur son rocher rouge, le divin Partliénon ; pendant trois jours, je ne le revis plus qu'en fuite rapide aux croisements des rues; je roulais en landau , avec un ami , par les carrefours poussiéreux; le cocher, grand partisan des Jeux Olympiques, descendait parfois do son siège cl nous tenait de longs discours, indiquant à mon ami « comment je devais m'y prendre avec Tricoupis ». Nos peines, du moins, n'étaient pas inutiles et nous avions conscience d'avoir fait de bonne besogne en rentrant, le soir, fatigués des paroles échangées, des idées ressassées. Le présidcnldu Conseil m'avait fait le grand honneur de no pas attendre ma visite et de venir me chercher il l'IIôtel do la Grande-Bretagne. Je le vois encore assis sur un divan, son profil accentué se détachant sur la muraille blanche; je le regardais curieusement; il incarnait devant moi, en ce premier contact avec la Grèce moderne, l’œuvre athlétique, le merveilleux h rétablissement » accompli par ce peuple impérissable dont cinq cents ans de servitude n’ont pas eu raison.

SI. Tricoupis ne se laissa pas gagner. Jusqu'au bout il demeura ferme dans son refus de concours. Mais j'obtins de lui, après quinze jours, une promesse de « neutralité bienveillante ». Le commerce .d’Athènes, les sociétés sportives, quelques personnages influents se prononçaient pour les Jeux. Dans une conférence au » l’ornasse », la société littéraire

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