‹ Souvenirs d'Amerique et de GreceChapitre 5 sur 33 · I. Joséphine Walcot't · texte numérisé non relu

I. Joséphine Walcot't

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considéra Mes. M. Stanford y a pourvu. En plus do su royale dotation, il a laissé ses chevaux, qu’il aimait tant, et sa célèbre galerie do tableaux. Sur le domaine do Palo Alto il y avait mille quatre cents chevaux : les connaisseurs les estimaient fort. L’Université en a vendu un grand nombre, mois elle n'a pas renoncé à l’élevage, qui est, pour elle, une source de profils. Cette annexe hippique est bien digne d’une université californienne. Quant aux objets d’art, on leur a billi un bel asile sur la lisière dos bois, un peu loin des jeux et du bruit. Toula l’opposé sont les maisons des professeurs, éparpillées dans l'herbe.

Une allée du parc conduit il une chapelle de marbre blanc oii reposent les rosies du fils de Lcland Stanford, mort avant vingt ans à Florence. Tourné, dès son jeune Age, vers les choses de l’esprit, il rêvait de transformer plus tard le domaine do Palo Allô cil une université modèle et, quand ses parents ont vu se fermer devant eux je chemin des espérances terrestres, iis ont pensé qu’il ne leur restait plus qu'A employer leur immense fortune A la réalisation do ce projet si noblcmenlenthousiaslc. Us ont tout donné : ils ont inscrit le nom juvénile nu fronton de l’Université cl ont confié aux étudiants A venir le soin de le transmettre à la postérité. Dernièrement, le sénateur Stanford est venu rejoindre son fils dans le temple do marbre. ,

De là, ,on aperçoit à l’horizon la ligne bleue des montagnes et, sur un dos sommets, un point blanc sc détache. C’est le fameux observatoire do Lick. James Lick, l’ouvrier enrichi, est enseveli là, dans la

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SOUVKSIKS D’AMÉIUQIÎK KT I)F, C.nf'CR.

maçonnerie qui - soutient le télescope géant dont sa libéralité a . doté la science. On a beau dire que tous ces gens-là étaient des coureurs do dollars et qu'ils ont cherché à faire parler d’eux après leur mort, ('.'est une explication jalouse et sans portée. Pour se choisir do pareils tombeaux, il ne suffit pas d'èlre ambitieux.

A celte heure-ci (il est tard, c'est le soit - ), San Francisco so repose des labeurs du jour. La ville chinoise a allumé ses lanternes et ouvert ses fumeries d'opium ! les dormeurs en sont à la première période de leur silencieuse orgie; un tapage bizarrement rythmé s’échappe des théâtres où les drames en huit soirées déroulent leurs complications enfantines. A rOlympic Club, il y a concert cl gymnastique. Les trapèzes vont cl viennent nu son des guitares, tandis que, dans la vaste piscine étincelante do lumière électrique, des nageurs attardés prennent leurs ébats. Au llohemian Club, l'on joue, l’on cause et l’on rit entre artistes. Quatre on cinq associations se donnent des banquets et savourent les mets les plus parisiens. Sur les hauteurs, les demeures des « millionnaires » sont discrètement éclairées. Dans la plaine, la lune effleure la blanche façade de la 'mission Dolores, l’humble église de pisé qui fut le berceau do celle métropole — et allonge quelques rayons timides sur la sombre carcasse d’un cuirassé géant, tout seul dans les chantiers déserts, sans équipage encore et sans canons.

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La conrdu Palace llotol est loulo l»Iam.‘lie, blanche comme un conte tic fée. Les galeries superposées s’envolent, légères, vers le toit vitré. Les lampes électriques, semées dans les encoignures, lui font un éclairage de ver luisant, lit, pour aviver la bizarrerie du spectacle., deux jeunes serviteurs chinois sont là qui attendent les ordres du majordome, lis ont enroulé autour de la l «Mo la longue tresse de cheveux pour la soustraire aux gamins qui, dans la rue, s’amusent à la tirer, et cela encadre doucement leur visage jaune. Leurs regards sont perdus dans le vague et une sorte do sourire « en dedans » plisse leurs lèvres. On so figure volontiers qu’ils songent à leur pays, aux belles jonques enluminées qui croisent sur les rivages. Mais ceux qui les connaissent assurent qu’ils no songent à rien....

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