‹ Souvenirs d'enfance et de jeunesseChapitre 3 sur 36 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

^ouvoiil irès-minutieuses auxquelles récrivain re-

rourul ensuite. Sous ce rapport elle a quelque cliose (le moins exact que le texte postérieur, auquel elle est si préférable à d'autres points de vue.

La supériorité littéraire du texte primitif sur celui qui, vingt ans plus lard, l'ut livré ta l'impression, .sera appréciée de tous les lecteurs. Le style, plus sobre, plus simple, atteint l'eflet sans effort d marque bien te qu'on peut appeler la seconde manière du plus grand prosateur français de ce siècle, alors que les conseils d'une amitié sincère et l'expérience eurent foit disparaître de ses écrits, une certaine exubérance que réprouvait le goût, sans rien lui enlever <le son éclat. Evoqm's à une époque plus rapprnriii^'e des événements el des impressions qu'ils nous révèlent, C(is souvenirs ont toute la grâce, la suavité, la frairhcnr iV'< vingt premières années de la vie, sans aucune des touches criardes ou forcées que des coi'reciions postérieures V vinrent ajouter.

X PRÉlAt.K.

I)e> iiiiann'> notablement diftërenles se renooiitrenl dans le porfrail du conile de (llialeauhiiand, el celle li^uie très-originale y pagne pins de réalité. On sent an moins un cu>ur dans la poitrine de ce lier griitiliiommi' (Midiu'ci |)ai' une trop longue lutte avec radversit('', el devant lequel tremblait toute sa famille. Quelques lignes inspirée.^ par un vi'ai respect lilial, et où perce un attendrissement d'autant plus touchant qu'il est plus rare, complètent el tempèrent le tableau que l'écrivain tait de son père. Kl, cliose étrange, ces lignes belles et simples ne se retrouvent pas dans l'édition de 1849. On a peine à .s'expliquer celte suppression ; sans doute qu'en revoyant la ferme silhouette qu'il avait tracée du taciturne et allier personnage de son père, le peinti'e sepiuagénaire crut lui donner plu> de relief en chargeanl sa palette : la demi-teinte attendrie disparut et ne laissa au modèle qu'un masque de marbre, beaucoup moins vraisemblable. D'autres suppressions, tout aussi regrettables, ont été opérées dans le texte toujours remanié, entre

l'RÉlACF,. XI

autre? cUmix liisloires de voleurs; qui ne se trouvent que dans la copie de 18^6.

Parmi les notables diftV'renees que nous devons eneore indiquer entre les deux manuscrits, nous ferons remarquer celles qui existent dans ce que M. de Chateaubriand dit de sa sœur Lucile. Dans notre manuscrit, la rnort de madame de Caud est racontée dès le troisième livre des souvenirs. Elle n'est rapportée, et avec de tout autres détails, que dans le cinquième volume de l'édition de J8i9. On trouve citi's au tome 1" de cette même édition trois très-courts fragments en prose de cette sœur bien-aimée : V Aurore, une invocation.! hi lunr, r Innocence; ces morceaux ne se trouvent point dans le manusciit ]iiimi!il', et enfin le texte des lettres et billets citi's dans les deux manuscrits diffère d'une manière assez sensible.

Afin de donner à nos lecteurs un exemple du procédé grossissant que pratiquait dans sa vieillesse l'illustre auteur de tant de chefs-d'œuvre, et justifier

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