LE CAHIER
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LE CAHIER DE CBOQtJS
Forsio et haec olim memÎDUse juvabit.
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Un peintre ne saurait voyager sans son cahier de ero^uis ; c*eât la pièce la plus essentielle de son bagage* Sur ses feuilles encore muettes , et qu'il ta rendre éloquentes , il jette Tébauche des éotnpôsitions que sa pensée médite pour ravènir, ou même dé simples fan* taisiesde son imagination. Un site agréaMe l'émeut , un costume pittoresque lui sourit , un monument remarquable frappe ses regards, la peinture ou la sculpture lui offrent un beau modèle , soudain il saisit ses crayons , et reproduit ce qui le charme. Si Tartiste a la main ferme et exercée , ses croquis seront une traduction rapide, et dans le sentiment, des objets qu'il aura bien saisis 5 ils seront des improvisations du talent. Plus tard I son recueil fera les délices de ses. vieux jours ; grâces à lui , un passé qu'il aima reste présent, •es souvenirs deviennent des réalités'.
Je n'ai pas le bonheur d'être artiste; je d& puis dire : Ed* ançW io son piUore ; cependant moi aussi j'ai mon cahier de croquis , que je porte constamment en voyage : ceat tout bonnement un registre dans lequel j'écris, faute de savoir dessiner. J'y consigne chaque jour les idées qui m'ont été suggérées par ce que j'ai vu ou entendu la veille. Descriptions locales, observations de mœurs , réflexions bien ou mal digérées, mais toujours consciencieuses, tout cela s'y entasse pèlemêle. Ce travail n'a qu'un seul mérite , mais qui demande grâce pour le reste , c'est qu'il est fait sans prétention aucune y et sous l'inspiration du moment. Il peut , il doit s'y glisser des erreurs , mais elles sont commises de bonne foi ; et quelques vérités les rachètent. C'est de ce porte-feuille, ou , si l'pn veut , de ce journal^ que j'ai extrait les notes suivantes; et le seul titre qui m'ait paru- leur convenir est celui de Croquis,