‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 112 sur 134 · I-A SAINTF, MAISON A TF.ItSATO · texte numérisé non relu

I-A SAINTF, MAISON A TF.ItSATO

céleste me punisse au moment môme. » Si secus sit, non se recusare quominus cœlestis ira méritas ex ipso expetat pâmas {*).

Ces paroles arrachèrent les larmes à tous les auditeurs et le saint édifice retentit des plus doux cantiques d'action de grâce. Depuis ce temps la dévotion pour la Santa Casa devint célèbre par le grand nombre dcpèiorins, qui, de toutes parts, accoururent à Ter.sato.

Cette translation a fourni une ample matière aux sarcasmes des philosophes ; un d'eux, le fameux Misson(**), a débité là-dessus des contes qui lui ont paru merveilleusement imaginés, mais qui, à coup sûr, ne soutiennent pas un premier examen. Voici comment le savant abbé de Feller le réfute (***). Le docte et pieux Lassels, dit Misson, prouve la vérité de ce miracle par la toute-puissance de Dieu. Ce début est déjà une fausseté. Lassels prouve la possibilité et non la vérité de ce miracle par la toute-puissance de Dieu ; et en cela il a certainement raison. Mais comment Misson s'y prend-il

pour établir que c'est une imposture ? Comme il n'est pas

possible de faire croire au peuple qu'une maison, qu'il aurait toujours eu devant les yeux, avait été récemment transportée d'Orient, il suppose que Boniface YIII la fit construire dans l'espace dune nuit et que le lendemain il fit répandre partout que c'était la Maison de Nazareth. Il se fonde sur le caractère de ce Pape, dont il fait un portrait affreux ; mais sans nous arrêter aux qualités de l'instrument qu'il fait servir à cette imposture, sans observer que ce n'est pas sous Boniface VIII, mais sous Nicolas IV, en 1291, que la Santa Casa fut transportée de Nazareth en Dalmatie et de la Dalmatiedans la Marche d'Ancône, (****'^sous Célestin V en 1294, considérons la chose en elle-môme.

(*) Tursell. Hist. Laur. lib. 1, cap. ill.

(**) Voyage d'Ilalic de Misson, tome l.

(***) Journal. Iiisl. et lilt. de TAbbé de Feller, sepl. 178^).

(****) A enlendre Moreri, on regarderait presque Jides II, romnie ii' Pape qui a le plus fait pour auloriser Thisloire dores translations : pour

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i" Quand le bâtiment eût pu (Hre achevé dans l'espace d'une nuit. la fraîcheur de la construction n'en aurait pas moins trahi l'imposture.

2" Pour une opération si prompte, combien d hommes auraient dû y travailler ? et comment le secret confié à cette multitude aurait-il été gardé ? J'ai vu un homme, pressé par cette observation, supposer que Boniface avait fait jeter tous les maçons à la mer : mais pour noyer cent hommes il en faut au moins cent autres et la difficulté ne fait qu'augmenter.

3° Ou les matériaux étaient prêts et rassemblés, ou ils ne l'étaient pas ; s'ils l'étaient, lillusion s'évanouissait en observant qu'ils avaient été employés ; s'ils ne l'étaient pas, que d'ouvrage à faire durant une nuit, et combien ne faut-il pas augmenter le nombre des confidents du prétendu Boniface ?

4" Pourquoi avoir fait les murailles si solides et si épaisses : elles ne pouvaient pas être trop légères ni trop minces pour le temps qu'on avait à donner à leur construction.

o" Les Italiens observent que les pierres ne sont pas du pays ? Misson nie cette assertion et dit que ce sont des briques, mais choisies avec affectation (*). Ce triage ne s'accorde pas non plus avec un cas si pressant. (**)

croire le contraire, il suffit de savoir ce qu'ont l'ait Boiioit Xll Pape en 1554. — V.arlin V en lil7. — Pie II cii liôS. - l'aul 11 en IKJi. — Entre le premier de ces l'apcs el la date de révéïieineiil il n'y a pas 40 ans, or, sans doute quuii ancien l''nioi^iiat,'C autorise plus une chose qu'un nouveau. — Un peut voir ce qu'ont écrit là-dessus Blondus Flavius, (lanisius, Turrianus, I\a\ tialdus, Manlorelli [Theairum llist. S. (lotuua Laur.) itaronius ad ainiiirn hJ!)l,el Tursellinus dans son éléganl ouvrage liisloria yt/inœ Domus Laurelamr.

{*) Voyage d'Italie de Misson, tome I.

(**) (!es paroles de Misson réfutent ce (jue dit (iu\s dans son voyage d'Italie inq)rimé en I77() à la suite de son vo\age littéraire de la (Irèce, que cette Itlaison tml tout à fuit senihliihle aux anciennes uinisont île. ces contiéis. Klle est <railleurs sans rondements à rase de (erre, ce (|ue ne sont |)as les anciennes maisons de cette conlré-e. l/image delà Vierge que la plus anciemie tradition assure y avoir toujours été, est de cèdre, arhrequi ne se trouve pas en Italie, (de Fcller, Journal liistoriquc).

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