‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 119 sur 134 · I.A SAINTE MAISON A I.OUKTTE, 4!H · texte numérisé non relu

I.A SAINTE MAISON A I.OUKTTE, 4!H

Les souverains Pontifes accordèrent plusieurs grâces à celte Chapelle.

Depuis cette époque jusqu'à nos jours, on voit tous les ans les Dalmatiens passer en grand nombre la mer Adriatique, et venir à Lorette pour vénérer le berceau de Marie. Us ont t )ujours à la bouchf; ces paroles solennelles -. Ritorna, ritormi a noi o Maria, ritorna a Tersato, Maria, Maria, Maria ! (*) " Revenez auprès de nous, Marie ! Retournez à Tersato ! »

La sainte Vierge ne tarda pas à éclairer les fidèles sur ce nouveau prodige. Ainsi qu'elle avait daigné instruire elle-même l'évéque Alexandre de Tersato, elle apparut aussi en même temps à deux de ses dévots serviteurs, qui habitaient aux environs de Lorette et leur apprit que c'était là véritablement sa Maison de Nazareth.

Le premier qui fut favorisé de cette apparition miraculeuse fut saint Nicolas de Tolentin, un des plus grands hommes, qu'ait eu l'ordre de saint Augustin. Ce thaumaturge demeurait alors à Récanati. (**)

L'autre fut un pieux ermite, Paul délia Selva, qui avait fixé sa retraite sur le haut d'une colline,, dans un lieu qui n'était pas fort éloigné de la susdite ville et qu'on nomme aujourd'hui Montorso. (***)

Voici en quels termes le frère Paul délia Selva écrivit la relation fie cet événement au roi de Naples, Charles II. selon le témoignage de Mantorelli dans son tfieatrum Domtis Lauretanœ.

« Au nom de Dieu. Ainsi soit-il.

" Sire.pour satisfaire à votre pieuse curiosité. qui m'a prié de faire

(*) Murri. rcl. slor. dclla Casa Santa, Cap. 11.

(*♦) Murri, c.ip. III. pap, 17. — Panthéon Augustin — Turscll. Hisl. Laur. iib. I.

(♦*♦) Murri, Roi. st. dolla Casa sanla. —Tursoll. llist Laur. — Acia Recinaliel alla.

492 SOLVEMRS D ITALIE.

la narration du grand miracle de la translation par les anges de la Maison de la sainte Vierge, apportée sur les rivages de l'Italie, dans la province d'Ancône, au territoire de Récanati , entre les fleuves d'Aspis ou Moscion, et Potentia ; voici comment la chose est arrivée^ ainsi que je l'ai souvent entendue raconter par des hommes dignes de foi et originaires de Récanati même, savoir = François Pétri, chanoine de cette ville, et Uguccion, ecclésiastique exemplaire, de même que par les jurisconsultes distingués Cisco de Cischis et François Percivallino de Récanati, qui tous, avec plusieurs de leurs concitoyens, vivaient à l'époque où ce miracle est arrivé, dont j'ai lu également avec attention la relation dans les registres publics.

1» L'an de l'Incarnation du Seigneur 1294^ le samedi 10 décembre, lorsque tout était plongé dans le silence, et que la nuit étail au milieu de sa course, une lumière céleste vint frapper les regards de plusieurs habitants des rivages de la mer Adriatique, et une divine harmonie, réveillant la paresse des plus endormis, les tira du sommeil pour leur faire contempler une merveille supérieure à toutes les forces de la nature. Ils virent donc et contemplèrent à loisir une Maison environnée d'une splendeur céleste, soutenue par les mains des anges, et transportée à travers les airs. Les paysans et les bergers s'arrêtèrent stupéfaits à la vue d'un si grand miracle, et tombèrent à genoux en adoration, attendant tout tremblants la fin (le ce prodige. Cependant cette sainte Maison portée par les anges, fut placée au milieu d'un grand bois ; les arbres eux-mêmes s'inclinèrent comme pour vénérer la reine du ciel. Aujourd'hui on les voit encore penchés et recourbés comme pour témoigner leur respect. On dit que dans ce lieu était autrefois un temple dédié a quelque fau.s.se divinité et entouré d'une forêt de lauriers, ce qui lui a fait donner le nom de Lorctte, comme on l'appelle encore aiijourdluii.

i> A peine le matin était arrivé, que les paysans .se hAlèrent d'aller à Récanati, pour raconter ce qui .«'était pas.sé, el tout le peuple s'(!mpn'.s.sa d'accourir au bois des Laiiiiers, |)our s'a.ssiirer de la \vrité de celle narration. Parmi les nobles et le peuple, plusieurs

Page 1