‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 120 sur 134 · LA SAINTE MAISON A I.OHF.TTE · texte numérisé non relu

LA SAINTE MAISON A I.OHF.TTE

restaient muets d'étonnement . plusieurs ne pouvaient se résoudre à croire le miracle. Les mieux disposés pleuraient de joie et disaient avec le prophète ■ <i Nous l'avons trouvée dans les champs de la forêt; il n'a pas traité ainsi toutes les nations! i> Ils honorèrent cette petite et sainte Maison et, pénétrant dans l'intérieur avec dévotion, ils rendirent leurs hommages à la di\ine vierge Marie, qui tenait son Fils entre les bras.

)> De retour à Récanati, ils remplirent la cité d'une sainte joie ; le peuple quittait souvent la ville pour aller vénérer la sainte Chapelle ; c'était un concours perpétuel de fidèles qui se croisaient sur la route.

» Cependant la bienheureuse vierge Marie multipliait les prodiges et les miracles. Le bruit d'une si grande merveille s'étendait dans les contrées lointaines, comme dans les provinces voisines, et lout le peuple accourait à la forêt des Lauriers, qui se remplit bientôt de différentes habitations en bois, pour servir de refuge aux pèlerins. Tandis que ces événements se passaient, le lion infernal, qui tourne sans cesse, cherchant quelque proie à dévorer, suscita des brigands, dont les mains impies souillaient le bois sacré par des vols et des homicides, de sorte que la dévotion de plusieurs fidèles se refroidit par la crainte que leur inspiraient les malfaiteurs.

» Au bout de huit mois, le premier miracle fut confirmé par un second prodige. La sainte Maison quitta la forêt profanée et fut déposée par les anges au milieu d'une colline, appartenant à deux nobles frères, les comtes Etienne et Siméon Rainaldi de Antiquis de Récanati. Cependant la ferveur des fidèles croissait et la petite et sainte demeure s'enrichissait par de grands dons et de nombreuses offrandes. Les nobles et pieux frères en étaient les dépositaires ; mais bientôt ils cédèrent à l'avarice , s'appropriant les présents et laissèrent pervertir leur jugement, jusqu'à en venir à de scandaleuses discussions pour sa\ oir qui des deux l'emporleraii sur 1 autre,

» .Mors la sainte Maison, qualii' mois après son arri\co. fui de

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Qouveau portée par les anges, de la colline des deux frères, dans un nouveau site à la distance à peu près d un jet de pierre, au milieu de la voie publique, qui conduit de Récanati au rivage de la mer ; c'est là que je la vois encore aujourd'hui et que je contemple de mes propres yeux les grâces continuelles que la sainte Vierge accorde à ceux qui viennent y faire leurs prières.

" Quoique les prodiges célestes démontrassent à l'évidence que ce modeste toit était le séjour de la mère de Dieu, le lieu où le Verbe s'est fait chair, les habitants de Récanati, pour découvrir plus clairement la vérité, tinrent une assemblée générale, où se rendirent les principaux seigneurs de la province et où il fut décidé qu'on enverrait seize des hommes les plus illustres pour examinei- si les mesures de la sainte Maison étaient conformes et aux vestiges restés à Tersato. et aux fondements demeurés à Nazareth, où elle fut primitivement bâtie et où elle subsista durant de longues années. Le décret fut exécuté et parmi les seize députés de Récanati, on comptait pour le quartier de sainte Marie, Politus, fils du comte Martius de Politis; pour le quartier Saint-Flavien Marchio jeune et le comte Mathieu, fils du comte Siméon Rainaldi de Antiquis ; pour le quartier Saint-Ange, le célèbre docteur en droit Cicottus, fiisdeMonaldutius des Monalduticns. Ces personnages distingués, accouipagnés de leurs collègues, se rendirent sur les lieux, soumirent ces divers objets à un examen rigoureux, revinrent et déclarèrent qu'ils avaient trouvé partout une entière conformitii de mesuieset dedéclaiations des témoins, dont ils avaient recueilli sur les lieux les dépositions.

'• Recevez, Prince, cette courte narration, en témoignage do la réalité du sanctuaire miraculeux et de mon respectueux dévouement envers votre Majesté, et afin que vous ayez I assurance que vosaumùnes m'ont été fidèlement remises, je vous attesteavoir reçu les oITrandes, dont vous recevrez la récompense dans le ciel, au nom du Père cl du Fils et du Saint-Esprit.

> Près de la Samtc L)emeun\l an du Sauveur MCC.XdN II, l('8jun)

'« r.UL SEHVITEUn I»E JÉSl'S-CHRIST. '

LA SAINTK MAISON A I.OllKI TK i9.)

Au-dessous on lit ces mots :

"Nous, prieurs dui)Ouj)ledolacité de Rccanali, faisons conn.'iitreii tous que tous les faits ci-dessus racontés sont véritables et conformes à nos annales et à nos archives publiques. En témoignage et en foi de quoi nous avons ordonné que cette pièce serait scellée de notre sceau et signée par notre notaire public, établi par l'autorité impériale, et maître des actes, le douze juin de Tannée de la Circoncision de notre Seigneur Jésus-Christ MCCXCVII.

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