VOIES
Les voies furent les plus grands travaux qu'exécutèrent les Romains, et aucune nation ne les égala dans ce genre de constructions publiques. Ces voies partaient de Rome et aboutissaient aux colonnes d Hercule, à lEuphrate et aux extrémités méridionales de l'Egypte. Après les Carthaginois, les Romains furent les premiers qui pavèrent leurs routes. En Afrique elles occupaient plus de 12,000 milles, autant en Asie et plus de 3,000 milles dans les Iles Britanniques, sans comprendre celles qui étaient en Corse, en Sardaigne et enSicileCes routes portaient les noms des personnes qui les avaient fait construire, quelquefois des lieux oii elles aboutissaient. On les appelait aussi voies publiques ou militaires ^consulaires ouprétoriennes .Les chemins moins fréquentés se nommaient, selon Ulpian. privatœ ou agrariœ.
La largeur des voies consulaires était ordinairement de 60 pieds, pour le milieu de la voie et de 20 pour la pente de chaque côté. Un mille romain équivalait à mille pas et un pas à cinq pieds romains.
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Toutes ces voies étaient pavées, mais de différentes manières, selon les pays qu'elles traversaient. Il y avait en quelques endroits quatre couches de maçonnerie en pierres, les unes sur les autres ; la première le statumen était le fondement du milieu de la voie, qui était proprement la chaussée, agger.
Il y avait toujours à chaque côté des voies un fossé et une lisière {margo) faite de grosses pierres et de blocage, pour empêcher la chaussée de s'ébouler ou de s'affaisser.
Dans quelques endroits, comme dans la voie Appienne, les mai'- ^/«e^ (trottoirs), avaient deux pieds de largeur, faits en pierre de taille, de sorte que les voyageurs pouvaient y marcher en tout temps et à pied sec ; de dix en dix pas. contre ces trottoirs, il y avait des pierres ou montoirs sur lesquels on faisait route quand on était à cheval ou en chariot.
Auguste fit ériger au Forum une colonne dorée, milliarinm aureum à laquelle aboutissaient toutes les grandes voies : on comptait les milles seulement à partir de la porte de la ville et ils étaient indiqués par des bornes placées de distance en distance jusqu'à l'extiémité de la route.
Il y avait de ces colonnes milliaircs pour les grandes voies dans toute 1 étendue de l'empire romain. Les colonnes sous les empereurs, portaient ordinairement les noms des Césars, des villes ou des particuliers qui avaient fait construire les voies et marquaient la distance qu il y avait de là au lieu oii elles menaient. Auguste établit sur les routes militaires des messagers et ensuite des courriers.
Il y avait le long de ces voies des hôtelleries, [diverticula) et des auberges [diversoria,] ; 1 aubergiste s"a{)pelait [caupo], et 1 hôte [diversor).
Des différents points de ces grandes routes partaient des chemin."^ de traverse, [tramites) (\\x\ entret<'naient les communications avec 1 intérieur du pays.
Rome comptait, sous l'empire, dix-neufs grandes routes: deux
SÉPLI.CItES, SAUCOI'IIAGKS, MOMMENTS 307
seulement se sont conservées en partie, l'Appientie restaurée par Pie VI et la Flaminienne . (*)
SÉI'ULCUES, SARCOPHAGES, MONUMENTS.
Les Romains appelaient sépulcres les tombeaux ordinaires, soit ))Our eux seuls, soit pour eux et leurs familles, et monumenls, les édifices consacrés à la mémoire d'une personne sans autre cérémonie. Quand le défunt, mort à la guerre ou ailleurs, n'avait pas reçu les honneurs de la sépulture, on lui élevait un cénotaphe (tombeau vide), avec des cérémonies réglées par la loi. Si une personne réputée morte reparaissait, elle devait rentrer dans la maison par le toit. (*) Les tombeaux les plus communs étaient un cippe carré, on pierre, plus ou moins orné et portant une inscription sur la face principale où se trouvaient ordinairement les lettres D. M. S. cest-à-dire diis îuanibus sacrum et un peu au-dessous le nom du défunt, ses titres avec un éloge très court des actions de sa vie ou de son caractère, ou un épigraphe et des vœux.
Lorsque les cadavres étaient enfermés dans un sarcophage (tombeau d'un corps qu'on ne brûlait pas) l'inscription était gras ée sur sa partie antérieure. Sur le tombeau des femmes on plaçait le nom du mari. Lorsqu'elle n'avait eu qu'un époux on y ajoutait cette circonstance qu'on regardait comme un titre honorifique. Si elle en avait eu plusieurs on n'en faisait pas mention sur l'épitaphe, à moins qu'on ne voulut déshonorer sa mémoire. Ces inscriptions s'appelaient Monandria .
Les tombeaux étaient presque toujours placés le long des routes et rappelaient ainsi naturellement aux passants lidée de la mort el
(*) AnliquiU'vs do Roiiic par lo haron (hi Mi»nl i\(^ I''loii;\ . (*) Plia. H. Rom. V.
•iOS SOUVENIRS DITAl.IE.
la courte durée de leur existence, ou dans une partie de terrain qui était la propriété du défunt ; l'étendue en était ordinairement indiquée dans l'inscription. On avait soin de ne pas laisser passer cette place avec les autres biens aux héritiers et à cet effet on mettait sur une petite colonne ces lettres : H. M. N. S. heredes monumentum ne sequatur. Autour du lieu de la sépulture on élevait des arbres, quelquefois en assez grande quantité pour l'ombrager et l'on choisissait de préférence ceux qui ne perdaient jamais leur verdure, tel que le palmier, parce qu'on croyait faire ainsi une chose agréable au défunt.
Les tombeaux de famille étaient ceux que le chef faisait construire pour lui, sa femme, ses enfants, ses proches et ses affranchis. On les désignait sous le nom de columharia, parce qu'ils avaient la forme de pigeonniers. Après que le corps était brûlé, on enfermait les cendres dans une urne, vase confectionné de toutes matières et de formes différentes^ avec ou sans inscriptions ou basreliefs. Quand les urnes de la même famille reposaient dans un caveau et contenaient les cendres d'un grand nombre de corps, les murs de ce caveau étaient percés de plusieurs rangées de petites niches cintrées et on plaçait dans chacune de ces niches une ou plusieurs urnes ; ces urnes étaient scellées et ornées d'inscriptions qui indiquaient le nom et les qualités du défunt.