‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 126 sur 134 · DESCRIPTION DES FLEUVES DE L'ITALIE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES FLEUVES DE L'ITALIE

Antiqufe muros egressa Ravennae Signa movent, jamque ora Padi portusque relinquit Flumineos, certis ubi legibus advenaNereus .Estuat et prônas puppes nunc amne secundo Nuncredeunte vehit, nudataque littora fluctu Deserit, Oceani lunaribus femula damnis : Laîtior hinc Fano recipitFortuna vetusto, Despiciturquo vagus praerupta valle Metauius. Quà nions arle païens vivo se perforai arcu,

Admisitque viam rectae pcr viscera riipis. Exuperans delubra Jovis, saxoque minantes Apenninigenis cultas pastoribus aras :

Quin et Clitiimni sacras virtoribiis undas, Candida quae Latiis prfebent armenta triumphis Visere cura fuit. Nec te miracula fontis Praetereunt : tacito passu quem si quis adiret Lentus erat : .si voce graduni majore citasset Commistis fervebat aquis, ciimque omnibus una Sit natura vadis, similcs ut corporis umbras Ostendant : bœc sola novam jactantia sortom Humanos properant imitari flumina mores.

Celsa dehinc patulum prospectans Narnia campum Regali calcatur equo, rarique coloris Non procul amnis abest, urbi qui nominis auctor Ilice sub densà silvis arctatus opacis Inter utrumque jugum tortis anfractibus albet. Inde salutato libitis Tribride Nymphis, FAcij)iuntarcus, operosaque .semita, vastis Molibus et quicquid tantae prfemittitur urbi.

(CLAUDIANUSDESEX. CO.NS. IION

Cavis venientes montibus Umbii :

llos .^sis Sapisque lavant, rapidasque sonanti Vertice contoicpiens undas pcr sa\a Mctaurus. Kt lavât, ingcntem perfundens lluminu sacro Clitumnus taurum, Narque albescentibus undis In Tybrim properans^, Tiniaîque inglorius humor Et Clanis, et Uubico, et Senonum de nomine Seiia Sed pater ingenti medios illabilur amne .Mbula. cl iniiiiota persli'ingit ina'nia ripa llisiiibcs, ,\rna, cl latis .Mi'vania pialis, HispcIlNiii cl duro nioiiii peisaxa recumben?'

MINiriPES. ;i< i

Narnia, et infestum nebulis humentibus olini Inginum, patuloque jacens sino mœnibus arvo Fulginia : bis populi fortes, Amerinus, et arriiis vel rastris laudande Camers, bis Sarsina dives Lactis et haud parci Martem coluisse Tudertis.

Hos juxta Nepesina cohors, a?quique Falisci, Quique tuos Flavina focos, Sabatia quique Stagna tenent, Ciminique lacum : qui Sutria tecta Haud procul, et sacrum Pha}bo Soracte fréquentant.

(SILllS ITALICL'S, DE SECUNDO DELLO PUMCO, LIB. VIII.)

ML.MCIPES

Les Romains avaient coutume de diviser les villes qu'ils avaient conquises en colonies, mtuiicipes, préfectures et provinces. Nous donnerons une explication succincte de chacune de ces dénominations.

Les colonies étaient proprement des états où l'on envoyait des citoyens romains pour y labourer les terres et les peupler ; ce mot est dérivé de colonus, qui signifie agriculteur. Le pouvoir et le timon des affaires étaient tout à fait remis aux mains des Romains, et les habitants primitifs en recevaient la loi. Ceux-ci cependant retenaient quelquefois leurs possessions, mais souvent aussi les champs des vaincus étaient divisés entre les soldats qui avaient longtemps servi l'état et épuise leurs forces en combattant pour la patrie ; c'était une bonne manière de les récompenser que de les envoyer ainsi dans des lieux où ils pouvaient jouir largement de tous les biens matériels. De là vient qu'au nom de la colonie on voit sou\ eut joint le nom de la légion de laquelle on avait pris les colons.

Lorsqu'on avait résolu d'en^ oyer une colonie, on faisait choix de trois hommes capables qui recevaient le titre de triimwiri coloniœ deducendœ, et qui devaient diviser la ville à coloniser avec ses maisons et ses terres entre les soldats ou la tribu dont se composait la nouvelle colonie. Ils devaient aussi la pourvoir de lois. Comme Rome, les nouvelles villes étaient ordinairement ornées de temples, d'un sénat et d'un capitole. Les colons. lorsqu'ils se rendaient à leur destination, devaient partir de Rome et se faisaient précéder de leur étendard.

Au lieu où Ion voulait bâtir la ville projetée, on traçait avec la charrue un cercle [oi^'his] d'où est venu le mot urbs, ville. Lorsque dans cette circonscription on arrivait à l'endroit qu'on destinait à recevoir une porte, l'intendant des travaux criait à haute voix : Porta! levez la charrue, deportare, porter, d'où ensuite on a dit porta, porte.

Les colonies étaient distinguées en romaines, latines et italiennes.

Les romaines avaient le même droit que les citoyens de Rome. Les latines avaient le jus latii sans avoir le droit de bourgeoisie romaine. Les italiennes étaient beaucoup moins bien partagées. Mais l'empereur Auguste donna cette bourgeoisie uniformément à toute la Péninsule. Les principales autorités qui se rencontraient dans les colonies étaient les Decemvirs, les Censeurs, les Ediles et les Questeurs. Chacune de ces colonies avait ù Rome son protecteur qui devait y défendre ses intérêts. Romulus fut le pi'cmier qui conçutl'idée de ces transmigrations: ce fut aussi lui qui les institua.

L'avantage qu'il y avait dans ce système de colonisation est visible. Rome se débarrassait ainsi de sa trop grande population, et surtout de la cla.s.se nécessiteuse. Les vivres en (leven;iient moin.s cliers. En outre au contact des colons romains, les habitants barbares des villes conquises s'instruisaient de la langue et des mœurs de Rome. L'autorité de la république s'établi.s.'s;iit ainsi au loin, car ces colonies avaient pour lionie, qu'elles regardaient eomine leur iwi'vv commune, un allarlieMicnl inchranlablf. Mais les diplomates

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de Rome avaient surtout une pensée secrète. Ils croyaient avec raison qu(; par ces fréquentes transmigrations la trop grande puissance rie la ville se trouvant énervée, Ton j)arviendrait mieux à contenir le peuple dans ses devoirs Toutes ces colonies se dressaient comme autant de remparts qu il fallait détruire, avant de pouvoir pénétrer jusqu'ù Rome.

Les municipes étaient jjropremcnt d(!S places libres ou des villes dont les habitants conservaient Tusage de leurs lois primitives. Ce mot vient de miinus capere, se procurer une charge. Ils avaient le droit de bourgeoisie romaine, quoique plus tard ce n'était plus qu'un simple titre qui n'impliquait pas les droits de citoyen comme celui de donner sa voix dans les délibérations, de remplir une charge à Rome. Ces municipes sans privilèges avaient le nom de Cives Romani; ceux qui avaient des privilèges se nommaient simplement Romani. Les premiers n'avaient d'autre droit que celui de servir , comme les autres citoyens, dans les légions de la république. Par l'appât des charges on attirait à Rome les riches des municipes, tandis que, comme nous l'avons vu, on se défaisait de la classe plébéienne par le moyen des colonisations.

Les Romains appelaient municipalia sacra le culte religieux que chaque lieu municipal avait eu avant que d'avoir reçu le droit de bourgeoisie romaine ; on le conservait encore même après la conquête.

Les préfectures étaient certaines villes en Italie dont les habitants portaient le nom de citoyens romains, sans avoir ni l'usage de leurs propres lois, ni leurs propres magistrats. Elles étaient gouvernées par des préfets annuels qu'on leur envoyait de Rome. C'était là le joug le plus dur qu'on pût imposera un peupleen Italie; aussi n'envoyait-t-on ces préfets que dans les villes dont la fidélité était suspecte, qui étaient tombées dans la disgrâce du peuple romain, ou qui s'étaient révoltées.

Toutes les villes et tous les états d Italie (|ui n étaient ni municipes, ni colonies, ni préfectures s'appelaient [œderata- rivilales

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villes alliées ; ils avaient leurs coutumes et leur mode de gouvernement à eux, et ils étaient en alliance avec les Romains aux conditions sur lesquelles les deux partis étaient convenus.

Les provinces étaient des états hors de l'Italie, d'une plus grande étendue, conquis par les armées romaines. On leur donnait d'autres limites selon le bon plaisir du vainqueur et ils étaient gouvernés par un préfet qu'on leur envoyait chaque année de Rome. Ce préfet s'il avait été consul, faisait prendre à la province le nom de Consulaire, et s'il avait été préteur, la province recevait le nom de Prétorienne. Ce consulaire ou préteur devait gouverner sa province selon les lois romaines. Il établissait son tribunal dans la principale ville, où il rendait la justice aux peuples. Le sénat imposait ordinairement à ces états des contributions et des impôts. Mais comme dans certains pays, toutes les villes n'étaient pas également bien disposées envers les Romains, que les unes leur étaient soumises, et les autres turbulentes et rebelles^ on rendait quelquefois aux premières leurs possessions et même on les exemptait des impôts ; elles étaient appelées immimes, en opposition des vectigales qui devaient payer contribution.

Dans chaque province on envoyait un préteur et un questeur ; celui-ci avait l'inspection des impôts et l'autre devait en maintenir le droit ; ces charges étaient ordinairement données pour une année. Le préteur rendait la justice ; il avait aussi le pouvoir de faire la guerre quand il y avait nécessité.

On appelait provinciœ suburbanœ les provinces qui étaient tellement rapprochées de Rome, qu'elles touchaient pour ainsi dire à ses faubourgs.

Les provinciœ frumentariœ étaient les greniers de blé de la république romaine ; c'étaient laSicile, l'Afrique, la Sardaigne, l'Espagne, la Béotie, la Macédoine, la Morée, l'Asie, la Syrie et l'Egypte. Ces provinces payaient leurs contributions en blé ou l'envoyaient à Rome où le .sénat l'achetait.

Lorsque Auguste s'empara de l'empire il divisa les provinces et

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