SALLE DU TRESOR
Dans la grande sacristie qui se trouve devant la salle du trésor, on distingue surtout les tableaux suivants : Jésus-Christ contemplant les instruments de sa passion, par Bassano . la sépulture de notre Seigneur par Zucchari : la sainte Vierge d'Andréa del Sarto ; le même sujet par Sassoferato d'après Raphaél : la naissance de la divine mère de Jésus parPomerancio, tableau plein d'une grâce délicate-, la sainte famille par Correggio ; la naissance delà sainte Vierge, chef-d'œuvre de Scindone. Une chose qu'on admire surtout en Italie, c'est la noblesse d'expression, la dignité et la piété empreintes sur toutes les figures de la Vierge. Il y a un très grand nombre de tableaux remarquables sous ces rapports, exécutés parles génies les plus brillants
La magnifique salle du trésor fut construite en 1612 sous Paul V delà famille Boighèse. Sur la porte qui est très épaisse et garnie de fer et de verroux on lit ces mots :
.VMONILS MARIA r.PISCOPlS PORTIENSIS S. n E. CAROINALIS r.ALI.rS PROTF.r.TOU
f.f plafond est oinc <\v tabloaux de Roncalli, représcnlaul divers
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traits do la vie de la sainte Vierge ; ces tableaux d ailleurs très estimés ne sont pas tout à fait irréprochables sous le rapport de la perspective.
L'autel est tout de marbre et embelli de deux colonnes, également en marbre do Vérone, surmontées de chapiteaux blancsd'ordre corinthien, qui soutiennent un frontispice, où l'on remarque les armes de la maison Borghèse surmontées de la triple couronne et des clefs. Ronculli a peint le tableau qui représente la sainte Vierge au pied de la croix. Le grand candélabre de bronze, qui étonne par sa hauteur et par son poids, fut donné et placé devant l'autel par la confrérie des forgerons de Bologne en loSâ. Les deux autres de bois, recouverts de lames de cuivre doré et parsemés de corail que l'on voit sur l'autel, furent offerts par le duc d'Avellino.
Les dons qui constituent le trésor sont encore très riches, quoique les Français en aient volé un grand nombre (*). Pie VI se vit forcé de frapper la sainte Maison d une contribution pour se mettre en état de payer au directoire la somme convenue par le traité de Tolentino en 1797. Mais cette paix ayant été rompue, contre toute justice parles Français, une armée républicaine occupa la même année Lorette, pilla le trésor et transporta en France la statue de la Vierge. Cependant, grâce à la libéralité des fidèles, grâce surtout à la munificence des grands du monde, le trésor commence à recouvrir en partie sa première splendeur.
Le nouveau trésor n'occupe pas moins de soixante neuf armoires en noyer, qui entourent la salle et ont été exécutées par André Costa, Bolonais, d'après les ordres du cardinal Gallo, protecteur de la sainte Chapelle ; elles ont coûté 565,000 francs. On y distingue surtout :
Une rose en brillants, donnée par Marie Louise de Bourbon, reine d'Etrurie, et duchesse de Lucques, le 19 septembre 1815, époque
(*) On évalue à vingt millions la somme que la rapncilé sacrilège des républicains, enleva à la sainte chapelle.
OÙ elle visita le sanctuaire de Lorette. Ce don magnifique a une valeur de dix mille scudi (*).
Une lampe en or pesant 21 livres \ once, envoyée de Rome en 1828, par le chanoine Massa au nom de M. André de Ferrari de Gènes.
La robe et le voile que Christine reine de Suède donna à l'époque de son abjuration.
Les diamants de la princesse Doria de Gènes.
Des pierres précieuses données par la reine de Sardaigne. morte il y a peu d'années.
Un soleil en vermeil, d un très grand prix, donné par Joseph Bonaparte.
Un calice en argent doré offert par sa sainteté Pie VII le 15 mai 1814, au retour de sa captivité en France ; témoignage touchant de sa reconnaissance pour la liberté qu'il venait de recouvrer. On y lit cette inscription :
PILS VII p. .M. FESTO P.. .M. V. AP. ANGELO .SALI.TAT.E LIRERTATE DONATL'S, ROMAMQLE A GALLIS REDUX, LAL'R. IN ^.DE SACRIS DEO LIBATIS, HOC DEVOTI GRATIQl E AN'I.MI MOMMEMl'M DONO DEDIT. PIGM S niiTII.IT
<: Pie VII, souverain pontife, rendu à la liboitc le jour de l'Annonciation de la bienheureuse Vierge Marie, cl re\ enant de France à Rome, après avoir offert à Dieu le saint sacrifice dans le sanctuaire de Lorette, a laissé ici ce monumentde sa dévotion coimneun gage de sa gratitude. "
Une couronne de lapislazzuli, ornée de cinq sequins impcrianx don de Thomas Marché de Milan, le 16 septembre 1822.
Une tasse ronde d'agalhe Orientale avec anse d'or émaille, olfertc par le mai(|nis Sala en 1;')70
(*) Le «ci/(/o csl (''\aluc il (-iii(| Iraiics liciilc cl un (•<'iiliiii<>.
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Une autre, on forme de coquille de jaspe oriental, présent f;iit jiiir le duc Pozzi de Bologne, en 1771 . Grâces aux sollicitations réitérées de monseigneur Marini de Rome, ces dons furent renvoyés de Paris à Lorette, en 1815.
Une bague d'or, en forme de rose avec vingt trois brillants, offerte par une personne pieuse, le 13 mai 1839.
Un collier com])Osc de trente six brillants avec un magnifique diamant au milieu etuneagraffe de brillants, pendant en forme de médaillon : deux pendants d'oreilles à rosette de brillants et de rubis ; deux paires de bracelets carrés, garnies de brillants ; un petit bijou orné de plusieurs pierres précieuses, de brillants, de rubis et de petites perles ; une bague d'un brillant très fin. Ces cinq dons viennent de S. E. M. le marquis Joseph Doria, envoyés de Rome, le 6 avril 1821, par le cardinal Gonzalvi.
Une alliance avec quinze petits brillants et un grand au milieu et onze rubis, don de la comtesse Anne de la Stafîa, connétable de Pérousereçu le 20 août 1819.
Un calice en vermeil, orné d un double tour de brillants et rubis avec cette inscription autour de la coupe :