JOACHIM NAPOLÉON, ROI DES DEUX-SICILES, 28 JANVIER
Un collier, composé de 13 améthystes ovales liés à jour et entourés de brillants, olîcrts par S. M. Marianne Caroline Pie de Sardaigne, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie.
Une petite rose de 25 diamants, don de madame Elisabeth \rmanni Felicini de Castel del Piano de Jési, le 1 oct. 1828.
Un diadème composé de neuf améthystes, brillants très purs, de 17 rubis, de 198 diamants et de 60 de moindre grandeur, don de sa majesté catholiciue Marie Louise de Parme, reine d'Espagne et épouse de Charles lY, envoyé le 14 février 1816.
43 grosses perles orientales, présent de S. A. Sérén. la princesse Marie de Wittemberg, née Czartoriska, fait le li juillet 1817
Un calice en or massif du poids de 5 livres, donné par le Pape Pie VIII en reconnaissance des grâces extraordinaires qu'il avait reçues dans ce sanctuaire. Dans l'intérieur de la base on lit cette inscription :
MXMJE VIRG. BEATISS. DEI GENITRICI PIUS VIU P. M. PICENUS CALICEM ALREUM OFFERT OU PR.ECLARA BENEFICIA SIBl IN JEUE LAURETANA COLLATA PONT. SUI. AN. I.
<i A la bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu. Pie VII l, souverain pontife, né dans la Marche d'Ancùne, ofTre ce calice d'or, en reconnaissance des bienfaits signalés qu'il a reçus dans la sainte Maison de Lorette, la première année de son pontificat. »
Un crucifix en or monté sur une croix de cristal de loche ; un groupe également en cristal de roche et remarquable par trois grosses éméraudes de neuf carats chacune, et six autres plus petites à la base, offerts par S. M. catholique Charles IV, roi d'Espagne et envoyés, le 14 février 1816, après qu'il eut visité la sainte Maison avec la reine son épouse.
Le nom de la sainte Vierge composé de diamants, présent de monseigneur Serarcangeli de Camerino, évéque de Fano, reçu le 18 sept. 1817.
Un tableau représentant la Conception et plusieurs anges avec les symboles des litanies, ouvrage estimé de François Uibéra, surnommé le Spagnoletto ; un autre: saint Charles Horromée, de Uoncalli.
Une belle file de perles, présent do Jean Chiodi de Gastelbellino de Jési, reçue le 3 mai I8il .
Un calice en argent doré, duii beau travail, don de S. A. R. Maximilien, duc de Lcuchtcmberg lorsqu'il visita la sainte Maison, If 10 iivril 1838.
Ll' Ta.ssc au milieu de .ses malheurs était venu acquitter un vœu à Lorette, en 1578. Cet illustre péleiin ne |)Ut rien olViir, n'ayant |)as même l'aigent nécessaire pour continuer sa route ; il corn-
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posa en l'honnoiir de la sainte Vierge l'hymne sans conlreditle plus beau qui soit sorti de sa lyre. (*)
Cette riche collection de dons, témoigne de la dévotion du monde catholique envers la très sainte Vierge Marie ; elle émeut 1 ame de tout serviteur de Marie, qui associe ses vœux, sa reconnaissance, ses prières, à tous ces objets, devenus autant de formes visibles données à des sentiments si nobles et si doux.
(*) Voir note 1».
Lorette, samedi 2,i mai
Il tiio s|iU-iiilor m'anida, oclliara StelU. Stella onde nacqiie la screna liicc, Liioc di non crcato e soninio Suie.
ToRQf \T0 Tasso.
En sortant de la Basilique, nous vîmes arriver une procession de pèlerins des environs de Naples. Un sentiment d'une tendre dévotion animait toute cette foule qui s'approchait lentement du sanctuaire. Elle entonna les litanies delà sainte Vierge, mais avec des accents si doux, si harmonieux, qu'à les ontiMidro on s(> ."^entait vivement ému. Ces braves gens, dans leur aiïection lilialc pour l'aimable Reine des anges, offraient au bout des leurs bourdons, qu'ils tenaient levés, des bouquets de fleurs nouvelii's, dont le parfum embaumait les airs. Leurs naïves offrandes semblaient former un tiône , au-dessus (kKjuel brillait leur divine Mèie. Millo bouches répétaient avec amour ce même salut que l'ange (iabrii'l disait à la sainte Vierge de Nazareth, il y a dix huit siècles et (jui annonçait à la terre la plus grandi' joie (pi elle ail jamais ressentie. A la vue du .saint lieu, tous les ])élerins tombèrent à pcnoiix et se tiiiienl très loiiu'Ieinps dans un toiieliaiil reciieilletiienl.
Nous avons donc \u Lorelle Dans (juehiues instants nous allons
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reprendre la route pour \oir les beautés que lltalie doit encore nous offrir. Mais d'où vient-il que ce même regret, que nous avons déjà ressenti à notre sortie de Rome, nous assaillit de nouveau ici? Est-il donc des lieux qui ont pour le cœur un charme secret et des attraits si puissants? Ah! il ne faut pas aller en chercher la cause bien loin. Cette .sainte Maison eut le bonheur de voir l'IIomme-Dicu vivre ignoré dans son enceinte et c'est cette même demeure que nous venons de visiter. Toutes les pensées, que suggèrent à l'homme religieux les bienfaits ineffables de notreRédcmption, y ont tour à tour occupé notre esprit et notre cœur. Nous avons éclaté en actions de grâces ; nous avons versé des larmes de bonheur et senti de douces émotions. Ne demandez plus pourquoi nous avions de la peine à quitter ce lieu. 0 sainte Maison, auguste témoin du grand mystère d'amour, vous vivrez éternellement dans notre cœur : vous y vivrez plus ineffaçable que les caractères gravés profondément dans l'airain. Adieu. Lorette adieu !
La route qui conduit à Ancône est très difficile, mais l'aspect des champs est ravissant. Le chemin est bordé de jolies maisons de campagne et de jardins parfaitement soignés. Du reste on n'y \oit pas une seule ville, aucun bourg, si ce n'est Cirolo qui apparaît dans le lointain. C'est un lieu que visitent ordinairement les pèlerins après avoir prié à Lorette: il s'y trouve un crucifix miraculeux. De là le proverbe : Chi è andato a Loretto e non a Cirolo, ha xusto la Madré, ed ha lasciaio il Figliolo. « Celui qui a été à Lo- <( rette et ne s'est pas rendu à Cirolo, a vu la Mère et a laissé le u Fils '•
Le vin de Cirolo est excellent; c'est peut-être celui dont parle Pline sous le nom de vin d'Ancène. (*)
A quelque distance de Cirolo, un accident nous arrêta sur notre route. Tandis que nous étions en pleine contemplation des charmants paysages qui nous entouraient et que nos fougueux chevaux
(*) lliiic, llisl. n.Uui., liv. XlV,rliai). (î.
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parcouraient le chemin avec une incroyable rapidité, l'essieu de notre voiture se rompit. Nous reçûmes un choc violent, qui nous causa de leffroi. Notre conducteur ne s'en étant pas aperçu, nous lui criâmes avec force d'arrêter ses chevaux; mais ceux-ci étaient en pleine course et il ne pouvait les arrêter que quand le frottement des roues, contre lesquelles la lourde caisse de la voiture s'était appuyée par suite de la rupture, nous eut déjà fait subir maintes désagréables secousses. Notre vetturino descendit de son siège et tournant son équipage presque renversé, il éclata en lamentations. Déconcerté par cet accident il leva les mains au ciel, implorant tous les saints du Paradis de lui venir en aide. Nous nous échappâmes de la voiture le mieux que possible, en le priant de nous épargner ses élégies et de se concerter avec nous pour apporter au mal le plus prompt remède. Que s'agissait-il de faire ? Heureusement quelques braves campagnards accoururent et nous aidèrent à détacher nos malles sous le poids desquels notre voiture s'afTaisait de plus en plus. Après l'avoir relevée nous y replaçâmes nos bagages et force nous fut de rebrousser chemin vers Cirolo ou nous confiâmes notre voiture délabrée aux mains d'un forgeron. Quelques heures plus tard nous réprimes notre roule avec plus dassurance.
Par une pente insensible nous marchâmes jusqu'aux portes d'Ancône, à l'heure où toutes les cloches de la ville sonnaient midi.
En Italie on ne règle pas les heures sur le cours du soleil. Une pensée éminemment religieuse a présidé â la distribution des i)artics du jour. C'est la salutation angélique qui rappelle chaque portion du temps écoulé. Au moment où le jour cesse, l'Italien se i)rosterne pour rendre grâces à Marie des fa^'eurs dont elle l'a comblé et lui demander sa protection toute puissante pour le lendemain. Lanfjelus est sonné à des licures diiïérentes suivant les .saisons, ce qui amène une variation dans le commencenient du jour. Arrive* à la douzième heure, on ne recommence pas à compter; on continue jusqu'à la vingt-quatrième.
ANCONE
Dimanche 2i mai.
Aima fides.nroceres. vesiram quae condidit uiheni. (>aiulet in noc soeio viverc pace loco.
Sur le promontoire autrefois appelé Ciimcro et aujourd'hui connu sous le nom de San Siriaco, on voit s'élever à cent dix milles de Rome, la ville d'Ancône. Elle est bâtie en amphithéâtre sur le penchant d'une colline, qui s'avance dans le golfe de Venise. Son nom vient du mot grec àyxwv qui signifie coude, parce que la mer y a la forme d'un coude. Son beau port, creusé par la nature, fut considérablement agrandi et amélioré par l'empereur Trajan, qui se chargea de payer les dépenses nécessaires à cette construction, si utile pour ritalie entière. On peut juger de son ancienne magnificence par des ruines que le temps a épargnées. Il était bordé de tous côtés par des blocs de marbre dont il reste encore quelques débris. On y voit aussi des colonnes, placées de distance en distance, auxquelles on amarrait les navires. D'immenses gradins, presque tous détruits, conduisaient à la mer. La description de ce port, telquil était autrefois, se trouAC sur une médaille frappée en l'honneur du
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même empereur. Elle représente d'un cùté lentrée du port, Neptune dans l'eau, les cheveux entrelacés de roseaux ; le dieu est couché et près de lui est un dauphin qui tient un gouvernail. Sur le revers on voit deux fortes chaînes fermant Icntiée du port où l'on aperçoit divers navires , un vaisseau Prétorien à cinq rames, et des trirèmes. Viennent ensuite de spacieux portiques soutenus par un grand nombre de colonnes. Enfin au milieu apparaît l'arc de triomphe de Trajan, chef-d'œuvre d'Apollodore, que le peuple romain éleva à son prince comme témoignage de sa reconnaissance pour la généreuse libéralité avec laquelle il avait donné une nouvelle impulsion au commerce, en facilitant et assurant cette rade. On y lit cette inscription :
s. V. Q «. OPTI.MO. PRINCIPI. S. C.
Ce monument, tel qu'on le voit encore aujourd'hui, est tout en marbre de Paros; les pierres en sont si bien unies, qu'on a de la peine à distinguer leurs jointures. Cet arc est sans contredit le plus beau qu'il y ait au monde; seul il suffirait pour donner une idée de lopulence romaine. Il est décoré de quatre colonnes d ordre corinthien posées sur des piédestaux. L'attique porte cette inscription que le temps n'a pas encore effacée :
IMI>. C/ESARI. DIVI. NF.nV/E. V. NEI\V,E.
TRAJANO. OPTIMO. AlC. (JER.MAMCO.
DACICO. PONT. MAX. TR. POT. \l\.
i.MP. IX. (OS. \\\. P. P
PROVmENTISSIMO. PRl.NCn'I. S. P. Q U.
QKtD. ADCESSl M. ITALI.E. IIOC. ETIAM
ADDITO EX. PEU.MA. SIA. POIIIIM
Il lliiRE.M NAVU.ANTIRIS. REl)UM)n
La solidité de ce niomiiiicnl a beaucoup <(»nliibué à sa conser-
\u(: i)F, thaï AN 249
\ation. Lo savant abbé Antoine Léoni donne dans son histoire de celte ville une seconde cause de cette conservation : les anciens Ancônitains, selon lui, avaient fait construire pics de l'arc une tour qui 1 abritait du coté de la mer. Cette tour fut détruite par le colonel Jean Baptiste Borghèse en 1532. Lorsqu'on Ta abattu, on a trouvé dans les fondations, une jambe du cheval de bronze sur lequel la statue deTrajan était placée au-dessus de l'arc. On voit ce reste précieux dans la grande salle de la commune. M. Albertini. habitant de la ville, possède un doigt qui appartenait à la main droite de la statue de l'empereur.
La main des baibarcs a dépouillé cet arc d'un grand nombre de statues de bronze, de trophées et d'autres ornements accessoires. Les bas-reliefs sculptés dans le marbre ont été épargnés et sont parvenus intacts jusqu à nos jouis. Entre les colonnes du côté qui regarde la mer, il y a deux autres inscriptions, l'une à gauche se rapportant à l'épouse, l'autre à droite, à la sœur de Trajan.Lcs voici :
pi.0TiN,E. niv,+:.