‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 63 sur 134 · BATAILLE DU MÉTAL RE · texte numérisé non relu

BATAILLE DU MÉTAL RE

ritalic pour unir ses forces à celles d'Annibal qui se trouvait encore dans les quartiers d'hiver chez les Brutti, dans lltalie inférieure. Le consul Claudius Néron, après avoir écrasé les troupes d'Annibal, laissa une partie de son armée dans le camp et rejoignit en peu de jours son collègue Livius Salinator. Pour cacher son départ aux Carthaginois il fit entretenir de grands feux. Lorsqu'Asdrubal apprit l'arrivée de Néron, il crut Annibal perdu et son armée sentit tout son courage s'évanouir. Les Romains l'attaquèrent dans ses retranchements et en firent un tel carnage que 50,000 hommes perdirent la vie dans cette journée désastreuse; Asdrubal lui-même fut trouvé au nombre des morts. Annibal, voyant la tète de son frère, que le consul fit jeter dans le camp carthaginois, commença ù douter de la fortune de Carthage.

Une victoire si belle méritait d'être au moins éternisé dans les chants d'une muse; Horace y a fait allusion dans la quatrième ode du livre lY"*'' :

Quid debeas, o Roma, neronibus, Testis Metaurum flumen et Asdrubal Devictus et pulcher fugatis Ille dies latio tenebris Qui primus aima risit adorea.

Le fleuve Métaure reçut une touchante canzone du Tasse, lorsque errant et infortuné, ce grand poète vint chercher un asile dans le duché d'Urbin :

0 del grand'Apennino Figlio picciolo. (*)

Dans une montagne voisine on a trouvé dos os d'éléphants, qui, (*) Rime eroiche, XXXIV.

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comme on le pense, y ont été transportés par les eaux du déluge, quoique les gens du pays assurent que ce sont les débris de l'armée d'Asdrubal.

Entre la Misa et le Cesano, on montre quelques retranchements qulon dit avoir été faits par les Romains pour s'opposer aux Carthaginois. De l'autre côté du Cesano. on croit retrouver encore les traces du camp d'Asdrubal.

Bientôt nous nous éloignâmes de la mer et nous passâmes un pont de bois d'une longueur de cinq à six cents pas. Les diverses branches du torrent de Pongio inondent toute cette étendue, quand les neiges des Apennins commencent à fondre.

Le soleil se couchait lorsque nous arrivâmes aux portes de Fano. Un employé de la douane se présenta bientôt à la portière de notre voiture et nous demanda, suivant la formule ordinaire, à voir nos papiers et à visiter nos coffres. Accoutumés à cet usage qui se renouvelle à l'approche de chaque ville, nous lui donnâmes nos passeports surchargés d'une centaine de visa en l'assurant que nos malles ne renfermaient pas de contrebande. Cependant, comme il s'obstinait à les vouloir ouvrir, nous lui glissâmes quelques bajocci dans la main. Car cette coutume est moins une mesure de prudence de la part du gouvernement, qu'une sorte d'imposition que chaque douanier prélève à son profit sur les voyageurs. Aussitôt il cria au vetturino de continuer son chemin, que tout était en règle.

FAÎNO.

Mercredi. 27 mai.

.Non liquidi gregiliiis fontes, non graniina désuni : El, quantum longiscarpent armenta diebus, Exigua lantum gelidiis ros «octe reponet, ViRc. Georg. X.

Fano, ville épiscopale, située sur une montagne au bord de ia mer Adriatique, dont la population sélève à 6,700 habitants, était une colonie romaine. Tacite et d'autres historiens la nomment Fanum Fortwiœ, à cause d'un temple de la Fortune que les Romains y avaient fait bâtir en mémoire de la célèbre victoire remportée l'an 547 sur Asdru bal. général des Carthaginois. Pomponius Mêla appelle cette colonie romaine : Colonin Fanestris. Vétruve dit qu'autrefois elle a portée le nom de Julia Fanestris, nom qu elle prit d'Auguste.

Fano porte dans ses armes une fontaine au centre de laquelle se trouve l'image de la Fortune représentée sous la figuie d'une jeune fille, debout, avec un long voile.

Totila ruina cette ville, mais Bélisaire la fit rebâtir, ainsi que Pesaro. Quelques écrivains pensent que les Romains y mirent une garnison du temps où ils érigèrent à la fois vingt-huit \ illes on colonies romaines.

Fano est assez bien fortifié, surtout du côté de la mer. Ce fut Auguste qui fit construire le mur de défense qui l'entoure. Constan-

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tin et Constant, fils de lempereur Constantin le firent renouveler et en partie restaurer. Le port, qui ne peut contenir que des barques n'a pas plus d'utilité que celui de Pesaro. Le Pape Paul V la cependant fait revêtir de bonnes murailles en pierre.

Il y a à Fano un arc de triomphe en marbre qui était un des mieux conservés et des plus magnifiques de toute l'Italie ; mais il a été fort endommagé pendant la guerre de 1458. Cet arc a trente coudées de haut sur vingt de large; il est percé de trois portes, et il parait par les inscriptions, en partie effacées et difficiles à lire, qu'il a été érigé en l'honneur de l'empereur Constantin :

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