‹ Souvenirs d'ItalieChapitre 65 sur 134 · PESARO · texte numérisé non relu

PESARO

A quelques pas de Pesaro commence l'antique voie Flaminia.

Pesaro, anciennement Pisaurum, est une ville épiscopale de 18, 000 âmes, située sur une hauteur près de la mer, à l'embouchure de la Foglia, autrefois Isaurus. On pense que c'est de cette rivière que lui est venu son nom de Pisaurum; par l'addition d'une lettre au commencement du mot. Elle fut fondée par les Romains plus de deux cents ans avant Jésus-Christ. Au témoignage de Tite-Live elle devint une colonie romaine, en même temps que Pollentia, sous le consulat de P. Claudius Pulcher et de L. Porcius Licinus, l'an de Rome 569, quatre ans après Rologne. Au nombre de ces colons se trouvait L. Actius, poète tragique, issu de parents qui avaient été affranchis.

Tite-Live parle souvent de cette ville = il dit que le consul Fui. Flaccus ouvrit la voie Pisannienne, qu'il bâtit dans cette ville et à Fundi un temple à Jupiter.

Pesaro éprouva le sort de tout le Picemim lorsque Totila répandit ses flots de barbares sur cette contrée. Il fut ruiné de fond en comble ; mais Bélisaire, général des armées de l'empereur Justinien, la rebâtit. Cette ville a depuis appartenu à différents seigneurs. Ceux de la famille des Malatesta en furent longtemps les maîtres. De cette maison elle passa à celle des Sforza et de celle-ci aux Rovère. Le dernier duc, François Marie de la Rovère, l'avait cédé par testament au Pape Urbain VIII ; mais sa petite fille ayant été fiancée, l'an 1631, à peine âgée de 8 ans, au grand duc Ferdinand II, hérita ces biens allodiaux, parmi lesquels se trouvait Poggio Impériale et quelques autres places dans le voisinage. Depuis ce temps ces biens ont toujours appartenu aux grands ducs de Toscane, jusqu'à ce que l'empereur François les céda au Pape Clément XIII.

La situation de Pesaro, quelque agréable qu'elle soit,était cependant autrefois malsaine. L'air y était très mauvais pendant l'été, surtout dans les mois de juillet et d'août. Il était rare qu'on y rencontrait des personnes âgées de |>lus de cinquante ans, il n'y en avait iiK^mc que fort pou qui atteignaient cet âge. Au temps de la

canicule surtout on y voyait mourir un très grand nombre d enfants, doù Catulle a dit :

Preeterquam iste tuus moribunda in sede Pesauri Hospes, inaurata pallidior statua.

Il semble cependant que cette mortalité ne doive pas être uniquement attribuée à la pesanteur de l'air, mais peut-être aussi à la trop grande quantité de fruits qu'on y mange. Depuis le dessèchement des Marais-Pontins, l'air est devenu très salubre, grâce au souverain pontife Pie VI et à ses glorieux successeurs.

Sur la grand' place se voit une belle fontaine dont le jet d'eau s'élève à une grande hauteur ; vis-à-vis est la statue en marbre d'Urbain VIII.

Pesaro est défendu par une bonne citadelle, bâtie du cùté de la mer par Jean Sforza ; il est entouré de murs et flanqué de bastions qui sont l'œuvre de François Marie de la Rovère, et de Guido Baldo. Les rues sont larges et bien alignées. Le port est extrêmement petit et on ne saurait y aborder parce que son entrée est remplie de sable que la Foglia entraîne dans son cours et que la mer y repousse.

Les églises de Pesaro sont généralement très belles et renfermaient jadis des chefs-d'œuvre en peinture. Dans celle AesServites, il y a le tableau représentant la sainte Vierge sur un trône entouré de saint Jérôme, de sainte Catherine et d'un évêque, au bas se voient la marquise Ginevra Sforza veuve de Jean et son enfant Constantin II, seigneur de Pesaro. Cette toile est du pinceau de Jérôme Da Cotignola et porte la date de loi 3 : les têtes sont très nobles.

L'église de saint Jean dei refornudi, bâtie sur le dessin du célèbre archilecio Barthélomi Genga, ne pn'.'^ente qu'un seul tableau qui soit remaniuable, celui de Guerchin, placé au maitie-aulel. Duu.s la cathédrale repose le corps de saint Tércncc, martyr, patron de

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